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La FEI dans le piège du Roll Kur

La pression exercée par les opposants à l’hyper flexion de l’encolure vient de conduire la FEI à une surprenante publication de consignes à l’intention des préposés à la détente des compétitions officielles.
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Surprenante, elle l’est par sa longueur et son aspect alambiqué. Mais comme l’hyper-flexion n’a pas été, (et ne sera pas) condamnée pour les raisons que j’ai données il y a quelque temps dans les colonnes de Cheval Savoir, il fallait bien expliquer à ces malheureux Stewards comment réagir quand des champions reconnus seraient pris en flagrant délit, entre autres, d’user d’une hyper flexion…mal définie. Voilà qui devrait freiner les candidatures à cette fonction.

Ces consignes sont étonnantes aussi dans leur esprit : comment imaginer que les meilleurs cavaliers de dressage des différentes nations puissent à ce point fauter contre l’art équestre quand le but avéré de la compétition est justement de le préserver ?

Elles sont même désarmantes par l’évidence de leur contenu : les Stewards, en effet, devront vérifier que les chevaux ne soient pas travaillés en force ou brutalisés, que la flexion de l’encolure ne soit pas exagérée, que le cheval ne soit pas maintenu plus de 10 minutes dans une même attitude…autant de prescriptions que tous les cavaliers se doivent d’adopter à un niveau bien plus modeste.

Elles sont enfin quelque peu irréalistes. Comment apprécier qu’un cheval conserve plus de 10 minutes la même attitude ? Et déterminer, alors, le début d’un exercice qui ne va pas durer plus longtemps ? Faudra-t- il doter les stewards de chronomètres ? Quant à commander à un champion de passer au pas quand le stress qui l’assaille l’amène à pratiquer une équitation non souhaitable c’est, je le crains, une vue de l’esprit.

Par son côté excessif, Le Roll Kur aura eu cet effet bénéfique de conduire la gent cavalière à s’insurger contre des pratiques de plus en plus contraignantes à mettre à l’actif de cavaliers de renom au vu et au su de tout le monde, contre l’esprit et la lettre d’un règlement de qualité. Ne pouvant pas condamner ce procédé qu’elle a approuvé tacitement en récompensant les champions qui le pratiquaient, la FEI s’est enfermée dans un piège dont il lui sera difficile de sortir. A ce jour je vois deux évolutions possibles : - Si les opposants à l’hyper flexion maintiennent leur pression, la FEI, qui agit en symbiose avec les associations internationales de cavaliers, entraîneurs et juges, va progressivement modifier son règlement pour le faire coïncider davantage avec la réalité du terrain, car trop d’intérêts sont en jeu et l’œil du juge s’est fait à cette évolution. Le dressage de compétition deviendra une discipline à dominante athlétique et spectaculaire s’éloignant de ses racines classiques. - Si de guerre lasse les déçus baissent les bras, tous ceux d’entre eux, et ils sont nombreux, qui voyaient dans la compétition la préservation de l’art équestre se détourneront de celle-ci. Et le divorce entre l’équitation de compétition et l’art équestre sera consommé.

Cl. Christian Carde, Ancien Ecuyer en Chef du Cadre Noir, cavalier et juge international de dressage.

1 commentaire(s) »

kodarz :
Le 04/05/2010 à 17h20

Tout à fait..... Le divorce est déjà consommé!
Il reste à inventer une compétition "d'art équestre", avec un circuit aussi éloigné que possible des intérêts commerciaux. Un peu comme le hunter par rapport au CSO.
Le règlement existe déjà.....

Article publié le 01-05-2010

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