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Pèlerinage de Luján en Argentine : quand l’archevêque s’en mêle…

Par Laetitia Bataille


N°82
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Chaque année se tient en Argentine le traditionnel pèlerinage de la Vierge de Luján, à soixante kilomètres de Buenos Aires, auquel se rendent les gauchos et leur famille, qui à cheval, qui en attelage. Un rassemblement haut en couleur, qui a eu lieu sans interruption depuis 1945. Mais l’édition 2017 a suscité force polémiques…

En Argentine, on le sait, on l’admet : parmi les très nombreux chevaux qui parcourent de longues distances lors du pèlerinage des Gauchos, en direction de la basilique de la Vierge de Luján, nombreux sont ceux qui ne survivront pas au voyage...

En prévision de l’édition du 24 septembre 2017, Monseigneur Agustín Radrizzani, archevêque qui veille aux destinées de ce vaste sanctuaire, a adressé aux autorités religieuses des différents districts une lettre demandant que cette année le pèlerinage se fasse « sans maltraitance animale ».

La basilique Notre Dame de Luján
La basilique Notre Dame de Luján. Une place paisible où, une fois par an, vont agoniser de nombreux chevaux. © Joséphine Bataille

En effet, ce rassemblement a la réputation d’être meurtrier pour les chevaux. Notre confrère Tierras de América n’hésite pas à écrire que le « spectacle de chevaux surmenés, gisant au sol, épuisés et agonisants au bord de la route » s’aggrave chaque année, du fait de la popularité grandissante de l’événement. Ce pèlerinage, qui était initialement un rasssemblement local, a pris au fil des ans une importance nationale et implique donc que certains chevaux parcourent des distances considérables.

Les maltraitances sont essentiellement dues aux trajets effectués en attelage. De nombreux chevaux y laissent ainsi la vie…

« Au début, les chevaux parcouraient des distances raisonnables », explique Monseigneur Razzini, «mais du fait de son succès, cette belle tradition s’est étendue à des régions lointaines ». Et c’est là que le bât blesse…

« C’est le pouvoir exécutif de la commune qui doit exiger le changement » explique le vétérinaire interrogé par le journal en ligne El Intransigente.com, qui estime que les cas de maltraitance sont essentiellement dus aux trajets effectués en attelage. Des familles entières voyagent en effet dans des voitures surchargées, le cheval ne prenant aucun repos et parfois aucune nourriture sur des distances avoisinant parfois plusieurs centaines de kilomètres. De nombreux chevaux y laissent ainsi la vie…

L’Encyclique du Pape François

Pour étayer sa requête, bien inhabituelle, l’archevêque s’appuie, à juste titre, sur la récente encyclique du Pape François où le Saint Père n’hésite pas à écrire : « Je crois que Saint François d’Assise constitue l’exemple par excellence de l’attitude à avoir envers les plus faibles… Pour lui, une créature quelle qu’elle soit était une sœur, unie à lui par des liens d’affection. Pour cela il se sentait appelé à prendre soin de tout être existant. » (Laudato si 11).

Saint François d’Assise, par Giotto
Saint François d’Assise, par Giotto. L’archevêque de Luján, en Argentine, a rappelé que le Pape François fait référence dans une récente encyclique à l’engagement du saint envers les animaux. Photo Wikipedia.

Monseigneur Razzini rappelle également le paragraphe de cette encyclique dans lequel le Saint Père signale que « l’indifférence et la cruauté envers les autres créatures de ce monde finissent toujours par traduire, d’une certaine façon, le traitement que nous réservons aux autres êtres humains. Tout acharnement envers quelque créature que ce soit est contraire à la dignité humaine ». (Laudato si 92)

La basilique Notre Dame de Luján
© Joséphine Bataille

L’appel de Monseigneur Razzini n’a pas été favorablement accueilli par tout le monde... Le journal Hispanidad n’hésite pas à écrire « Un gaucho sans cheval est comme un vin sans alcool, ou comme un Argentin modeste : cela n’existe pas ! » Et d’ajouter sans vergogne : « Si le cheval souffre, le cavalier aussi, et celui-ci doit offrir cela à la Mère de Dieu comme sacrifice ».

Et hop !

Le Saint Père et son clergé local ont du travail… Sûrement l’influence du Pape, qui rappelons-le, est né à Buenos Aires et en a été l'archevêque, saura-t-elle concilier les traditions argentines avec une foi moderne et respectueuse des animaux.

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Article publié le 13-10-2017

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