Accueil » Vos Questions, leurs réponses

Question à rebondissements : la juste position de l’encolure !

Une question posée par un lecteur dans l’espace Commentaires d’un article, lui-même réponse à une question… Cela rebondit ! Bref, c’est de la juste position de l’encolure qu’il s’agit, et Pierre apporte un complément d’information.

Question de Philippeboiret, posée dans l’espace Commentaires de l’article « Problème de juste position de l’encolure ».

Encore une fois merci pour cet article si intéressant.
J'ai une petite question concernant les cas du 1% où le cheval à l'encolure basse et où il n'est pas sur les épaules. Comment fait-il ça ? Physiquement le fait de baisser l'encolure déplace le centre de gravité du cheval-cavalier vers l'avant et en bas. Donc met le cheval "sur les épaules" en les chargeant un peu plus. Comment peut il compenser avec le reste du corps pour ramener le centre de gravité à une place plus équilibrante ?
Désolé de cette question un peu naïve.

Réponse de Pierre Beaupère, cavalier professionnel et Professeur de Dressage

Cher Philippe,
Je pense que j'ai mal tourné ma phrase, car elle ne devait (dans ma tête!) pas donner lieu à une interprétation aussi "biomécanique"! Je me suis permis de placer le "99% des cas" lorsque j'expliquais qu'un cheval qui est trop bas est sur les épaules pour que les cavaliers comprennent que dans la majorité des cas, ce n'est pas en levant les mains pour faire remonter l'encolure qu'ils pourront résoudre le problème, mais plutôt en rééquilibrant le cheval.

Pierre Beaupère
© Céline Brabant

Je m'étais laissé une petite marge du "1%" car, comme vous le savez, il faut aujourd'hui faire bien attention à tout ce qu'on écrit ! En effet, j'avais en tête le cas de chevaux très difficiles à remonter et à garder au contact car ils abaissent l'encolure en s'encapuchonnant pour éviter le contact. Ceux-là sont trop bas mais parce qu'ils "cassent" leur encolure et s'enroulent, et cela peut provoquer, chez des chevaux fébriles, le fait qu'ils surchargent leurs postérieurs à cause de ce mouvement de retrait, les excitant généralement beaucoup et les rendent très explosifs lorsque l'effort qu'ils imposent à leurs postérieurs, dans cette attitude, devient trop important. Ce sont des cas particuliers, parfois très compliqués à travailler. Et avec ces chevaux il est parfois très dangereux de les rasseoir ou de renvoyer du poids vers l'arrière-main qui est déjà surchargée. C'est un travail qui demande beaucoup de tact et assez d'expérience. 

Dans la mesure où la question portait sur un cheval qui refusait de se remonter car il avait été trop travaillé en extension d'encolure, il ne me semblait pas que c'était le meilleur endroit pour parler de ce type de travail, raison pour laquelle j'indiquais que ce que je proposais s'appliquait à 99% des chevaux, sous-entendu "mais pas à tous"...

J'espère que cela répond à votre question !
Pierre.

Lisez le journal sans restriction :

Abonnez-vous à Cheval Savoir pour seulement 29€ !
(31$ US. 38$ Canadien; 35 Franc CHF)

S’abonner à Cheval Savoir, c’est :

  • bénéficier de la lecture des numéros à paraître
  • avoir un accès permanent et totalement gratuit à la Bibliothèque d’Archives en ligne, soit plus de 2000 articles parus ! Des dizaines de milliers de pages de lecture, l’équivalent de plusieurs centaines de livres sur tous les sujets équestres ! Ce qu’aucun autre magazine ne pourrait vous offrir…
Cliquez-ici pour vous abonner à Cheval Savoir

Ce que vous ne lirez pas ailleurs

Si vous êtes déja abonné au journal, cliquez-ici pour vous identifier

3 commentaire(s) »

philippeboiret :
Le 23/01/2016 à 23h22

Merci Pierre de votre réponse.
J'ai du mal à visualiser la silhouette du cheval bas, enroulé avec surcharge des postérieurs. Y aurait-il des photos présentant des chevaux dans cette attitude ?

dragonelly :
Le 28/01/2016 à 09h26

Je souhaite apporter un peu d'eau à votre moulin :)

Je ne vais pas vous parler d'équitation, mais simplement du cheval en liberté.
L'encolure du cheval est un balancier formidable. D'ailleurs lorsqu'un cheval trébuche, il baisse subitement son encolure pour rapprocher son centre de gravité du sol afin d'éviter de tomber. Les skieurs apprennent la même technique mais en pliant les genoux pour rapprocher leur centre de gravité du sol. En randonnée, on conseille également de descendre les fortes pentes en pliant beaucoup les genoux afin d'éviter les chutes.

Bref, il es indéniable que la position de l'encolure influence tout l'équilibre du cheval !

Cependant, le cheval est un animal dynamique et non un objet mobile. Il peut modifier son équilibre de nombreuses manières et cela mériterait d'être étudié sérieusement avec des capteurs pour préciser comment cette biomécanique fonctionne.

Dans le cadre de l'éducation de mes chevaux et parfois pour la rééducation musculaire de certains, je pratique des sorties en extérieur, en terrain varié, à pied. Et lors de ces sorties, j'observe beaucoup les chevaux, leurs postures, leurs attitudes, etc. Et j'ai remarqué que les chevaux pouvaient reporter du poids, même considérablement, sur leur arrière main tout en ayant le nez au sol.

Lorsqu'un cheval doit sauter un fossé ou un ruisseau qui l'inquiète un peu, il commence par se placer au bord, tête et encolure tendue vers le bas afin d'explorer le "monstre". Ensuite, à cause des particularités visuelles du cheval - qui exigent qu'il bouge ses yeux pour voir les reliefs des objets immobiles - il va monter puis descendre son encolure plusieurs fois pour jauger la distance. Pendant ce temps, et même si ses antérieurs sont plus bas que ses postérieurs, à l'abord d'un ruisseau par exemple (ce qui surcharge son avant main), les mouvements de son encolure ne vont pas le faire tomber dans l'eau car il va compenser en reportant du poids sur son arrière main.
Comment fait-il ?

De ce que j'ai observé, il recule son corps au dessus de ses membres. Visuellement, les postérieurs paraissent donc engagés sous la masse, mais ils n'ont pas bougés. En réalité, c'est tout le corps du cheval qui s'est décalé vers l'arrière.
Ainsi, en reculant son corps sans bouger ses membres, j'imagine que le cheval recule son centre de gravité, ce qui lui permet de baisser son encolure sans surcharger son avant main.
D'ailleurs, lorsqu'il doit après sauter le "monstre" de pied ferme, il accentue encore ce mouvement de recul de son corps au dessus de ses membres, plie ses jarrets et enfin se lance, souvent avec l'encolure restée basse pour continuer à observer le "monstre".

Mais le cheval peut également utiliser cette technique de report de poids vers l'arrière main tout en marchant. En observant mes chevaux évoluer sur terrain varié, j'ai remarqué qu'à chaque fois qu'ils baissaient l'encolure pour flairer le sol tout en marchant, ils faisaient en même temps reculer leur corps au dessus de leur membre.

En dressage, on considère que ce sont les postérieurs qui doivent venir s'engager sous la masse, raison pour laquelle on voit parfois des cavaliers harceler leurs chevaux aux éperons tout en bloquant leurs mains... Mais si au lieu d'essayer d'apprendre aux chevaux quelque chose qu'ils ne font pas naturellement, nous apprenions à coder quelque chose qu'ils savent déjà faire : reculer leur corps au dessus de leurs membres ?

Pierre, vous dites : "ce n'est pas en levant les mains pour faire remonter l'encolure qu'ils pourront résoudre le problème, mais plutôt en rééquilibrant le cheval."

Je pense que cette phrase mérite d'être amplement développée ! Mais peut-être avez-vous déjà écrit un article sur la façon de modifier l'équilibre du cheval ? Si oui, il faudra que je le retrouve et le lise avec attention ;)

xixou :
Le 27/03/2016 à 00h25

Dragonelly : c'est tout à fait passionnant. D'ailleurs il me semble avoir déjà eu la démonstration d'un cheval au piaffé avec extension d'encolure ce qui confirme votre observation. Je serais également très heureuse d'avoir un développement là dessus.

Article publié le 20-01-2016

Postez un commentaire !

Prénom (requis)

Email (requis)

Votre commentaire