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La dermite estivale (II/II)
une maladie de la civilisation ?

Par Peggy Pansart, de l'Observatoire Animaderm.


N°12 Juillet - Août 2010
5 Commentaire(s)
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Nous continuons notre grand dossier sur les dermites du cheval (et notamment sur la dermite estivale récidivante) qui sont en constante augmentation. Nous nous penchons ce mois-ci sur les conditions de vie du cheval domestique qui semblent constituer des facteurs déterminants dans l'apparition de ces différentes affections. La connaissance et la compréhension de ces facteurs et de leurs mécanismes d'action débouchent sur des possibilités de prévention et de traitement.

Les dermites équines sont de natures diverses et très nombreuses. Elles sont la conséquence d’un désordre dans la manière d'entretenir les chevaux. Et, fait très alarmant, elles sont en croissance exponentielle puisque nous estimons aujourd’hui que plus d’un cheval sur 10 présente un problème dermatologique plus ou moins important et récidivant, contre un sur 25 il y a encore 10 ans.

On peut distinguer :

  • Les dermites parasitaires, qui sont les plus répandues et se présentent sous deux types distincts : les dermites liées aux acariens (les gales) et celles liées aux insectes piqueurs. Mais ces deux types ont un point commun : ces dermites sévissent quelle que soit la saison et provoquent des démangeaisons intenses, sur tous le corps, y compris la crinière, la queue, la tête et les oreilles. Nous estimons que la gale des crins (dûe aux acariens) est prise dans plus de 60% des cas pour une « dermite estivale » liée aux moustiques culicoïdes.

  • Les autres dermites, bactériennes (dermatophylose, gale de boue) qui est en fait l’eczéma du paturon fongiques (champignon comme la teigne), ou alimentaires (réaction allergique à un aliment) restent dans une proportion normale, et l’augmentation du nombre de cas n’est pas significative depuis 10 ans, à l’inverse de ce qui se passe pour les dermites parasitaires.

  • Dermite estivale
    Les poneys, pourtant très sensibles aux phénomènes de grattage, sont le plus souvent épargnés lorsqu'ils mènent une vie naturelle dans un environnement sain. © L. Bataille.

    A l'Observatoire, nous sommes régulièrement sollicités par les propriétaires de chevaux désirant connaître les raisons des dermites équines et de leur augmentation manifeste.

    Dans un même temps, les informations que nous récoltons sur les conditions de vie des chevaux sont de plus en plus alarmantes. Nous ne parlons pas de violence ou de maltraitance, bien sûr, mais d’un état général de vie des équidés parfois quelque peu surréaliste. Nous avons cru, au départ de nos recherches, que les chevaux, dits de sport, bénéficiaient le plus souvent de soins extrêmes, d'un suivi permanent dans leur forme physique et psychologique, et que l’augmentation des dermites équines était largement dûe aux facteurs climatiques et environnementaux.

    «Parasitisme et modifications climatiques sont très liés, mais restent presque anecdotiques par rapport aux conséquences de la domestication»

    D’un certain point de vue, nous étions sur la bonne piste : le parasitisme et les modifications climatiques semblent être ...

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    5 commentaire(s) »

    line :
    Le 02/08/2010 à 22h21

    Bravo pour cet article complet en la matière ! C'est la première fois que j'en lis un aussi bien documenté et de ce fait pédagogique.
    Line

    windy :
    Le 08/08/2010 à 19h55

    super article, qui me conforte dans mes reflexions.
    j'ai mis mon cheval un mois dans une ferme equestre pour qu'il puisse sortir en paturage, mais les conditions d'hygiéne sont deplorables.
    j'attend avec impatience mon retour dans mon CE, qui est d'une propreté remarquable, et je vais d'autant plus l'apprecier
    ;

    mariefrance :
    Le 22/08/2010 à 00h04

    Merci, un article très technique pour combler nos lacunes. Avant de monter, il est essentiel de comprendre ses chevaux.Ainsi dans le respect et l'humilité en le soignant ou en en évitant les bobos,nous partageons une vie sereine et agréable.

    janebooker :
    Le 24/05/2011 à 11h49

    Article très intéressant, mais attention aux excès inverses !
    La visibilité des dernières côtes chez les chevaux de sport est aussi du fait de leur musculature, qui tend les tissus. Un cheval, d'un propriétaire ne jurant que par cela et ayant une activité moindre donc n'étant pas en muscle, peut arriver à la sous-nutrition de cette manière.
    Le surpoids est néfaste pour nos chevaux, mais ce n'est pas une raison pour les affamer d'un autre côté : le cheval doit avoir l'estomac plein en permanence, doit mastiquer et surtout chercher sa nourriture au minimum 12 heures par jours.

    "En hiver un cheval mange moins et a plus d’activité (du fait de la recherche d'une nourriture plus rare puisqu'il y a moins d’herbe) et cette période est une sorte de régime hépatique, de nettoyage interne des toxines accumulées. En été, il agit de façon inverse, se ruant sur l’herbe azotée en abondance. "
    Ainsi, si l'on suit à l'excès cette logique, on laisse les chevaux affamés par l'hivers, ils alors vont se jeter au printemps sur des pâtures trop riches, passant ainsi, très rapidement, d'un poids trop faible à un surpoids, provoquant par ce déséquilibre, dans certains cas, des fourbures ou autre.
    A l'état sauvage, l'espérance de vie du cheval n'est que d'une huitaine d'année. La nature fait parfois bien les choses et il est bon de s'en inspirer, mais elle a aussi pour fonction d'éliminer les individus les plus faibles, de renouveler rapidement ses éléments... Sous prétexte de "dans la nature blablabla..." on peut faire autant de bêtise que par soucis anthropomorphique de confort !

    Aussi, je trouve de meilleur aloi que le cheval reste d'un poids le plus constant possible, éventuellement un peu moindre en fin d'hivers, un peu rond au début des froids... Un petit rappel, les aliments industriels sont bien souvent chargés en mélasse et bien sûr en céréales, aussi donnés en trop grande quantité, ils fatiguent l'organisme : surcharge hépatique etc ...

    Un dernier "attention" oui, les boxes sales sont néfastes ! Quoique les gâteaux laissés dans les abris ne me dérangent pas pourvu qu'une portion (de l'abris ou du pré) reste parfaitement sèche et propre ! Mais dans les boxes trop propres, en particulier si ils sont trop peu paillés, la paille glisse, le cheval se trouve rapidement partiellement sur le béton, ce qui peut provoquer des engorgements, douleurs articulaires pour les chevaux sensibles...

    Je ne vais pas contre les propos de cet article, loin de là, mais voyant autour de moi pas mal dégâts provoqués par les excès - dans un sens ou dans l'autre - je trouve qu'il est bon de préciser certaines choses.

    arya :
    Le 22/07/2016 à 23h39

    Merci pour cette série d'articles et ces réflexions extrêmement intéressantes !
    Un détail a éveillé mon attention, concernant le nettoyage des abreuvoirs : "Pour désinfecter simplement les abreuvoirs, utilisez les pastilles vendues en pharmacie pour rendre l’eau potable. Une pastille par jour permet de garantir la qualité de l’eau et cela coûte moins de 10 € pour une année d’utilisation !". Pourriez-vous me donner plus d'informations ? Quel type de pastille (il en existe plusieurs, à base d'iode ou de dérivés du chlore) ? Une seule pastille par jour pour un bac de 400 litres serait suffisante ? Enfin n'y a-t-il pas de risque pour les chevaux à utiliser cela sur le long terme ?

    Article publié le 30-07-2010

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