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Le Frison : un challenge pour les vétérinaires équins ?

Par Amélie Tsaag-Valren


N°80
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Régulièrement élu parmi les plus belles races de chevaux au monde, sur-représenté dans la presse équestre et en photographie, le Frison cache sous sa robe sombre et veloutée et sa plastique si séduisante de très nombreux problèmes de santé : malformation de l’œsophage, ruptures de l’aorte, nanisme, hydrocéphalie… résultats d’une consanguinité alarmante et d’une sélection discutable. Une enquête qui dérange.

Le duel entre le Frison et le cheval arabe pourrait se dérouler, hélas, sur un autre terrain que celui de la « beauté » : le défi vétérinaire. Ces deux races ont en commun de nombreux et graves problèmes de santé, dus à la consanguinité ou à la sélection d’hypertypes.

Le Frison
La « perle noire » des Pays-Bas : une race spectaculaire, mais non dénuée de fragilités.
Photo Larissa Allen, C.C by S.A. 3.0

Sur le podium des vétérinaires, le Frison l’emporte, à tel point que deux chercheurs de l’université d’Utrecht, aux Pays-Bas, l’ont qualifié de « challenge pour les vétérinaires équins ».

Les Frisons sont consanguins

Pour comprendre les actuels problèmes de santé chez la race frisonne, il nous faut remonter au début du XXe siècle. La race est alors presque éteinte, en raison de croisements et de désaffection au profit des chevaux de trait et de sang.

Les chevaux sélectionnés pour reconstituer la race étaient vraisemblablement porteurs de mutations génétiques délétères

En 1913, les deux nobles artisans de la sauvegarde du Frison, Eyzinga et A. J. Velligen, ne disposent que de trois étalons vieillissants pour quelques centaines de juments : Alva 113, Friso 117 et Prins 109. Ces chevaux sélectionnés pour leur type traditionnel chez la race étaient vraisemblablement porteurs de mutations génétiques délétères, qui se sont transmises à leur descendance.

Frisons nains

Peu de chances pour que...

Remettre la « pure race frisonne » en question ?

La survie du Frison à moyen terme passe par un changement radical de regard : d’évidence, il est grand temps de faire tomber la notion de supériorité de la « race pure » de son piédestal, et d’accepter les croisements extérieurs. Les problèmes de santé sont si nombreux qu’il est impossible de prétendre les résoudre par une sélection raisonnée à l’intérieur de la race frisonne elle-même, numériquement nombreuse, mais génétiquement affaiblie. L’introduction de sang Pure race espagnole et Lusitanien, en choisissant des chevaux noirs et bien charpentés, exempt évidemment de toute maladie génétique connue, pourrait être la meilleure solution. Reste à savoir si les éleveurs néerlandais, historiquement très attachés à la « pureté » de leur fleuron chevalin national, accepteront l’idée.

Frison allemand
Frison allemand manifestement encore jeune, au dos très creusé. Photo 4028mdk09, C.C. by S.A. 3.0

La sélection actuelle du Frison s’appuie trop souvent sur le côté spectaculaire du trot, au détriment de la morphologie. En particulier, les chevaux au dos long ont tendance à se creuser spectaculairement avec l’âge.

Cheval Savoir a toujours soutenu la recherche et la diffusion des connaissances scientifiques. Les deux chercheurs d’Utrecht ayant placé leur étude (en anglais) en libre accès, Cheval Savoir s’associe à cette démarche visant à permettre une meilleure diffusion des connaissances. Attention, les photographies vétérinaires fournies avec cet article peuvent être difficiles à voir.

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Article publié le 23-05-2017

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