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Cercles et voltes : équilibrer et diriger le cheval par les jambes

Par Pierre Beaupère, Cavalier professionnel et Professeur de dressage.


N°21 Mai 2011
5 Commentaire(s)
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Nous avons vu le mois dernier comment contrôler les épaules du cheval sur le cercle et la volte. le rôle des jambes n'en est pas moins essentiel et c'est ce que nous allons étudier plus spécifiquement aujourd'hui.

Je terminais mon article du mois dernier en évoquant une expérience faite avec un cheval mis à la doma vaquera* qui m'a permis de mieux comprendre le rôle des jambes dans les cercles et voltes. En effet, j'avais très vite senti que si je posais ma main au-dessus du garrot de ce cheval et l'encadrait délicatement de mes jambes, en lui indiquant le sens du mouvement par l'assiette, je pouvais alterner les voltes des deux côtés et les lignes droites sur des rênes flottantes. Dès lors, comment obtenir un contrôle des épaules suffisant pour que le cheval effectue bien les cercles ?
Si ce point sera traité en détail dans la série qui suivra et traitera de la rectitude, voici en simplifié la méthode que j’utilise et qui donne assez vite d’excellents résultats.

«Le but est de pouvoir réaliser ces exercices avec une main qui ne pas et certainement pas en passant la main par dessus l'encolure»

L’idée est que le cheval ne peut maintenir un cercle correct qu’aux conditions qu’il maintienne une répartition égale du poids supporté par les antérieurs, c’est-à-dire qu’il ne charge pas plus une épaule que l’autre, et qu’il soit capable de se ployer suffisamment que pour que le cavalier puisse imprimer à son corps l’incurvation nécessaire pour effectuer une ligne courbe.

Flexions et contre-flexions

Il est relativement facile d’obtenir ces deux conditions par les contre-flexions. Pour cela, il est important de considérer que la flexion implique un étirement des muscles du côté opposé à la flexion.

Aérobic
L’image de l’aérobic, le côté gauche s’étire et les muscles du côté droit se contractent. © Pierre Beaupère

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5 commentaire(s) »

janebooker :
Le 25/05/2011 à 10h09

Bonjour, bel article, tjrs aussi intéressant et précis!

J'ai néanmoins une question naive ;-) Vous écrivez: "Lorsque vous sentirez que votre jambe intérieure à la flexion est capable de faire tourner le cheval, tout en gardant le pli et la décontraction de la bouche, vous pourrez tenter d’effectuer un grand cercle avec une flexion à l’extérieur. C’est ainsi que vous obtiendrez un premier contrôle des épaules." -> dans ce cas, le cheval tourne donc grace à la jambe intérieure (à la flexion) qui pousse les épaules et non pas grâce à la rêne intérieure (au cercle, soit la rêne d'ouverture).

Puis plus loin: "Je vais alors pouvoir effectuer des cercles avec un pli intérieur. Ma jambe intérieure doit être capable d’envoyer les épaules du cheval légèrement vers l’extérieur du cercle, comme si je souhaitais l’agrandir." -> par quel miracle (et quelles aides ;-) le cheval comprend-il qu'il doit faire un cercle avec pli à l'intérieur (obtenu grâce à la jambe intérieure comme décrit plus haut) alors qu'on vient de lui faire faire l'excerice du cercle avec flexion extérieure où c'est la jambe opposée au sens du cercle qui oriente sa direction? La rêne d'appui?

Merci d'avance de votre réponse

pierrebeaupere :
Le 25/05/2011 à 23h32

Bonjour Jane,

C'est une excellente question et cela me fait sourire car deux élèves m'ont posé la même cette semaine! J'ai effectivement peut-être fait l'impasse sur quelque chose d'instinctif et vous avez très bien relevé ce manquement.

Toutefois, je pense que vous pourrez répondre à la question de vous même...

En effet, j'insiste sur l'importance des jambes pour tourner. Je vois bien que cela contre-dit légèrement votre expérience où c'est avant tout la main qui dirige (vous m'excuserez si je fais là un raccourci facile). Toutefois, il reste une aide primordiale qui n'a pas été citée, celle qui est bien souvent très instinctive dans son utilisation...

Je parle du poids du corps bien sûr, et plus précisément de la direction vers laquelle on envoye celui-ci et de la rotation du buste. Facile à dire comme cela et difficile à expliquer uniquement par des mots (je viens de terminer une séance photo qui illustrera bientôt toutes ces idées). N'oubliez pas que votre position DETERMINE (le mot est le plus imagé à mon sens) le sens du mouvement. Et si la jambe peut agir de nombreuses manières différentes et effectivement indiquer au cheval le sens du mouvement, indépendemment du fait qu'elle demande la flexion, son action reste très liée au poids du corps et à la rotation du bassin.

J'aime expliquer aux élèves que leur nombril est comme un pointeur laser, qui indique la direction du mouvement et que leur poids du corps, sans qu'ils ne tombent d'un côté ou de l'autre, entraîne le cheval avec eux.

Pour ressentir tout cela, je vous conseille, en fonction de votre expérience et du niveau de dressage de votre cheval, de tenter de faire des cercles dans le pli intérieur et dans le pli extérieur avec soit les deux rênes dans la main gauche, soit une rêne dans chaque main (mais dans les deux cas les rênes assez ajustées pour avoir le cheval en main) en les fixant juste au-dessus du garot (l'idéal est carrément de les poser SUR le garot) et de vous interdire de les utiliser pour le cercle ou la flexion.

Vous verrez alors que naturellement (en principe!) vous utiliserez votre position (par une rotation du buste, comme une vis) pour diriger le cheval.

Et soyons honnête, il est évident que si je dis dans l'article qu'il faut tenter d'éviter d'utiliser la main, celle-ci vient au début en renfort de la jambe, mais il est très important de parvenir petit-à-petit à s'en passer.

J'espère avoir été clair et avoir répondu à votre question.

Pierre.

bezencpi :
Le 27/05/2011 à 08h28

Bonjour Pierre,
Belle démonstration de tact relationnel, en sus de l'équestre certainement ;-)) Merci de votre réponse, très claire; il suffit parfois de lâcher prise pour tourner dans le bon sens!
By the way, je ne suis pas Jane (ni Tarzan), mais Pierre également! Les machines s'emmêlent parfois les bytes comme nous les mains, c'est rassurant...
Belle journée,
Pierre

zaude :
Le 22/11/2011 à 13h01

Bonjour,

à la lecture de cet article, je retrouve une question que je me suis posée en lisant Oliveira : faire céder le cheval à la bouche difficile par l'éperon...

Je monte parfois (assez rarement il faut dire) un cheval à la bouche très dure (il donne très bien des cessions de mâchoires à pied, mais dès qu'il est en mouvement, il lui faut beaucoup de temps pour donner la mme cession, voir un peu de force, et avec la répétition de la demande, on n'a pas l'impression qu'il s'allège réellement, ça le braque surtout on dirait... par contre les arrêts et les reculers dans le placé nez au vent sont faciles) et du coup à la lecture de votre article, je me demande quelle progressivité mettre en place pour travailler à l'éperon...
:)

stephnello :
Le 26/09/2012 à 14h32

J'ai vaguement expérimenté cela l'an dernier sur George et Ted, deux chevaux à la bouche dure et habitués à un contact en force. Ils avaient fort tendance à s'appuyer également et savaient bien comment crisper le cavalier lol. Bref finalement au lieu d'y réagir par les mains, quand j'en ai eu l'occasion, j'ai tâché de faire passer toute mes demandes par les jambes et l'assiette d'abord. J'ai vite constaté dans les courbes que comme pour mon propre cheval ils ont vite donné un pli sur un vibration de la jambe (pas d'éperon pour moi, jambes trop peu fiables), sans les mains... Et que plus ils étaient réceptifs à mes jambes plus ils s'allégeaient en bouche, jusqu'à enfin avoir un contact moelleux et léger.

Tout ça était très instinctif et je cherchais la facilité comme d'hab' en ce que je contournais le souci (bouche-mains) en bossant autre chose (tête-jambes) pour revenir ensuite quand la tête s'était décontractée avec le reste...

Bref je continue ma lecture passionnée!

Article publié le 09-05-2011

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