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L’équitation de tradition française au cirque

Par Natalie Petiteau, professeur d’histoire contemporaine, Université d’Avignon


N°82
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Le cheval a été, jusqu’à l’orée du XXe siècle, le moteur de l’Occident, pour reprendre un terme avec lequel le grand historien Daniel Roche a titré l’un des volumes de sa magnifique synthèse sur l’histoire du cheval. Dès l’aube des temps modernes, des représentations ont mis en valeur adresse du cavalier et intelligence de la monture. Du reste, les arènes de l’antiquité attiraient déjà les spectateurs avec des chevauchées acrobatiques.

Plus spécifiquement, le cheval a été l’un des instruments essentiels des guerres qui ont été au cœur de l’histoire du continent européen. Mais on oublie généralement ce qui se passait dans les coulisses des armées, on oublie les nécessités des apprentissages, ceux des hommes, et ceux des chevaux.

Pégase et Icare, d’Alexis Gruss
Monté ou en liberté, le cheval est indissociable du cirque. Ici, le spectacle Pégase et Icare, d’Alexis Gruss.
© Alexis Gruss

Or, dans l’équitation militaire, l’initiation à la voltige était un passage obligé de la formation des cavaliers qui tous devaient apprendre à se hisser sur un cheval au galop, condition de survie sur un champ de bataille : pour ce faire des « ronds de voltige » étaient établis dans les manèges.

Quand Astley inventa le cirque

L’essor des loisirs, au XVIIIe siècle, a conduit à la multiplication de spectacles en dehors des grands théâtres. Dans ce cadre, des voltigeurs forains ont attiré des spectateurs par des numéros fondés sur des prouesses équestres. Ce sont ces spectacles d’écuyers saltimbanques qui ont conduit un sergent-major de cavalerie, Philip Astley, né en 1742, à mettre à profit ses compétences équestres. Puisqu’il a constaté, dans les rues, que le public était friand de telles démonstrations, il a l’idée de construire un espace scénique spécifique, où le public viendrait en payant une entrée, ce qui garantirait un meilleur revenu que les spectacles de rue où chacun donne ou ne donne pas, selon son bon vouloir.

Le cirque Astley en 1808-1811
Le cirque Astley en 1808-1811. Photo Wikipédia

Astley invente ainsi le cirque, en 1768 : ce que l’on appelle alors « théâtre équestre » est organisé autour de la présentation de chevaux, solitaires ou en groupes, sur la piste héritée des militaires. Faire payer les spectateurs impose d’offrir plus et mieux que les spectacles de rue.

La piste de cirque impose au cheval de faire face à la force centrifuge et d’appuyer davantage sur le bipède intérieur

Pour cela Astley mobilise les...

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Article publié le 13-10-2017

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