Accueil » Savoir pratique Dressage

L'échelle d'entraînement (I)
Un moyen de définir les priorités...et bien plus que cela !

Par Pierre Beaupère
Cavalier professionnel de dressage.


N°12 Juillet - Août 2010
11 Commentaire(s)
Imprimer cet article
Joyeux anniversaire !

Après un an de conseils et d’articles, vous aurez peut-être constaté que la progression dans le choix des sujets n’était pas entièrement due au hasard mais définissait un début de progression, d’évolution et d'échelonnement dans nos demandes et de notre travail. Si nous nous sommes d’abord préoccupés de la descente d’encolure afin de décontracter le cheval, c’est parce que cette décontraction était nécessaire au développement d’une impulsion supérieure. Si vous avez dû développer votre position c’était dans le but qu’elle soit suffisamment forte pour accéder au rassemblé et à un équilibre supérieur par les demi-arrêts, qui eux-mêmes étaient indispensables au développement d’une plus grande expression et du brillant dans le travail.

J’ai tenté durant cette année de montrer l’importance de l’équilibre, de la décontraction et de la finesse d’utilisation et de réaction aux aides, qui permettent la Légèreté. J’ai tenté de vous faire « toucher à tout », quel que soit votre niveau ou votre expérience et de faire en sorte que vous sentiez une différence dans l’équilibre, la manière dont votre cheval se déplace et dont il répond à vos demandes. Mon vœu le plus cher en écrivant ces articles est que l’harmonie et la communication dans le couple que vous formez avec votre cheval s’améliorent et se développent. Rien ne me fait plus plaisir que de voir des chevaux et des cavaliers heureux.
Si certains conseils ont pu correspondre exactement à un problème que vous rencontriez avec votre cheval et ont donc trouvé une application directe, il est bien souvent difficile de passer de la théorie à la pratique tant la variété de problèmes ou de difficultés à laquelle on peut faire face dans le dressage d’un cheval est vaste. C’est ce qui fait toute la beauté mais aussi toute la difficulté de notre Art. Dès lors, il est bien souvent très difficile de savoir dans quelle direction chercher la solution lorsque la progression de notre travail se trouve face à un obstacle dont il est difficile de trouver les causes.

«Les conséquences d’un problème sont bien souvent très éloignées de leur cause réelle»

En effet, nombreux sont les cavaliers qui auront sans doute déjà réalisé que les conséquences d’un problème sont bien souvent très éloignées de leur cause réelle, mais aussi qui auront été contraints d’admettre « Je sais que mon travail n’est pas parfait, mais je ne sais pas quoi faire pour l’améliorer ».
Toutefois, l’équitation réserve d’autres moments de doutes. Car certains cavaliers pensent parfois que leur travail est très juste et se retrouvent face à une grande désillusion lorsqu’ils prennent cours avec un professeur ou un entraîneur expérimenté et « honnête » (chose rare lorsque votre salaire dépend de la satisfaction du cavalier en fin de séance !) simplement par manque de remise en question. Car on perd parfois beaucoup de temps en s’engageant dans une voie pour ne réaliser que bien des mois voire des années plus tard que nous avons pris une direction qui n’était pas la meilleure pour notre cheval ou que nous avons laissé des détails très importants de côté, sans y prêter suffisamment d’attention.
Nombreux sont mes élèves qui souriront en pensant aux problèmes a priori insolubles qu’ils rencontraient et qui se sont réglés en quelques semaines en travaillant la précision de leurs voltes. Car en dressage tout se paye un jour ou l’autre et un manque de décontraction dans les épaules en dedans provoquera le creusement du dos dans le passage, un manque de contrôle des hanches sur une volte amènera de grandes difficultés dans les changements de pied, des fautes de rythme au pas et au trot et c’est au piaffer régulier et lent que vous pouvez dire adieu.

Surprise !

Il existe heureusement un outil incroyablement puissant et efficace...

Pour lire la suite de cet article :

Abonnez-vous à Cheval Savoir pour seulement 29€ !
(31$ US. 38$ Canadien; 35 Franc CHF)

S’abonner à Cheval Savoir, c’est :

  • bénéficier de la lecture des numéros à paraître
  • avoir un accès permanent et totalement gratuit à la Bibliothèque d’Archives en ligne, soit plus de 2000 articles parus ! Des dizaines de milliers de pages de lecture, l’équivalent de plusieurs centaines de livres sur tous les sujets équestres ! Ce qu’aucun autre magazine ne pourrait vous offrir…
Cliquez-ici pour vous abonner à Cheval Savoir

Ce que vous ne lirez pas ailleurs

Si vous êtes déja abonné au journal, cliquez-ici pour vous identifier

11 commentaire(s) »

zephir :
Le 27/07/2010 à 09h19

Bonjour,
merci pour tous ces renseignements, seulement j'aimerai savoir quel niveau d'exigence vous pensez qu'il est juste d'avoir avec une jument en pleine crise d'adolescence? Merci d'avance.

christine :
Le 27/07/2010 à 20h06

Merci et bravo, il est très agréable de sentir une vrai volonté de partage des connaissances de votre part. C'est un vrai plaisir de lire et relire tous vos articles, d'y revenir régulièrement, c'est déjà une échelle de progression pour moi dans le travail de mon cheval de 5 ans, cheval de complet.

indy :
Le 28/07/2010 à 13h24

Merci pour cet article si intéressant encore une fois. J'aimerai avoir votre avis sur le travail du cheval en licol. En effet j'ai vu que Mr Henriquet accepte aussi bien de faire travailler les cavaliers avec un mors ou un licol. Qu'en pensez-vous ?

kodarz :
Le 30/07/2010 à 19h29

J'ai du mal à placer la rectitude si loin dans l'échelle... Peut-être faut-il comprendre qu'elle devient indispensable à ce moment mais que l'on doit commencer à la rechercher beaucoup plus tôt?
Jean-marie

mariesophie :
Le 08/08/2010 à 17h21

merci Pierre pour votre générosité et votre pédagogie ! ... ayant assisté à un de vos cours vendredi...suis rentrée m'abonner sur "chevalsavoir" samedi ... dévore vos articles dimanche...que du bonheur !!!...........

corysande :
Le 13/08/2010 à 12h14

Merci de vous intéresser à tous les cavaliers de tous niveau et d'être aussi ouvert d'esprit...

senael :
Le 15/08/2010 à 14h49

j'appliquerai également volontier cette échelle à la construction d'une séance de travail, en s'arretant à l'échelon où se trouve le cheval bien sur?
Senael

eleonore :
Le 08/03/2012 à 09h58

Je vois que l'échelle de progression allemande ne comporte pas de mention de l'équilibre. Qui plus est, la notion de contact est appelée de façon très claire "appui" 'Anlehnung" en allemand, et en effet, chaque langue reflète bien la conception qu'on a de la chose. Ceci pour introduire l'idée bien souvent opposée à l'utilisation de la Skala, que l'équilibre en appui sur le mors est un équilibre de débourrage, qui ne saurait se poursuivre au travail de manège.(ce qui n'exclue pas, bien au contraire un travail de souffle et de musculation et de détente dans cet équilibre horizontal en extérieur, et des remises en avant, rythme etc...comme l'indique l'échelle!!).
Autrement dit, nous voilà devant les deux conceptions habituellement opposées du travail, qu'il soit de basse ou de haute école: l'action avant la position, ou la position avant l'action.
Pourrait on demander à la Rédaction des exposés précis et complets de cette autre vision de l'éducation du cheval?

gnourf :
Le 08/03/2012 à 12h40

Pour compléter la traduction de "Anlehnung" de eleonore, "Anlehnung" contient la nuance de "prise d'appui". Ce n'est pas seulement l'état statique de l'appui (ou du contact), mais le mouvement dynamique de s'appuyer.

Dans la même richesse des nuances, "Losgelassenheit" se traduirait plutôt par relâchement que par décontraction. Il y a une idée de remise en liberté ou de lâcher prise dans le verbe loslassen, dont découle le substantif "Losgelassenheit".

La traduction (non spécifiquement équestre) de "Schwung" est "élan" et c'est un mot qui peut aussi être utilisé dans un contexte de mouvement de balancier.

"Geraderichten" signifie littéralement "le fait de mettre droit". Là encore, il y a un peu plus de dynamisme que le simple mot "rectitude" (=l'état de quelque chose qui est droit).

Seul le mot "Versammlung" se traduit bien, même si hors contexte équestre, il serait traduit par "assemblée" ou "réunion".

Mon commentaire est simplement sémantique et linguistique. Néanmoins, il illustre bien l'approche de chaque équitation, comme le soulignait eleonore précédemment.

nellyvalere :
Le 08/03/2012 à 16h16

Effectivement, Gnourf, cette langue qui utilise tellement de particules (le Ver de Versammlung aussi)rend compte des changements d'état en donnant du dynamisme aux verbes, et j'aime bien votre remarque qui va bien avec le mouvement en avant de l'équitation allemande(actuelle) qui court après l'équilibre. La "Anlehnung"est particulièrement pertinente quand on voit le cheval hocher de la tête, donc ostensiblement "prenant un nouvel appui" à chaque poser de diagonal au trot, au passage ou au piaffer. Rien à voir avec la silhouette hiératique du piaffer baroque qui ne fait que plier et déplier des ressorts en place...on retient son souffle pour ne rien déranger...on peut rêver...

laetitia :
Le 08/03/2012 à 17h29


Soyez assurée, Eléonore, que Cheval-Savoir n'étant évidemment pas adepte de la pensée unique, nous donnerons la parole aux cavaliers qui ne souhaitent pas se servir de l'outil appelé "Echelle de progression" ou même le réfutent. Le dialogue est ce qui fait la richesse de la recherche en équitation.

Article publié le 11-07-2010

Postez un commentaire !

Pour pouvoir poster des commentaires, il faut être abonné et connecté :
Cliquez-ici pour vous abonner au journal  |  Cliquez-ici pour vous connecter si vous êtes déja abonnés