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De la théorie à la pratique : l'utilisation des outils théoriques pour corriger les difficultés concrètes (II)

Par Pierre Beaupère
Cavalier Professionnel et Professeur de Dressage


N°18 Février 2011
7 Commentaire(s)
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Nous avons vu le mois dernier les difficultés d'appliquer la théorie durant le travail quotidien de nos chevaux mais aussi le rôle de l'enseignement qui doit servir de guide et amener son élève à être le plus indépendant possible.

Nous avons d'autre part présenté différents cas concrets que nous allons analyser dans cet article, en vue de donner au lecteur un mode de raisonnement qu'il pourra utiliser à chaque fois qu'il est confronté à une difficulté. Le but, bien sûr, est de généraliser suffisamment pour que cette réflexion soit utile malgré l'infinité de cas de figure qui peuvent se présenter.
L'acceptation du contact

Loin de préconiser de monter un jeune cheval fraîchement débourré sans aucun contact, je vois souvent des jeunes chevaux qui présentent des défenses contre la main, depuis les coups de tête de haut en bas jusqu'à l'arrachage des rênes voire à la fuite dès que le cavalier tente de contrôler l'allure ou de placer le cheval.

Dès lors, que faire lorsque le poulain n'accepte pas la main? Qu'il donne des coups de tête, fuit ou tente de forcer la main dès que le cavalier tente de le placer ou même de raccourcir les rênes?

Bien sûr, nous considèrerons toujours que le cheval est sain et que les problèmes ne sont pas survenus soudainement ou suite à un traumatisme. Le mode de raisonnement que je vous propose implique qu'avant de vous demander quoi faire vous vous posiez un certain nombre de questions, qui prennent la forme de tiroirs.

Pourquoi n'accepte-t-il pas la main ?
[p]Beaucoup de cavaliers oublient qu'en cas de problème le Pourquoi est LA question à se poser. Bien sûr, si vous manquez d'expérience, vous ne trouverez pas la réponse. Mais il est important, en cas de difficulté, d'être capable de s'arrêter pour se poser la question plutôt que de s'entêter dans une voie qui n'amènera que plus de défenses et de contractions.

L'objet de cet article est justement de vous aider à y répondre.

Pour cela, nous allons revenir en arrière et ouvrir un premier tiroir. La réponse que nous trouverons nous amènera à ouvrir un nouveau tiroir contenant une autre question.

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7 commentaire(s) »

laponia :
Le 15/02/2011 à 22h10

Encore un très bel article, merci.

Je ne sais pas si cela a été abordé, mais quel serait l'échelle de l'âge idéale pour le travail d'un cheval ? Du débourrage (4 ans par exemple) au travail rassemblé (10 ans) ?

zaude :
Le 16/02/2011 à 10h52

La cadence du poulain me parait très rapide (impression qu'il se courre après), mais c'est vrai que le poulain semble émotionellement calme.
J'aurais pourtant l'impression qu'en diminuant la cadence il arriverait mieux à se relâcher pour venir s'étendre davantage... Qu'en penser?

pierrebeaupere :
Le 16/02/2011 à 22h54

Merci pour vos commentaires.

Pour répondre à Laponia, j'évite justement à tout prix de penser de cette manière car combien de fois ne voit-on pas des chevaux poussés au-dessus de leurs moyens pour justement correspondre à ce qu'ils devraient être capables de faire à tel ou tel âge?

C'est la raison pour laquelle je préfère penser en terme d'étapes, comme décrites dans les derniers articles. Le meilleur exemple de cela est le piaffé ou les changements de pied rapproché: certains chevaux sont très doués pour ces exercices et commencent à le donner très tôt. Si je peux y amener doucement le cheval sans surpasser ses limites, sans défenses et sans abîmer les étapes précédentes, pourquoi devrais-je attendre qu'il ait un âge bien précis pour jouer avec cet exercice? Mon Hannovrien Heydo commence à peine les appuyers mais au bout de deux semaines à raison de 5 minutes par jour à effleurer un postérieur puis l'autre, il avait compris la mobilisation en place et passait de l'arrêt à quelques foulées d'un très beau piaffé pour revenir à l'arrêt calme. L'exercice l'aide à s'arrondir et je pense qu'il aurait été dommage de m'en priver pour l'aider dans son travail.

C'est d'ailleurs un des aspects négatifs des compétitions pour jeunes chevaux qui à la base devaient être un guide pour éviter les erreurs en cours de dressage vers le Grand Prix et qui sont progressivement devenues un but en soi. Les jeunes chevaux doivent alors rentrer dans un moule contre lequel beaucoup se brisent.

Pour répondre à Zaude, la cadence est effectivement rapide mais personnellement j'aime voir les jeunes chevaux au sortir du débourrage légèrement trop rapides. Cela leur donne pour le reste de leur vie l'envie de se porter franchement en avant. Etant donné que Patrice nous a confié qu'il montait le cheval pour la première fois, je pense que c'était un bon choix que de le garder très en avant des jambes afin. A mon sens, la diminution de la vitesse va de pair avec le travail de décontraction et c'est le travail qui suivra celui que Patrice effectue sur la vidéo.

J'espère avoir répondu à vos questions.

Pierre.

laponia :
Le 16/02/2011 à 23h37

Merci de votre réponse.
Ma question était un sous-entendu vis-à-vis des compétitions justement, en tant que cavalière (et je ne suis pas la seule), on peut se perdre assez facilement dans ces normes qui régissent désormais trop notre environnement équestre.

zaude :
Le 17/02/2011 à 15h49

Merci pour votre réponse...rapide!

Mais dans l'histoire de qui de l'œuf et de la poule, faut il d'abord chercher une cadence plus lente pour décontracter le cheval, ou alors décontracter le cheval qui va alors prendre une cadence plus lente? (et dans le deuxième cas, comment faire? J'avais l'impression qu'en cherchant une cadence plus lente en se concentrant sur la respiration et la tenue du dos par exemple, on amènerait le cheval à respirer et à se cadencer dans un mouvement plus souple)
J'ai l'impression à la lecture de l'article que vous insistez sur que faire si le manque de décontraction vient d'un état de stress (désensibilisation & co) , mais dans ce las particulier de patrice et son nouveau cheval, vous ne relevez pas ce genre de stress (ce qui me semble humblement juste au visionnage de la vidéo), mais que le cheval n'est pas pour autant décontracté musculairement...

Donc que va continuer Patrice? :)

pierrebeaupere :
Le 01/03/2011 à 23h04

Je dirais que c'est la sensibilité de Patrice qui va lui indiquer dans quelle cadence il conviendra de travailler le cheval afin de commencer le travail d'extension d'encolure.

Une chose est sûre, il faut que le cheval finisse en extension maximale ET dans une cadence active, avec un cheval qui se pousse franchement vers l'avant. Avec certains chevaux un peu fébrile, il vaut mieux commencer dans une cadence lente puis augmenter progressivement, avec des chevaux plus mous, c'est dans une cadence plus active que le cheval se stabilisera dans une attitude basse.

Pour faire une réponse qui n'en est as une, je dirais que la meilleure manière d'éviter de se fourvoyer ou de ne pas aller au bout des choses est d'être capable au final d'exécuter cet exercice dans toutes les cadences imaginables, de très lente à assez rapide. Ainsi, le cavalier est certain qu'il contrôle réellement ce paramètre. C'est pour moi la seule règle générale: avoir suffisamment de disponibilités de la part du cheval que pour jouer avec toutes les nuances de gris entre le blanc et le noir.

Je reprends d'ailleurs la même logique pour ce qui est de la hauteur de l'encolure. Je cherche à pouvoir la placer exactement où je le souhaite, de tout en bas (en extension maximale), à tout en haut (attitude de présentation). Si je suis capable de passer de l'une à l'autre en baissant ou en remontant l'encolure centimètre par cantimètre, je suis certain qu'il ne subsiste aucun blocage ni aucune contraction.

Mais pour être plus précis, je conseillerais à Patrice de commencer ce travail dans une cadence plus lente, tout en gardant le cheval bien devant ses jambes car c'est un grand cheval et qu'ils ont généralement tendance à être un peu trop lent.

Comme toujours, pas de règle absolue, tout dépend du cheval et parfois même de la phase dans laquelle on se trouve. Il faut parfois ralentir durant quelques semaines et pousser ensuite... ou le contraire! Il faut essayer et sentir la meilleure manière d'aider le cheval, tout en gardant à l'esprit que le but final est toujours le même...

"Il y a beaucoup de chemins pour arriver au sommet d'une montagne, mais la vue depuis le somment est toujours la même" Kyra Kyrklund.

Pierre.

patrice :
Le 07/03/2011 à 12h00

Bonjour Pierre,

Effectivement, une vidéo est un outil de travail intéressant qui permet de gagner du temps. Je confirme le côté "surprenant" lors du visionnage d'une vidéo où l'on apparaît. C'est un peu comme écouter sa voix, mais je pense qu'il ne faut pas hésiter se jeter à l'eau pour comprendre tant qu'on reste dans une logique de collaborative car la connaissance s'enrichit quand on la partage.

Merci donc pour cet "oeil extérieur" riche en enseignement, en tout cas pour moi. Il va falloir encore se faire un peu violence pour appliquer les conseils proposés déjà au niveau de ma position, puis dans le travail du cheval, mais c'est une fois qu'on ressent de nouvelles sensations et les bénéfices des conseils qu'on se dit que ce qui ressemble pour les non initiés à un travail de répétition éternelle est en fait un laboratoire de recherche perpétuelle qui chaque jour apporte son enseignement.

Article publié le 11-02-2011

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