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Chevaux au travail en Crète : zoom sur le harnachement !

Par Laetitia Bataille.


N°82
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Dans les pays méditerranéens, le cheval conserve encore de nos jours un rôle essentiel, notamment dans les régions où le tourisme constitue une activité prépondérante. Nous avons étudié à la loupe, d’après photos, le harnachement de chevaux d’attelage au travail en Crète.

Nous avons maintes fois parlé des conditions de travail des équidés dans les pays du bassin méditerranéen (voir notre article sur le « tourisme responsable). Heureusement, les pratiques évoluent et dans certains pays, une nette amélioration peut être constatée. En témoignent ces quelques photos ramenées de Crète par notre collaboratrice Amélie Tsaag-Valren, et que nous commentons objectivement.

Il existe assez peu d'élevages de chevaux en Crète, et les centres équestres y sont rares. En revanche, de nombreux attelages attendent les touristes dans la ville de La Canée (pour la plupart des visiteurs russes, allemands, français, et anglais). Les voitures n’ont en général rien de traditionnel : ce sont des véhicules modernes de type victoria, parfois équipées d’un parasol !

Chevaux d’attelage au travail en Crète
© Amélie Tsaag-Valren

Un cheval élégant, en mors Liverpool. Il est attelé en bricole – cette dernière est un peu trop étroite pour un usage intensif si la voiture est lourde. Gageons que ce n’est pas le cas, car le cheval semble serein et en bonne condition. Autour de l’encolure, ce beau gris porte une sorte de collier de grosses perles de couleur (que l’on voit sur presque tous les chevaux de ces attelages pour touristes) : c’est un dérivé de la classique « grelottière » mais sans les grelots !

Chevaux d’attelage au travail en Crète
© Amélie Tsaag-Valren

Cette photo montre la sellette et les autres éléments du harnais, qui sont assez correctement mis en œuvre, sauf l’avaloire qui est trop basse, et le collier qui "pend" à mi-encolure ! Pour y remédier, il serait facile de raccourcir les barres de fesse (il reste des trous) et aussi les courroies des porte-brancards : les brancards seraient ainsi mieux placés - un peu plus haut. Toutefois, le collier retrouvera  une place plus nomale quand la voitrure se mettra en mouvement.
En revanche, les pieds de ce cheval gris sont beaucoup trop longs : il est très urgent de referrer !

 

Chevaux d’attelage au travail en Crète
© Amélie Tsaag-Valren

Le même cheval, avec son collier à mi-encolure. Il est embouché avec un pelham à pompe. Pourquoi pas ? Cela équivaut à peu près à un mors d’attelage « coup de poing ». Le réglage n’est pas trop sévère (passe du haut). En revanche, le collier d’épaule (qui est correctement rembourré) est très drôlement placé : on pourrait appeler cela un « collier d’encolure » ! Les traits sont reliés au collier par l’intermédiaire d’une petite manille de sécurité, ce qui est un élément positif.

Chevaux d’attelage au travail en Crète
© Amélie Tsaag-Valren

Une sellette « couleur locale » ! Elle semble correctement disposée sur un petit pad… un peu mince, mais semble-t-il posé sur un autre élément, en caoutchouc. Un gros pad en mouton aurait été parfait – et ce ne sont pourtant pas les moutons qui manquent en Crète ! Il s’agit ici d’une harnais bon marché, et utilisé de façon un peu « bricolée » : par exemple, une manille relie le culeron à la sellette… mais pourquoi pas, du moment qu’elle ne frotte pas sur le rein du cheval…

Chevaux d’attelage au travail en Crète
© Amélie Tsaag-Valren

Des œillères également « couleur locale » ! L’œillère que l’on voit est très près de la salière : il vaudrait mieux qu’elle soit un peu écartée de la peau, très délicate à cet endroit et très sujette aux plaies de harnachement. Heureusement, les bords ne sont pas tranchants car le cuir est assez usé. Le cuir usé est un élément de danger dans un attelage, à cause du risque de casse des pièces sur lesquelles s’exercent des forces (sangle, bricole, etc…) Dans le cas des œillères, cette usure est sans réel danger et protège le cheval des blessures.

Chevaux d’attelage au travail en Crète
© Amélie Tsaag-Valren

Ici, c’est le grand classicisme ! L’embouchure « liverpool » est un mors d’attelage traditionnel, couramment utilisé dans le sport. Cette embouchure est correctement mise en œuvre (placée ni trop haut, ni trop bas), la guide est attachée à la passe du milieu, produisant un effet de levier assez fort mais acceptable. La gourmette est bien sur son plat, le dé de la fausse gourmette vers le bas comme il se doit, mais un peu trop serrée pour notre goût. La muserolle, elle, n’est pas serrée. Visiblement, ce cheval est mené par quelqu’un qui connaît l’attelage et espérons-le, semble respecter son animal.

Chevaux d’attelage au travail en Crète
© Amélie Tsaag-Valren

Aïe ! la petite chaîne sur le nez rappelle de vilaines choses, hélas très courantes dans certains pays, notamment en Espagne. Mais avec un élément positif : la chaîne proprement dite est gainée en son milieu d’un petit morceau de chatterton (ou de cuir ?) ce qui atténue légèrement la sévérité de ce dispositif. Par ailleurs, le cheval ne porte pas d’embouchure, ce qui est rare en attelage, et constitue un point plutôt positif car cela laisse penser qu’un rapport de confiance existe entre le cheval et son meneur.  
L’animal semble en bon état, son encolure est bien ronde et musclée, et dans l’ensemble la bride est bien ajustée.

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Article publié le 13-10-2017

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