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Le vrai dieu du stade

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On se souvient de l'émotion engendrée par l'annonce d'une possible vente de Totilas, l'étalon noir des rectangles de dressage, la poule aux médailles d'or (qui n'était pas l'or du Rhin, justement, et c'est ce qui chagrinait certains coeurs allemands.)
Lorsque la certitude a succédé à la rumeur, la déception, la colère, et la création sur Internet de groupes de soutien à Edward Gal (qui ne cachait pas sa tristesse) ont exprimé le dépit de chacun de voir séparer ce que les dieux du stade avaient uni.

Seule la perspective que Totilas allait goûter, comme l'avait laissé entendre Paul Schokemöhle, les joies de la retraite et de la vie d'étalon, pouvait consoler les foules. En somme, l'entraîneur et célèbre cavalier allemand faisait à l'élevage de son pays un somptueux cadeau en mettant à sa disposition (moyennant un prix de saillie proportionnel aux enjeux) la génétique exceptionnelle du cheval noir aux allures extravagantes.

Mais voici que se faisaient jour de nouvelles rumeurs : il ne s'agissait pas tant d'offrir à l'Allemagne de jolis poulains que de souffler aux Pays Bas quelques médailles aux prochains Jeux Olympiques de 2012.

On avance donc les noms de différents cavaliers susceptibles de prendre la place de Gal sur le dos, sans doute déjà fragile, de Totilas.

Le verdict tombe. Le cavalier élu est Matthias Alexander Rath. Nouvelle vague de blogs, appelant cette fois à la haine envers ce garçon qui n'avait, somme toute, rien fait de mal.

Schokemöhle ne tarit pas d'éloges devant le talent de Matthias, et verse une larme devant les journalistes. Le mariage est d'amour, mais aussi de raison, puisque la copropriétaire de Totilas n'est autre que Ann Kathrin Linsenhoff, belle-mère de Matthias Rath, qui n'a donc pas hésité à faciliter une carrière sportive déjà bien engagée. Comme quoi, dans les contes de fée, les belle-mères ne sont pas toutes méchantes...

Moins médiatisées mais tout aussi pathétiques, de nombreuses séparations de couples cheval-cavalier se voient régulièrement, en complet, en CSO, en attelage...

Car le vrai dieu du stade, c'est l'argent. Les chevaux n'appartiennent que très rarement à ceux qui les amènent aux plus hautes marches. Et un jour, le propriétaire en décide autrement -c'est son droit. Charge aux cavaliers de se débrouiller pour dénicher un autre Stradivarius sur lequel jouer. S'ils ne trouvent pas, ils risquent de sombrer dans l'oubli. Comme Gal, peut-être, dont les premières sorties sans Totilas n'ont guère été renversantes. Ou comme Rath, dont on évoque déjà (simples rumeurs, bien sûr !) la possible répudiation...

Sic transit gloria mundi...Le sport équestre de haut niveau échappe d'autant moins à la règle qu'il suppose que deux athlètes soient au summum de leur forme en même temps, et au jour voulu. Les héros naissent, atteignent parfois l'apogée de la gloire, puis rejoignent d'autres héros dans les pages jaunies de l'oubli.

A quand un blog de soutien aux mécènes et sponsors ? Car c'est tout de même grâce à eux, à leurs moyens certes, mais aussi à leur passion, que s'écrivent, aussi, de belles histoires...

Photo de couverture : © Fotolia

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1 commentaire(s) »

celino :
Le 12/01/2011 à 08h41

Très bel édito!

Article publié le 14-12-2010

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