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Eloge de la lenteur


Par Laetitia Bataille, Rédactrice en chef.


N°20 Avril 2011
1 Commentaire(s)
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Prenez les notions de développement durable, écologie, énergie renouvelable, valorisation du cheval... mettez tout cela dans un sac et secouez. Qu'en reste-t-il ? Un mic-mac d'idées floues, qui paraissent irréalistes, passéistes ou utopistes.
Et pourtant...

Tout le monde le sait, beaucoup le disent : on ne pourra pas éternellement continuer "comme ça". Avec des énergies fossiles de plus en plus rares et des énergies modernes non renouvelables qui peuvent, comme cela vient d'être le cas, donner la preuve d'une dangerosité... renouvelable.
Il faut toujours raison garder. Certes on ne reviendra pas à la bougie et le cheval de trait ne remplacera pas le cheval-vapeur.

Mais, nous le sentons bien, il nous faut limiter la consommation, la gabegie, la folie... Le développement durable alimente les conversations, mais pas toujours les hommes. Ceux qui font le choix courageux d'utiliser le cheval pour débarder du bois ou labourer une (toute petite) parcelle ont bien du mal à joindre les deux bouts.

Malgré cette apparente irrationalité, des initiatives se multiplient : certaines municipalités jouent le jeu, et ont recours au cheval de trait pour d'humbles et utiles besognes urbaines. C'est une goutte d'eau dans la mer, mais elle est précieuse.

Mais n'est-ce pas aussi à nous, cavaliers et amoureux du cheval, d'agir à notre niveau, en pensant notamment à la sauvegarde des races de trait ? En leur donnant une place dans nos attelages (un beau Percheron est aussi gratifiant qu'un quelconque demi-sang) dans nos randonnées (un cob normand peut constituer une excellente monture) dans nos clubs, par exemple pour des travaux comme l'enlèvement du fumier ? Certes, l'entretien d'un cheval dédié à cette fonction coûte cher (mais l'essence engloutie par le tracteur est-elle bon marché ?) Et puis, garnir et atteler fait perdre beaucoup de temps...

Le temps. Dans une vie où nous courons sans cesse, la lenteur n'est-elle pas en soi une forme de repos ? Les grands voyageurs à cheval (qui seront mis à l'honneur durant le Festival "Chevaux du Monde" qui se déroule à Compiègne) ont su faire le choix de se déplacer au pas d'un cheval. Un luxe, sans doute. C'est également ce rythme que nous suggère la Journée nationale d'attelage de loisir, le 17 avril.

Destiné à contrebalancer le "fast food", le mouvement "slow food", né en Italie, se développe. Il prône les produits de qualité et les techniques agricoles qui leur sont associées. Luxe encore ? Non. Un bon fromage de chèvre coûte moins cher qu'un mauvais steak (lisez notre rubrique "livres").

Et si par le biais du cheval et de l'art de vivre qu'il permet, la lenteur était le seul luxe vraiment utile ?

Photo de couverture : © Charly Debray.

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1 commentaire(s) »

revneyev :
Le 22/04/2011 à 20h34

Très bel article.

Article publié le 11-04-2011

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