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Malvoyante et cavalière...

"Etre malvoyante n'est pas toujours un handicap à cheval".
Une lettre, reçue dans notre abondant courrier, nous a particulièrement interpellés. Elle nous était envoyée par Dominique Duhamel, une cavalière malvoyante. "En découvrant Cheval Savoir", nous écrit-elle, "j'ai résolu mes deux frustrations d'un coup : j'ai pu lire enfin des articles de qualité et je n'ai plus besoin de scanner des article inintéressants puisque ma synthèse vocale lit tout en direct !"

Nous avons été très touchés par cette lettre, et heureux de pouvoir être utiles. Nous avons voulu en savoir plus sur la pratique équestre d'une personne malvoyante. Quelques mails plus tard, nous avons découvert que Dominique avait été cavalière de spectacle, et qu'elle continue, malgré son handicap, à dresser son étalon espagnol.

Nous avons pensé l'interviewer, pour lui demander quelles difficultés elle rencontrait au quotidien, mais aussi pour savoir si ses problèmes de vue lui avaient permis, peut-être, de développer son tact équestre. Elle nous a proposé spontanément de tout nous raconter.

Mieux qu'une interview, voici son témoignage direct, à la fois émouvant et techniquement passionnant.
L.B.


« Je détecte "au son" si un cheval est plus ou moins rassemblé... »

J'ai été très surprise quand Laetitia Bataille m'a demandé de parler de mon expérience, et puis je me suis dit qu'elle pouvait servir aussi aux voyants puisque parfois j'arrive à entendre ce qu'ils ne voient pas !

Je suis devenue malvoyante progressivement. Au début, j'ai réussi à m'adapter, au fur et à mesure et avec plus ou moins de difficultés. Tout d'abord, j'avais une mémoire visuelle et donc photographique, qu'il fallu que je transforme en mémoire auditive, ce qui m'a beaucoup servi à cheval. J'entends mieux d'ailleurs, et je suis capable de détecter "au son" si un cheval est fatigué, et à l'effort devant l'obstacle, ou s'il est plus ou moins rassemblé.

Dominique Duhamel
Dominique Duhamel avec son pur-sang lusitanien Nuneio Ubeda, après deux mois de travail. © Coll. D.Duhamel

En effet, quand les chevaux sont fatigués, le bruit émis par leurs sabots est sourd et bas, on a l'impression que c'est un bruit qui "s'éteint", c'est un son "mou" ! Je sais alors que le cheval galope plat, qu'il n'est pas sur l'arrière-main, qu'il doit s'arracher à l'obstacle. Mon compagnon, qui est ostéopathe, me confirme que c'est ce qu'il voit, et le cheval fait au moins une barre...

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1 commentaire(s) »

yaniffic :
Le 09/01/2011 à 22h12

Votre article est remarquable car c'est un témoignage émouvant qui apporte beaucoup à tous les cavaliers pour comprendre la "musique du cheval". Attirer l'attention sur cette musique est très important, pour que le cavalier puisse acquérir une "oreille intelligente". Cette oreille intelligente vient grandement enrichir les possibilités de dialogue avec le cheval, en complétant, de façon bienheureuse, la fesse intelligente (qui analyse le langage du dos du cheval) et la main intelligente (qui analyse le langage de la bouche du cheval), expressions que j'emploie souvent. Dans mon enseignement auprès de vous, Chère Dominique, j'ai parfois attiré votre attention sur cette musique, par exemple le bruit amplifié des postérieurs lors du pas ralenti à l'extrême (pas écouté des Anciens), mais pas suffisamment. Grâce à vous, je vais me corriger... et parler de l'oreille intelligente (qui analyse le langage de la locomotion du cheval).
Jean-Yves Le Guillou

Article publié le 13-12-2010

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