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Le dos de la coiffeuse

Par Laetitia Bataille, Rédactrice en chef.


N°21 Mai 2011
2 Commentaire(s)
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Il y a des jours avec et des jours sans, des jours où nos chevaux regimbent, renâclent, rétivent. Ou bien c'est nous qui nous avons le sentiment de ne plus rien savoir. La pleine lune sans doute, qui, c'est bien connu, énerve les gens et fait naître les poulains... Du rose et du noir.
Des contrastes. Des foules immenses sur une place pour fêter la béatifcation d'un homme, des foules immenses le lendemain dans les rues pour "fêter" la mort d'un autre homme, des foules immenses pour acclamer des jeunes mariés. Tout ça en quatre jours. On ne sait plus où regarder ? Eh bien si : devant soi.

Tout récemment, une coiffeuse, tout en essayant de tirer quelque parti du crâne de sa cliente, donnait un cours à une stagiaire. "Pour bien couper, tu dois prendre la mèche comme ça, pas comme ça. Et puis, surtout, il faut que tu te tiennes droite ! Comme ça !" Et la Coiffeuse-en-titre étire l'arrière de sa colonne vertébrale, se grandit, sans lever le menton. Et moi je pense aussitôt à Kevin Staut, à son dos magistral sur le plat comme sur l'obstacle ; le dos des très bons : c'est le même dos chez Navet, chez Félix Brasseur quand il fait faire une épaule en dedans à son attelage à quatre ; le dos des jockeys de course quand ils ramènent le cheval au pas aux balances, le dos des écuyers portugais quand ils ne cherchent pas à faire du dressage de compétition, le dos des plus humbles cavaliers espagnols chez lesquels la fierté à cheval est instinctive. Le dos d'Irina Kolesnikova, danseuse étoile du ballet de St Petersbourg (une autre idole, comme Kevin Staut).

Car là est le secret de l'équitation, de la danse, du chant. Le dos qui sert de "mât" intérieur. Et le dos qui commande le regard, ce fameux regard loin dont on parle toujours en équitation, mais qui, à lui seul, ne suffit pas ; c'est le dos qui compte, et c'est lui qui dirige le regard.

Même dans les "jours sans" cela change tout. Cela aide à couper les cheveux, cela bluffe les chevaux, et nous, cela nous booste. Heureusement qu'il existe des mots anglais pour traduire ces nuances qui échappent à notre vieille tradition française, où il était de bon ton de ne pas trop la ramener... surtout à cheval !

Photo de couverture : © Ekaterina Druz/Fotolia.

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2 commentaire(s) »

eleonore :
Le 12/05/2011 à 11h07

Superbe!

bellou :
Le 16/05/2011 à 18h23

ceci n'est que trop vrai. quand on a compris (et ressenti) l'importance du dos on a fait un grand pas en équitation!

mika :
Le 24/05/2011 à 09h43

Bravo, maintenant, à chaque fois que j'irai chez le coiffeur, j'aurai un sourire en coin que personne ne pourra comprendre...

carolinne :
Le 01/06/2011 à 13h43

Oui, oh oui et, qu'est-ce qui nous permet le dos étiré vers le haut en toutes circonstances ? Le dos stable ? Le dos libre de fonnctionner ?... La structure osseuse en équilibre, stable dans le mouvement ? Et qu'est-ce qui permet de sentir cela ? Le soutien des abdos qui accorde l'applomb du bas et l'étirement du haut. C'est mon expérience!!

Article publié le 11-05-2011

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