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Associations de protection du cheval : faire le bon choix

Par Amélie Tsaag-Valren


N°75
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Accueillir un cheval sauvé de la maltraitance sous contrat avec une association, voilà une belle alternative à l’achat, une action généreuse et une expérience enrichissante. La création de dizaines, voire de centaines d’associations de protection du cheval ces dernières années, n’aide cependant pas à faire le bon choix. Les associations n’ont pas toutes les moyens ni l’expérience pour mettre en œuvre leurs ambitions. Cheval Savoir a souhaité ouvrir ce dossier ultra-sensible en toute transparence.

L'idée d'une première assemblée générale des associations de protection du cheval a été proposée à l’instigation du refuge de Darwyn France. Cette action jusque-là inédite vise un double objectif : évaluer l’ampleur des abandons de chevaux en France en confrontant les chiffres de différentes associations, et faire émerger un interlocuteur sérieux auprès des « décideurs » et des pouvoirs publics. Il ne suffit pas de se déclarer « association de protection du cheval », de récolter des fonds sur internet et de racheter des animaux promis à l’abattoir pour prétendre œuvrer en faveur du bien-être animal.

Pause équine
© Ingairis-Fotolia.com

En plus de la prise en compte d’une réalité économique complexe, la gestion des chevaux maltraités demande de solides compétences, à la fois pour leur manipulation, l’évaluation de leur état, et la diplomatie avec leurs propriétaires. Certains fondateurs d’associations de protection animale sont titulaires d’une solide expérience dans le monde équestre, d’autres n’ont que quelques heures de cours à leur actif, et la volonté de sauver un maximum de chevaux de l’abattoir, à tous prix... On comprend dès lors pourquoi toutes ces associations ne se valent pas.

Une bonne association de protection du cheval ne se juge pas au nombre d’animaux « sauvés », mais à la qualité de chaque sauvetage sur la durée

L’efficacité d’une association de protection ne se juge jamais au nombre d’animaux qu’elle a « sauvés » : lancer une cagnotte sur internet en jouant sur l’émotion est simple. Garantir le bien-être de chaque cheval sur la durée est bien plus compliqué. Rechercher la quantité s’effectuera toujours au détriment de la qualité d’un sauvetage. Les associations en quête de chiffres font parfois perdurer la maltraitance d’équidés en choisissant mal leurs familles d’accueil… l’animal échappe à l’abattoir, mais il risque de finir abandonné sans soins au fond d’un pré par ses nouveaux adoptants. Ce problème alimente une mauvaise réputation de ces associations auprès des professionnels, et jette le discrédit sur celles qui effectuent un travail de qualité.

Il arrive que des chevaux placés en famille d’accueil par une association soient récupérés par une autre association, pour maltraitance ! L’évaluation des compétences de la famille d’accueil est en effet un critère primordial pour garantir le bien-être des chevaux placés.

Comment reconnaître une bonne association ?

Les critères de reconnaissances d'une bonne association sont multiples : ancienneté, compétences de ses membres, gestion des flux financiers... De manière générale, les structures fonctionnelles depuis de nombreuses années ont fait preuve de leur sérieux et de leur capacité à gérer des sauvetages sur la durée.

Elle choisit de ne pas enrichir les maquignons

Une association de protection sérieuse évitera autant que possible de racheter un cheval auprès d'un marchand. Son travail s’effectue en amont, auprès du propriétaire de l'animal en souffrance, et des pouvoirs publics en cas de séquestre. Un dialogue préalable vise à aider le propriétaire afin qu’il trouve lui-même des solutions pour son animal. Des bénévoles peuvent aussi le conseiller sur la bonne manière de s’occuper de son cheval. En cas d’impossibilité ou de mauvaise foi persistante, une demande de séquestre est effectuée auprès de la DDPP (direction départementale de protection des populations), ou bien l’association parvient à convaincre le propriétaire négligent de lui céder son cheval gratuitement. Racheter un cheval destiné à l’abattoir directement chez un marchand nourrit un cercle vicieux qui produit l’effet inverse de celui recherché. Le marchand ayant récupéré une somme sur la revente d’un cheval promis à l’abattoir pourra en racheter un autre, et… l’envoyer à l’abattoir.

Ses bénévoles de terrain disposent de solides compétences équestres

La création d’une association de protection du cheval est extrêmement simple : déclaration en préfecture, quelques formalités, et le tour est joué ! Nul besoin de « prouver » ses compétences en la matière pour monter une structure. Afin d'éviter les mauvais choix, il convient de vérifier les liens des membres principaux avec l'univers équestre : il ne suffit pas de monter en club depuis un mois pour prétendre avoir des compétences suffisantes en matière de sauvetage...

Soins chevaux
© Agence DER-Fotolia.com

Cette vérification permet également de se rendre compte que certaines structures ne sont en rien des œuvres de protection du cheval. Elles s'apparentent à des entreprises commerciales déguisées. Il arrive que des proches de marchands de chevaux (le conjoint ou un enfant, classiquement) créent des associations dont le seul but est de revendre l'animal plus cher qu’au prix de la viande, en jouant sur l’émotion. Méfiance si, près du siège de l'association que vous contactez, vous découvrez l'existence d'une structure de commerce de chevaux dont le gérant porte, étrangement, le même nom...

Elle n'effectue pas de « chantage boucherie »

La pratique du « chantage boucherie » est simple : elle consiste à inonder internet d'annonces alarmistes, avec la photo d'un cheval en piteux état, et des messages annonçant un départ très proche pour l'abattoir, généralement une semaine. Lorsqu'une personne touchée par la photo de l'animal contacte le diffuseur de l'annonce, le scénario est souvent déjà écrit : il faut agir vite et sans s'encombrer de formalités. D’où de nombreuses plaintes des nouveaux propriétaires dupés par ces œuvres de soi-disant protection : cheval livré qui ne correspond pas à celui de l’annonce, cheval dépourvu de puce et de tout papier d’identification...
De manière générale, une association qui pratique ce type de chantage affectif ne peut être une structure digne de confiance.

Comment vérifier le sérieux d’une association ?

Ces cinq points vous permettront d'éviter la majorité des arnaques :

  • Les membres jouent-ils sur l’émotion (en postant une multitude d’annonces en gros caractères du type URGENCE BOUCHERIE sur internet), ou proposent-ils au contraire un dialogue serein avec la personne intéressée par l'adoption d'un équidé ?
  • Si vous manifestez la volonté d’adopter un cheval en tant que famille d’accueil, l’association cherche t-elle à vérifier vos propres compétences équestres ?
  • L’association rachète-t-elle des chevaux à un maquignon ?
  • Depuis combien de temps existe-t-elle ?
  • Lorsque l’on tape son nom dans un moteur de recherche, les avis des personnes qui y ont eu affaire sont-ils positifs ?

L'équipe de Cheval Savoir a choisi depuis quelques années de faire confiance au Refuge de Darwyn, une association suisse dont la branche française est gérée par Carina Mc Laughlan. Il existe de nombreuses autres œuvres réputées : le CHEM, la fondation 30 millions d'amis, et la fondation Brigitte Bardot, entre autres.

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Article publié le 09-11-2016

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