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Cinéma :
"La vie sauvage des animaux domestiques"

Propos recueillis par Laetitia Bataille.


N°13 Septembre 2010
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Réalisé par Dominique Garing, avec la voix d’André Dussollier, « La vie sauvage des animaux domestiques » est un documentaire animalier qui a forcément retenu notre attention.

Il nous touche par de nombreux aspects : la présence des animaux (notamment de plusieurs équidés), la beauté des images, la délicieuse voix d'André Dussolier... Mais il entraîne aussi une réflexion.

Peu importe que l'intrigue (d'ailleurs presque inexistante) soit plausible ou non puisqu'il s'agit d'un conte. Le but est de montrer des animaux, (il y en a 200 dans le film) et de nous faire rèver. Ce que nous faisons bien volontiers, bercés par les escapades de la poule de race Géline de Touraine, du couple de cochons livrés aux joies et aux dangers de l'indépendance, et de maints autres animaux dits "domestiques " qui doivent soudain s'assumer dans une ferme sans fermier.

Affiche

Cheval Savoir a souhaité en parler avec Jocelyne Porcher, chargée de recherches à l’Inra Sad-Apt (INAPG-Paris). Ses recherches portent sur la relation de travail entre éleveurs et animaux en élevage et dans les productions animales. Elle est l'auteur de plusieurs ouvrages sur l'élevage des animaux domestiques*.
Elle nous explique son ressenti devant le film.

Jocelyne Porcher

«Un monde animal très loin de la réalité contemporaine, mais qui témoigne de ce qu'élever pourrait encore vouloir dire...»

Cheval Savoir : En tant que spécialiste de l'élevage industriel, et militante pour de meilleures conditions de vie des animaux d'élevage qu'avez-vous pensé de ce film où les animaux font l'école buissonnière et se passent très bien de l'homme ?
Jocelyne Porcher : Ce film ne m'a pas complètement convaincue, car il ne va pas au bout de son projet, qui était pourtant très beau ! Tel qu'il est, le film est surtout intéressant pour les enfants, ce qui est déjà beaucoup, du fait de ses aspects didactiques et indéniablement sympathiques. Les enfants voient le plus souvent dans les films des animaux comme des dauphins, des loups ou des grands singes, mais très rarement des animaux de ferme. Il est important qu'un cinéaste s'intéresse aux animaux d'élevage vus sous un autre angle que l'aspect uniquement alimentaire ou critique. Il y avait des enfants près de moi dans la salle où j'ai vu le film et ils étaient vraiment très intéressés et contents.

Jocelyne Porcher
Jocelyne Porcher, Chargée de recherches à l'INRA, qui étudie la relation de travail entre éleveurs et animaux dans les productions animales. © Coll. J. Porcher.

C.S. C'est un aspect positif de montrer des animaux vivant dans un contexte d'élevage "normal"...
J.P. Oui, mais il me semble qu'il aurait fallu, en introduction, préciser que l'action se passe dans un contexte qui n'est plus "normal" aujourd'hui. Ce qui est donné comme normal, c'est l'industrie des productions animales, les systèmes spécialisés. Ce qui est montré dans le film, c'est une ferme de polyculture élevage, très rare de nos jours -sauf en "bio"- car il est difficile de vivre de ce type de production si l'on ne valorise pas soi-même ce que l'on produit. L'immense majorité des animaux ne vivent plus dans ce type de ferme. Cela, il me semble qu'il aurait fallu l'expliquer, même rapidement, au début du film.
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Article publié le 29-09-2010

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