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L’obstruction de l’œsophage chez le cheval

Par les Drs. Vét. Benoît Tainturier1, Xavier Ribot2 et Jacques Martinet3


N°19 Mars 2011
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L’obstruction de l’œsophage – qui figure dans les vieux livres d’hippiatrie sous le vocable « d’empommage » – peut effectivement être due à la consommation d’une pomme entière ; mais le plus souvent, de nos jours, ce sont les granulés d’aliments complets qui sont responsables de ce type de pathologie. Dans tous les cas, l’obstruction œsophagienne doit être considérée comme une urgence en raison du risque de complications graves.

L’obstruction de l'œsophage, également appelée « engouement œsophagien » et dénommée « choke » par les Anglo-Saxons, est l’affection de l’œsophage la plus fréquente chez le cheval.

Elle est le plus souvent due à des composés alimentaires car les chevaux ingèrent rarement des corps étrangers.

Attitude du cheval
L'attitude typique du cheval atteint d'une obstruction œsophagienne. © Dessin Elcé

L’œsophage n’intervient pas directement dans la digestion des aliments. Son unique rôle est d’assurer le transport des aliments, de l’eau et de la salive jusqu’à l’estomac. L’œsophage du cheval adulte mesure de 125 à 150 cm. On peut distinguer une partie cervicale, une partie thoracique et une courte partie abdominale de quelques centimètres.

Les symptômes

Lorsque l’obstruction est due à une ration de granulés, les symptômes s’observent dans les dix minutes suivant la distribution du repas.

La plupart des obstructions primaires apparaissent brutalement en raison d’une obturation complète de l’œsophage. À l’inverse, les obstructions secondaires à une autre affection œsophagienne peuvent apparaître de façon insidieuse, au fur et à mesure de l’accumulation des aliments dans l’œsophage.

Le cheval se tient la tête tendue sur l’encolure, les muscles de l’encolure sont contractés et des efforts de régurgitation violents sont observés. Au bout de cinq à dix minutes, l’animal présente un jetage nasal alimentaire (écoulement nasal contenant de la salive et des aliments), un ptyalisme, une dysphagie, des tentatives répétées de déglutition.

«Une nourriture de consistance molle est progressivement réintroduite»

C’est cette présence d’aliment souillant les naseaux qui permet de porter immédiatement le diagnostic.
On peut parfois noter la présence d’une masse plus ou moins visible et palpable en région ventrale gauche de l’encolure.

Toutes les tentatives du cheval pour s’abreuver ou s’alimenter sont vaines. L’eau et les aliments sont rejetés par les naseaux, après un délai variable suivant la localisation de l’obstruction. Cette régurgitation d’aliments et d’eau, s’effectuant par les naseaux plutôt que par la bouche, s’explique par la longueur et le positionnement du voile du palais chez le cheval.

Moins fréquemment, sont observés de la toux, de l’anxiété, un phénomène de sudation, une extension de la tête et de l’encolure. Lorsque l’obstruction persiste (plus de 48 heures), le cheval peut être fortement déshydraté en raison de la perte continue de salive et de l’incapacité à s’abreuver.

Les causes des obstructions de l’œsophage

La plupart des obstructions œsophagiennes sont dues à une impaction alimentaire. Les aliments responsables sont principalement les granulés. En effet, les caractéristiques physiques des aliments industriels sont souvent mises en cause : granulés trop secs ou trop fins par exemple (en effet, le diamètre des granulés est un facteur pouvant influer sur la résistance à l’écrasement de l’aliment).

Les carottes
Les carottes et fruits doivent être coupés en rondelles ou quartiers. © L.Bataille

Mais l’obstruction de l'œsophage peut aussi être due à d’autres aliments : herbe issue de tonte de gazon, fourrages (herbe, foin et paille), carottes entières et petites pommes.

Les corps étrangers sont rarement responsables d’obstruction œsophagienne chez le cheval. En effet, la mastication du cheval, habituellement lente et minutieuse, ne le prédispose pas à l’ingestion de corps étrangers.

Les facteurs prédisposants

Parmi les facteurs pouvant prédisposer le cheval à ce genre de problème, on peut citer les affections dentaires, une nourriture de mauvaise qualité, un abreuvement insuffisant, une ingestion trop rapide de la ration, une affection préexistante de l’œsophage. Il est également dangereux de laisser le cheval avoir accès à la nourriture après une forte sédation : en effet, de nombreux tranquillisants modifient la motilité et/ou la contractilité de l’œsophage.

Plus rarement, les obstructions œsophagiennes peuvent être secondaires à une autre affection de l’œsophage. Ces obstructions secondaires sont dues à des anomalies (tumeur, sténose, diverticule, kyste, abcès, etc.) qui vont gêner le passage des aliments.

La plupart des obstructions surviennent dans la partie œsophagienne située à l’entrée du thorax. Ceci peut s’expliquer de deux manières : d’une part cette portion de l’œsophage se dilate moins facilement que la partie cervicale ; d’autre part la vitesse de transit du bol alimentaire est plus faible dans la partie thoracique.

Plus rarement, les obstructions peuvent survenir à mi-encolure ou dans l’œsophage thoracique.

Complications associées aux obstructions de l’œsophage

Lésions de l’œsophage

L’ulcération de la muqueuse œsophagienne est une séquelle fréquente des obstructions chroniques. Les petites zones d’ulcération guérissent généralement sans complication une fois l’obstruction levée. Les ulcérations étendues de forme annulaire peuvent être à l’origine d’une sténose œsophagienne, qui prédisposera le cheval à de nouvelles obstructions de l’œsophage. Une ulcération étendue avec sténose ultérieure de l’œsophage a de fortes chances d’apparaître si l’obstruction persiste plus de 3 ou 4 jours.
Les ulcérations de la muqueuse œsophagienne, les dilatations de l’œsophage (proximales ou sur le site d’obstruction) et les œsophagites sont des séquelles d’impaction œsophagienne qui prédisposent le cheval à une récidive.

Pneumonie par fausse déglutition

L’apparition d’une pneumonie secondaire par fausse déglutition est une complication possible de toute obstruction œsophagienne. Elle est due au passage de débris alimentaires dans les voies respiratoires du cheval. Il s’agit d’une complication potentiellement mortelle, qui compromet le pronostic vital à court terme. Chez certains chevaux, cette affection se manifeste par une fièvre et une halitose.
Le risque de pneumonie par fausse déglutition augmente avec la durée de l’obstruction : plus le traitement est tardif, plus le cheval risque de développer une pneumonie par fausse déglutition.

Le vétérinaire sera donc appelé sans délai. Dès les premiers symptômes, le cheval ne doit avoir accès ni à la nourriture ni à l’eau, afin de limiter le risque de pneumonie par fausse déglutition.
Le propriétaire peut placer le cheval dans un box sans litière consommable ou utiliser un panier à coliques.

L’intervention de l’homme de l’art

Un examen clinique minutieux, comprenant une exploration complète de la cavité buccale, doit être réalisé par le vétérinaire pour éliminer les autres causes d’hypersalivation, de dysphagie et de jetage nasal.

L’auscultation pulmonaire est indispensable pour rechercher une pneumonie secondaire par fausse déglutition, cette complication étant courante et pouvant survenir de façon précoce.
Le thorax peut être ausculté pendant que le cheval respire dans un sac. Cette méthode d’auscultation stimule la respiration profonde et rend les bruits pulmonaires plus audibles.
Une pneumonie de déglutition peut s’accompagner de fièvre.

Le diagnostic est confirmé par le passage d’une sonde nasogastrique qui vient buter sur l’obstacle. Cette méthode permet également de localiser l’obstruction.

Les examens complémentaires

L’endoscopie et la radiographie de l’œsophage ne sont généralement pas nécessaires pour établir un diagnostic d’obstruction œsophagienne. Mais ces examens peuvent être utiles pour déterminer la nature et la sévérité de l’obstruction œsophagienne. Ces techniques d’imagerie médicale permettent également d’évaluer l’intégrité de l’œsophage et des tissus avoisinants. Ces examens complémentaires sont indiqués en cas d’obstruction chronique ou récidivante.

Le pronostic est bon lors d’obstruction simple survenant pour la première fois et en l’absence de complication. Il est réservé lors de pneumonie par fausse déglutition. Il est mauvais si l’obstruction est due à une anomalie fonctionnelle ou morphologique, telle qu’une sténose de l’œsophage.

La sédation

La première étape du traitement est une sédation profonde.
La sédation permet de diminuer l’anxiété du cheval, d’assurer une contention chimique du cheval et de garantir une position basse de la tête, évitant ainsi les fausses déglutitions toujours possibles. Elle permet également de réduire les spasmes de l’œsophage provoqués par la douleur ou par l’augmentation du tonus œsophagien.
Les antispasmodiques peuvent également être utilisés pour provoquer une relaxation des muscles de l’œsophage.

Sondage naso-oesophagien.
Sondage naso-oesophagien. © Dessin Elcé

Certaines obstructions guérissent spontanément ou après un traitement médical. Cependant, ce dernier est parfois insuffisant et la résolution mécanique de la levée de l’obstacle doit être recherchée dans les plus brefs délais, afin d’éviter les complications évoquées précédemment.

Le lavage œsophagien

La deuxième étape du traitement est un lavage de l’œsophage avec de l’eau tiède. Ce lavage est réalisé par sondage naso-œsophagien, sur un cheval debout et fortement tranquillisé. Une sonde nasogastrique est introduite jusqu’au site d’obstruction. Une fois la sonde nasogastrique au contact de l’impaction, de l’eau tiède est administrée sous faible pression par la sonde. Le flux d’eau dirigé vers l’impaction doit être intermittent. Une pompe manuelle peut être utilisée, en gardant à l’esprit qu’une pression d’eau trop importante peut entraîner une rupture de l’œsophage. Il est également possible de réaliser une jonction manuelle de la sonde avec un tuyau d’arrosage, relâchée régulièrement.

«Un massage de l’œsophage par voie externe peut faciliter le délitement des aliments»

Un massage de l’œsophage par voie externe peut faciliter le délitement des aliments. Le lavage de l’œsophage permet de ramollir et de déliter progressivement l’impaction. Il est possible d’avancer progressivement la sonde au fur et à mesure du délitement du bouchon.

Parfois, la sonde nasogastrique s’enfonce dans l’impaction, le retrait du tuyau permet alors d’extraire de véritables « carottes» d’aliments.
Le vétérinaire prendra soin de ne pas exercer une force trop importante avec la sonde nasogastrique. En effet, repousser l’impaction avec force est rarement efficace et risque de provoquer des lésions de l’œsophage. C’est pourquoi la méthode traditionnelle du « bâton » autrefois utilisée en cas d’obstruction œsophagienne chez les bovins est évidemment à proscrire chez le cheval. Une obstruction de l'œsophage reste un accident potentiellement grave, et seul le vétérinaire, appelé en urgence, doit intervenir.

En cas de suspicion de pneumonie par fausse déglutition, une antibiothérapie à large spectre sera mise en place.
Des anti-inflammatoires non stéroïdiens peuvent être utilisés pour lutter contre la douleur et contrôler l’inflammation sur le site de l’obstruction.

Dans les cas rebelles, le praticien aura peut-être recours à des techniques plus lourdes comme le lavage naso-œsophagien sous anesthésie générale, ou même la chirurgie. Néanmoins, le recours à la chirurgie est rarement nécessaire.

La convalescence

Après la levée de l’obstruction, une alimentation adaptée est essentielle. En effet, le risque de récidive est élevé pendant 24 à 48 heures, voire plus, suivant la durée de l’obstruction et le degré de traumatisme ou de dilatation de l’œsophage.

Panier à coliques
Le cheval sera équipé d'un panier à coliques afin d'empêcher toute ingestion alimentaire. © L.Bataille

À ce stade, l’endoscopie est un examen particulièrement utile pour rechercher d’éventuelles lésions de l’œsophage.

Dans tous les cas, il est recommandé de mettre le cheval à jeun pendant 24 à 72 heures, suivant la présence ou non de lésions œsophagiennes.

Pendant cette période, seule de l’eau est mise à la disposition du cheval. La litière de paille est remplacée par des copeaux de bois ou le cheval est équipé d’un panier à coliques.

«Du sel peut être ajouté à un mash pour compenser la perte de minéraux due à l’hypersalivation»

Lors d’une obstruction chronique (plus de 48 heures), la perte de salive peut s’accompagner d’une perte de minéraux. L’addition de sel dans la ration suffit généralement à corriger ces déséquilibres. Le sel peut facilement être ajouté à du mash, qui constitue une nourriture adaptée.

Une nourriture de consistance molle est réintroduite pour permettre une mastication aisée. Il est possible de distribuer par exemple des granulés préalablement trempés dans l’eau (un volume de granulés dans un volume d’eau), ou encore du barbotage ou du mash.

Le foin
Le foin sera très progressivement réintroduit dans la ration. © L.Bataille

Une autre alternative est la mise au pré afin que le cheval s’alimente d’herbe fraîche. La ration sera progressivement plus ferme et plus sèche, puis le foin est réintroduit. Cette réalimentation progressive sera étalée sur deux ou trois jours, dans les cas simples, et jusqu’à quatre à six semaines dans les cas chroniques qui s’accompagnent de lésions de l’œsophage. Lors de sténose de l’œsophage, il peut être nécessaire de distribuer une ration spéciale pendant le reste de la vie du cheval.

Enfin, il ne faut pas oublier de traiter ensuite la cause primaire de l’accident si elle a été trouvée : par exemple, un nivellement dentaire dans un cas d’impaction de fourrage.

Prévention des obstructions de l’œsophage
    • Distribuer du foin de bonne qualité

    • Faire faire un nivellement dentaire régulier

    • Veiller à ce que le cheval dispose en permanence d’eau fraîche à volonté

    • Nourrir séparément un cheval qui ingère trop vite sa ration par compétition avec les autres chevaux.

    • Prendre des mesures simples visant à ralentir l’ingestion des granulés : placer un bloc de sel ou une pierre dans la mangeoire d’un cheval glouton, ou disperser la ration de granulés sur le sol du box.
Les pommes
Les pommes seront systématiquement coupées en quartiers, surtout si elles sont petites. © L.Bataille
    • Lorsqu’un cheval est fortement tranquillisé, retirer la nourriture et la litière de paille, ou équiper le cheval d’un panier à coliques.

    • Chez les chevaux âgés ou ayant déjà eu une impaction alimentaire, choisir des granulés de plus fort calibre, ou les humecter d’eau tiède avant la distribution.

    • Changer éventuellement de marque de granulés : selon leur composition, les produits se délitent plus ou moins vite, ou sont plus ou moins appétents (présence de mélasse donnant un goût sucré) et donc mangés plus gloutonnement.

    • Couper les pommes et poires en quartiers, les carottes en grosses rondelles.

  • Ne pas donner de gros morceaux de pain frais.

1. Dr. Benoît Tainturier, Vétérinaire des armées, Régiment de cavalerie de la Garde républicaine.
2. Dr. Xavier Ribot, Vétérinaire en chef, Régiment de cavalerie de la Garde républicaine.
3. Dr. Jacques Martinet, Vétérinaire en chef, Secteur vétérinaire de Poitiers.

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2 commentaire(s) »

dust :
Le 05/04/2011 à 22h54

mon cheval a fait une obstruction oesophagienne alors que je l'avais emmené avec moi en déplacement et mis dans un box de centre équestre et ce,au bout d'une semaine de pension et je pense que c'est effectivement la taille des granulés(trop fins)qui était responsable d'autant plus qu'à la maison,il avait surtout des floconnés car en plus c'est un tiqueur.Depuis ,à la maison,sa ration est de 1/2granulés(gros)+1/2floconnés et si je l'emmène,j'emporte des floconnés; ses dents sont vues tous les ans mais attention aux dentistes,ils ne sont pas toujours efficaces .

Pascal [invité] :
Le 17/03/2017 à 21h47

Très bonne étude, à laquelle je souhaite en tant que vétérinaire apporter quelques éléments complémentaires quant aux origines de l'empommage et à leur prévention:
1°/ l'ingestion en hauteur diminue le temps de broyage des aliments (en plus en favorisant les surdents pour encore aggraver le déficit de broyage, utile également pour produire de la salive parotidienne riche en bicarbonates), favorise le stockage avant déglutition d'une grande quantité d'aliments dans l'arrière-bouche, et atténue progressivement la musculature de l’œsophage, beaucoup moins sollicité que lors d'ingestion au sol qui nécessite une remontée des aliments environ 1 mètre plus haut (toute musculature peu utilisée fond progressivement);
2°/ l'ingestion trop rapide des concentrés prédispose à l'hyper-acidité gastrique et favorise ainsi la boulimie, car manger plus vite supprime plus vite, mais momentanément et en les aggravant, les brûlures gastriques liées à un excès d'acide gastrique:le manque de salive de mastication, riche en eau et bicarbonates) est comblé par un excès de suc gastrique (eau + acide chlorhydrique), ce qui hyper acidifie le contenu stomacal;
3°/ une bonne prévention, qui s'est révélée toujours efficace après répétition d'empommages, passe par l'utilisation d'un distributeur à débit limité et réglable de concentrés (type PIPOLINO*) posé au sol.

*Nom commercial à effacer si l'administrateur du site le juge nécessaire, mais je ne connais pas d'autre instrument permettant les mêmes effets.

P.S.: les tics sont d'autres façons pour le cheval d'essayer de lutter contre les gastralgies par hyperacidité gastrique (qui s'aggrave par l'apparition d'ulcères gastriques), plus que pour lutter contre l'ennui comme on le pense fréquemment. D'ailleurs, les coliques gastro-duodénales restent fréquentes sur les chevaux équipés de dispositifs anti-tics apparemment efficaces. La lutte contre l'ingestion rapide de concentrés est primordiale pour la santé et le bien-être des chevaux.

Article publié le 30-03-2011

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