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Dressage, éducation, relation : propos de grands cavaliers

Par Claude Nolac


N°71
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Dressage et éducation, sensibilité et intelligence du cheval, relation avec le cavalier : sur le thème de la communication – physique ou mentale – voici des propos de cavaliers et hommes de cheval venant de disciplines et d’horizons très différents. Des citations à l’emporte-pièce de Lucien Grüss, Patrice Delaveau, Michel Robert, Frédéric Pignon, Magali Delgado, Roger-Yves Bost, Frank Perret, Mark Todd et Pénélope Leprévost…

Le rapport cavalier-cheval cheval au quotidien, à l’écurie ou à travers la pratique équestre, l’intelligence du cheval, sa sensibilité et l’approche qu’il faut en avoir… autant de thèmes qui donnent toujours à réfléchir. Nous avons regroupé les citations de quelques personnalités équestres de haut niveau, glanées au fil d’interviews accordées à Cheval Savoir.

Beaucoup de points communs dans le discours de ces hommes et femmes de cheval chez lesquels l’expérience semble toujours valider une approche basée sur l’écoute...

Lucien Grüss

Lucien Grüss, Dresseur, homme de cirque

Le cheval reste un animal passionnant ; il n’est pas compliqué, mais il est difficile ; là, c’est l’homme de cirque qui parle : c’est l’animal le plus difficile parce qu’il est imprévisible, et il y a très peu d’artifices utilisables pour son dressage ; pour un fauve, ce qui prime, c’est de manger… Alors un morceau de viande sur une pique constitue une solution. Le cheval, lui, ne se cabrera pas pour aller chercher une carotte en haut d’une gaule ! Et il a une capacité d’invention dans les situations qui fait qu’on doit toujours se tenir prêt à l’improvisation. Les horaires de spectacle, ce n’est pas au chrono ! on sait à quelle heure on commence, mais la fin, ça dépend de l’improvisation que les chevaux nous imposent

Au moment de rentrer dans le box, je regarde si le cheval est prêt à m'accueillir chez lui. Michel Robert.

Patrice Delaveau

Patrice Delaveau, cavalier international de CSO, vice Champion du Monde aux JEM de 2014

Je ne donne pas de sucre au cours du travail. Mais bon, cela m’arrive quand je suis en concours, à l’hôtel je pique une pomme et je l’amène à mes chevaux, comme ça !
Le caractère d’un cheval, cela ne se voit pas tout de suite, c’est au fil du temps qu’on s’en rend compte, qu’on voit si le cheval est regardant ou pas, timide ou pas, gentil ou non, s’il a du cœur. C’est dans les premières semaines, voire les premiers mois seulement qu’on se rend compte de tout cela.
Avec un nouveau cheval, cela peut aller très bien et les choses peuvent se dégrader, ou au contraire, cela peut aller très mal au début et s’arranger.

Michel Robert

Michel Robert, cavalier international de CSO

L'important, c'est de commencer avec des choses très simples, ne serait-ce qu'à pied dans l'écurie, ou au pansage. Au moment de rentrer dans le box, je regarde si le cheval est prêt à m'accueillir chez lui. Je parle beaucoup aux chevaux. Prévenir de ce que l'on va faire, c'est une façon de le rassurer, de communiquer, de leur dire que je ne vais pas leur faire de mal ! Si on est bien, ils sont bien aussi.
J'ai essayé beaucoup de choses, mais toujours en cherchant à aller dans le sens du cheval, dans le sens de sa compréhension. Finalement, il est plus facile de le comprendre que de lui imposer notre propre langage...

Frédéric Pignon

Frédéric Pignon, artiste de spectacle, dresseur

Une méthode standardisée, même efficace, n’est pas garante d’une relation profonde, vraie et solide, surtout si des impératifs de temps s’en mêlent.

Ni même l’utilisation de la carotte si elle est automatique.
Une relation ne peut pas être basée uniquement sur la récompense alimentaire.

Magali Delgado

Magali Delgado, cavalière de dressage et de spectacle

Pas de séances de travail sans récréation, chaque cheval a un exercice favori qui peut servir de récompense et entretenir la bonne atmosphère.

Au-delà de l’envie de coopérer, je crois vraiment que cela permet aux chevaux de développer leur intelligence.

Roger-Yves Bost

Roger-Yves Bost, cavalier international de CSO

Il faut savoir aider le cheval d’instinct, sur le ressenti ; moi quand je remonte une jambe au cours du saut, c’est que j’ai perçu qu’il fallait donner ce petit plus au cheval pour sauver une barre. Je ne le fais pas à chaque fois, et jamais pour rien. Donc, à ne pas imiter !
Il ne faut le faire que si c’est une façon d’être avec son cheval dans telle ou telle difficulté…
Et puis, il ne faut pas non plus en faire trop, sinon le cheval ne saura plus rien faire de lui-même.

Frank Perret

Frank Perret, champion international d’équitation américaine

Il est dangereux que les amateurs croient qu’au nom des connaissances éthologiques, ils puissent dresser leurs chevaux eux-mêmes, sans aide. Débourrer un cheval, c’est prendre une responsabilité, car ce n’est pas un cobaye. Il faut amener le cheval à être consentant, à montrer du respect et – je n’ai pas peur du mot- de la soumission.
L’émotion, pour nous, c’est ce que le cavalier doit rechercher, quel que soit son niveau équestre : l’harmonie, l’accomplissement, le pur plaisir de monter à cheval, dans une pratique détendue et sécuritaire. Ce n’est qu’à partir de là qu’il pourra ressentir l’émotion qu’apportent les vraies joies équestres.

Mark Todd

Mark Todd, cavalier international de Concours complet

Il faut laisser les chevaux apprendre par eux-mêmes. Vous ne les dominez pas, et vous les regardez faire leurs erreurs dans les petits niveaux, et là, ils sont obligés de se mettre à réfléchir à ce qu’ils font. Ils ne pensent pas comme nous, mais ils ne sont pas stupides, non, ils sont intelligents… Enfin, il y en a de stupides, comme chez les humains !
J’analyse plus et mieux la façon dont je suis assis sur le dos de mon cheval, l’impact de mon poids, je suis plus conscient de ma position et de son influence sur mon cheval. Je dirai que l’entrainement que je fais sur le plat est très standard, et est en place depuis des années, avec des changements infimes.
Les chevaux doivent vous respecter, et vous devez les respecter… c’est un peu comme avec les enfants : on doit les former, leur apprendre une certaine discipline, les encourager… Nous avons tous une méthode d’entraînement, un système. Mais dans votre système il doit y avoir place pour la compréhension de chaque cheval, et le souci de découvrir ce qui lui permettra de donner le meilleur de lui-même : c’est ça le vrai défi à relever.

Pénélope Leprévost

Pénélope Leprévost, cavalière internationale de CSO

Je n’ai pas le physique pour obliger un cheval de 800 kg à faire quelque chose ! S’il n’a pas envie, ce n’est pas avec mes bras et mes jambes que je vais le plier.
On trouve des systèmes pour arriver à ce qu’on veut dans la légèreté, faire en sorte que le cheval y mette un peu du sien aussi ; je suis obligée de créer une complicité avec mes chevaux pour avoir ce que je veux.

Lucien Grüss. © N.Valère
Patrice Delaveau. © Sportfot/LGCT
Michel Robert. © Eric Kroll
Frédéric Pignon. © D.R.
Magali Delgado. © Gabrielle Boiselle
Roger-Yves Bost. © FEI/PSV
Franck Perret. © Coll F.Perret
Mark Todd. Licence CC BY-SA 3.0 Wikipédia
Pénélope Leprévost. © S.Grasso/LGCT

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Article publié le 28-04-2016

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