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L'effet abaisseur du mors de bride

On a coutume de dire que le mors de bride a un effet abaisseur : c’est, plus encore qu’un lieu-commun en matière d’équitation, une constante de l’enseignement que reçoivent tous les cavaliers instruits en France ou ailleurs.

Si l’on pose la question de savoir sur quelle partie du corps du cheval cet effet s’applique, la réponse fuse immédiatement : le mors de bride a un effet abaisseur sur la tête et l’encolure du cheval.

La réalité n'est elle pas plus subtile ?

Une telle réponse, me semble-t-il, fait l’économie de tout un pan de l’équitation fine, de l’Antiquité à nos jours, en négligeant la savante conception des mors à la recherche d’effets subtils : quelle subtilité y aurait-il à faire baisser une tête ou une encolure de cheval ? Un caveçon ou un licol peut tout aussi bien faire l’affaire.

Cette réponse fait sans doute aussi l’économie de la connaissance du cheval, en feignant d’ignorer l’anatomie fonctionnelle de la partie où se loge et s’applique le mors : la mâchoire.

Une thèse vétérinaire récente

Voici ce que nous trouvons dans une thèse vétérinaire récente (Valérie Delavenna, Thèse Vétérinaire Lyon 2003) concernant le sujet qui nous occupe :

« Le mors de bride agit sur la langue mais aussi par son appui sur les barres. Ce dernier point d’appui osseux implique une action sur des bras de levier articulaires […]. La première articulation sur laquelle ces mors agissent est l’articulation temporo-mandibulaire (ATM). La mandibule est le bras de levier ».(nous l’appellerons effet N°1)

Crâne de cheval
© T.Fuss
Schéma crâne du cheval
Le condyle de la mandibule glisse vers l'avant et s'abaisse quand le cheval ouvre la bouche. © Cheval Savoir

En second lieu, toute action sur le mors se traduisant par une pression de la têtière sur la nuque, l’effet abaisseur s’appliquerait sur l’articulation C0-C1, c'est-à-dire la nuque. (Effet N°2)

Interrogée, l’auteur de cette thèse avoue ne pas avoir pu procéder à une recherche scientifique au sens stricte du terme, faute de moyens techniques, mais être parvenue à cette évidence par observation et déduction logique, considérant tout à la fois la fonctionnalité du mors, sa position, la fonctionnalité de la mandibule en tant que point d’appui, et l’effet des cuirs du harnachement.

«La notion d’appui fait, dans le domaine équestre, l’objet d’une grande diversité d’interprétations»

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3 commentaire(s) »

eleonore :
Le 16/12/2010 à 17h50

Si la main légère est celle qui ne sent point l'appui du mors sur les barres, elle correspond au cas de figure "descente de main où le contact est rompu" tel que précisé dans le texte de l'Echelle de Progression par la FEI. Mr Franqueville, sommes nous autorisés à monter "en descente de main"?
Verrons nous jamais une main légère sur un rectangle de dressage?
N'est ce pas ce qu'on aimerait voir faire par ces cavaliers qui ont le temps, la patience et l'argent pour parvenir au plus haut degré de l'art?
Eléonore

line :
Le 16/12/2010 à 21h45

Article passionnant que j'ai lu plusieurs fois afin d'en comprendre toutes les finesses. Une question me vient à l'esprit au sujet de la muserolle : ne gênerait-elle pas le bon fonctionnement de l'articulation temporo-mandibulaire ?

eleonore :
Le 04/07/2011 à 11h06

Cet article confirme effectivement la nocivité d'une muserolle serrée. L'explication de l'effet du mors de bride et de la gourmette (effet de levier)appuyée par les citations de La Guérinière et de Newcastle, prouve bien que le jeu de la mâchoire, s'il n'est pas suffisant, est indispensable. Bien sûr, après, il faut l'entreprendre, ce cheval! décontracté ne veut pas dire mou! On est d'accord, Colonel!

Article publié le 16/12/2010

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