Accueil » Entretien du cheval

La tonte : un choix à raisonner

Chez le cheval de sport -ou plus simplement le cheval qui travaille régulièrement- la tonte semble incontournable.

Pourtant, l'on voit de plus en plus de cavaliers amateurs qui refusent la tonte, la jugeant superflue, voire nocive car elle bouscule la physiologie du cheval à une période déjà rendue délicate par la mue.

On voit aussi des cavaliers qui couvrent très tôt leur cheval et peuvent ainsi faire l'impasse complète sur la tonte.

La tonte a-t-elle des inconvénients qui justifient d'y renoncer ? Et si l'on désire y recourir, quelles sont les précautions à prendre pour qu'elle soit parfaitement supportée par le cheval ?

Ouvrons le dossier.

Au Portugal, dans les grandes écuries d'élevage et de dressage, les chevaux ne sont pas tondus. Le pays n'étant pas très froid, les chevaux ne fabriquent que peu de poil d'hiver, et la pousse de celui-ci peut aisément être "contenue" en mettant très tôt dans la saison (dès le mois d'octobre) une couverture légère, puis un peu plus épaisse, à mesure que la température fraîchit. On voit ainsi à la foire de Golega à la mi-novembre des chevaux au poil fin et lustré, n'ayant pas été tondus et qui ne le seront pas de l'hiver.

En France, certains cavaliers de sport couvrent leurs chevaux dès le 15 août, avec une chemise légère puis, là aussi, avec un crescendo dans l'épaisseur des couvertures, ce qui permet d'éviter totalement la tonte.

Poil d'hiver
Le poil d'hiver commence à pousser à l'automne et protège parfaitement le cheval. © L.Bataille

A l'inverse, dans certaines écuries de sport, la tonte est de rigueur, et les cavaliers n'hésitent pas à tondre très court, quitte à répéter la tonte tous les mois pendant l'hiver.

Les chevaux sont bien sûr couverts en conséquence. Certains cavaliers couvrent d'ailleurs beaucoup trop leurs chevaux, avec deux grosses couvertures doudounes (mais ceci est un autre débat...)

Le cheval de loisir

Parallèlement, il existe une frange de propriétaires de chevaux de loisirs, ou de poneys qui renoncent à la tonte et acceptent les difficultés liées au poil d'hiver.

Ces difficultés ne sont pas à sous-estimer. En effet, les chevaux rustiques et les poneys se transforment en véritables nounours, et leur utilisation sous la selle ou à l'attelage devient alors problématique.

Le poil d'hiver est en effet remarquablement efficace. Il isole de l'humidité, tient chaud, et réalise en outre une sorte de cocon isolant : le cheval a la possibilité, par le biais des minuscules muscles horripilateurs présents dans chaque follicule pileux, de hérisser son poil, emprisonnant ainsi de l'air, qui se réchauffe à proximité du corps et devient à son tour isolant. Ce réflexe d'horripilation est induit par l'adrénaline, elle-même secrétée sous l'effet de la stimulation due au froid.

«Le cheval est passé à travers plusieurs glaciations sans perdre son poil. La mue est une adaptation qui entraîne systématiquement une baisse de forme»

Ce poil d'hiver est adapté à un animal qui, dans son espace naturel, se déplace essentiellement pour brouter. Mais la présence de ce poil devient immédiatement intolérable si le cheval fournit un effort sportif. Il transpire exagérément, et le séchage est extrêmement long, d'autant que l'humidité ne vient pas de l'extérieur (comme la pluie) mais de l'intérieur, et qu'elle a donc par définition atteint le sous-poil. En outre, l'excès de thermies engendrées par l'effort ne peuvent pas s'évaporer facilement.

Pour lire la suite de cet article :

Abonnez-vous à Cheval Savoir pour seulement 29€ !
(31$ US. 38$ Canadien; 35 Franc CHF)

S’abonner à Cheval Savoir, c’est :

  • bénéficier de la lecture des numéros à paraître
  • avoir un accès permanent et totalement gratuit à la Bibliothèque d’Archives en ligne, soit plus de 2000 articles parus ! Des dizaines de milliers de pages de lecture, l’équivalent de plusieurs centaines de livres sur tous les sujets équestres ! Ce qu’aucun autre magazine ne pourrait vous offrir…
Cliquez-ici pour vous abonner à Cheval Savoir

Ce que vous ne lirez pas ailleurs

Si vous êtes déja abonné au journal, cliquez-ici pour vous identifier

2 commentaire(s) »

windy :
Le 16/10/2010 à 15h28

eternel probleme des couvertures et de la tonte...

il faut tenir compte du cheval (si il transpire beaucoup ou peu pendant le travail) des ecuries ou il sejourne (ecuries calfeutrés ou en courant d'air), previsions saisonnieres d'hiver doux ou froid.

beaucoup de paramettres a analyser avant de prendre une decision...

mon cheval transpire peu, les ecuries ou il sejourne sont bien protegés du froid, et l'hiver 10/11 est annoncé froid et sec, donc je mets actuellement une petite chemise pour eviter le gros poil d'hiver, et je le tondrait en janvier ou fevrier après les grands froids.
l'année dernière tonte de chasse, vu l'hiver que l'on a eu je n'ai pas regrété.


hellyse :
Le 05/12/2013 à 17h12

Cavalière principalement d'extérieur (trec, randonnées et rallyes et peut être endurance par la suite) mais aussi de dressage à petit niveau, la saison hivernale est moins "sportive" et j'adapte donc mon travail en conséquence où il va s'agir dans mon cas d'entretenir un minimum la condition et la souplesse de mon cheval pour reprendre progressivement en intensivité dès la fin de l'hiver.
De plus, mon cheval ne suant pas excessiment grâce à son mental plutôt calme et à sa bonne condition physique il m'est plutôt aisé de limiter sa transpiration en instaurant de fréquentes pauses et en travaillant principalement sur des allures lentes entrecoupées de périodes de travail à des allures plus vives mais sur un temps court.
Et tout ce passe très bien ainsi. Il est en box la nuit, au paddock (ou pré l'été) la journée (sauf intempéries) sans aucune couverture hormis peut être cette année une couverture très légère juste imperméable pour protéger de la pluie (au vu de son âge). S'il vient à suer quand même un peu, il a une séchante durant au moins 20 minutes après le travail. En cas de sortie à l'extérieur, s'il a sué, les dernière 20 minutes se feront au pas dans la même optique.

Cela convient bien à mon cheval (ne sue pas trop) et à mes aspirations équestres (période de travail moins intensive l'hiver) et à mes principes. En effet, je souhaite, tant que peut se faire, laisser faire la nature pour ce genre de choses qui est la protection la plus éfficace et naturel.

De plus, il ne faut pas oublier les nombreux inconvénients de la tonte :
-dérèglement du cheval,
-mise en place de couvre reins en début et fin de séance,
-plusieurs couvertures adaptés à la température extérieure pour éviter que le cheval n'ait froid ou pire sue dedans ce qui est particulièrement délicat avec les oscillements de température sur une même journée et c'est là que le coup de froid a toutes les chances d'arriver,
-de même ne pas couvrir le cheval tant qu'il est mouillé ce qui mouillerait sa couverture et donc comme pour le cheval non tondu cela nécessite d'attendre un moment que le cheval sèche (c'est même une obligation dans ce cas là)
-sans parler des soucis de sécurité que pose la couverture notamment au pré si elle tourne et que le cheval se prend dedans en plus de l'exposer au froid....

Après c'est du cas pas cas selon le cheval, le travail, le mode de vie etc. Mais c'est un choix à prendre au sérieux. Ce n'est malheureusement pas souvent le cas. Quelque soit la décision, tondre ou non, chaque solution a ses avantages et ses inconvénients.

Mais la tonte compléte est souvent accessoire chez les personnes qui m'entourent... une tonte partielle peut être un bon compromis.
Et surtout, peut être éviter en ménageant des pauses au pas lors du travail pour éviter toute sudation excessive.

Bien sûr je ne parle pas des chevaux sortant en compétition tout les week end à haut niveau.

Article publié le 13-10-2010

Postez un commentaire !

Pour pouvoir poster des commentaires, il faut être abonné et connecté :
Cliquez-ici pour vous abonner au journal  |  Cliquez-ici pour vous connecter si vous êtes déja abonnés