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Volcan islandais : un risque en France pour les chevaux fragilisés

L’éruption du volcan Eyjafjallajokull, en Islande, n’est probablement pas anodine pour la santé des chevaux dans toute l’Europe du nord, et même en France.
L’inhalation de cendres est nocive chez les chevaux âgés ou fragilisés, et les efforts importants en extérieur devraient peut-être être évités, même chez les chevaux sains – notamment en courses.
Le Dr. Vétérinaire Eric Richard*, chercheur au Laboratoire Frank Duncombe à Caen, nous donne son sentiment.

Il est clair qu’heureusement, tous les chevaux vivant en Islande n’auront pas à pâtir des effets de l’éruption, dans l’état actuel des choses, même si certains d’entre eux ont pu être exposés aux cendres volcaniques et à des gaz toxiques (oxyde de carbone, hydrogène sulfuré…) Mais les différents pays de l’Europe du nord, notamment la France ne sont pas à l’abri des retombées de cendres, qui dans certains cas, peuvent ne pas être anodines.

Le risque est, pour les chevaux, superposable à celui que courent les personnes atteintes de problèmes respiratoires (asthmatiques notamment) et suivra la même expansion géographique.

Le nuage semble actuellement s’éloigner de la France, pour se rapprocher des rivages de l’Amérique du nord. Mais nous ne pouvons exclure l’hypothèse d’une reprise des éruptions dans les jours, les semaines ou les mois qui viennent.

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Le lavage broncho-alvéolaire est l'un des moyens dont on dispose pour diagnostiquer les pathologies respiratoires chez le cheval. © Coll. E. Richard.

«En France, le risque d’effets toxiques des gaz est peu probable pour l’instant, étant donné la distance, explique Eric Richard, mais les retombées de cendres sont nettes par endroits, et constituent une poussière qui peut être dommageable chez les chevaux fragilisés : âgés, ou atteints de pathologies préexistantes, emphysème ou RAO (obstruction récurrente des voies aériennes) par exemple. Ces chevaux pourraient alors présenter des épisodes de toux, de bronchite ou d’aggravation de l’emphysème. Les chevaux “à risque” ne devraient pas être travaillés à l’extérieur, voire pas sortis du tout si un nouveau nuage de cendres devait se propager sur la France.
La couche de poussière recouvrant bon nombre de voitures depuis quelques jours est remarquable, quoique sa composition ne soit pas connue précisément. Je ne peux m’empêcher de penser qu’il n’est pas forcement souhaitable ces jours-ci que des sportifs, même en bonne santé, fassent de gros efforts ; je pense notamment aux chevaux de course.
Il est bien sûr difficile de quantifier le risque, dans la mesure où nous ne disposons pas de mesures précises de la concentration de ces cendres dans l’atmosphère, dans les différentes régions de France »
.

A notre connaissance, il n’a pas été rapporté d’augmentation ou d’aggravation des pathologies respiratoires dans la clientèle des vétérinaires en France. Il est en effet, trop tôt pour toute analyse épidémiologique…
Néanmoins, sans entrer dans la panique, la prudence et le bon sens restent de mise, et il est sage avec certains chevaux de modérer le travail actuellement.


*Le Dr. Eric Richard est vétérinaire, et Docteur ès Sciences

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Article publié le 22-04-2010

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