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Hippomanie

Par Laetitia Bataille, Rédactrice en chef.


N°22 Juin 2011
2 Commentaire(s)
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Jean Louis Gouraud (que j'aime bien et dont j'admire la plume alerte trempée dans l'humour) a commis récemment un livre d'un kilo 180 grammes (je l'ai pesé). Sujet de ce divertissant pavé : l'hippomanie*. Autrement dit l’amour du cheval. Ce n'est pas une maladie honteuse, précise l'auteur pour nous rassurer. Tout en reconnaissant calmement que “le cheval rend fou". A priori, les lecteurs de CS sont tous atteints de cette affection (dans tous les sens du terme) qui nous pousse à sortir la nuit de notre lit, pour aller en pyjama voir s'il reste de l'eau dans l'abreuvoir (depuis deux heures, cela nous tenait éveillé : un cheval qui a soif, cela peut avoir des coliques de stase...etc).

Bref, nous ne comptons pas nos efforts, nos sacrifices financiers énormes et parfois imprévus (du cheval-coup-de-cœur au cheval-à-sauver-de-l'abattoir, de la note de vétérinaire au van qui lâche). Tout cela nous met sur la paille, mais peu importe dès lors que notre cheval l'est aussi et dort du sommeil du juste (bien qu'il nous ait, cet après-midi, désarçonné un peu perfidement, le brigand...) Mais l'hippomane est miséricordieux par essence envers l'objet de son amour, de sa fierté et de tous ses désirs....

Des désirs assez rarement réalisés. Car l'équitation, c'est le moins que l'on puisse dire, n'est pas toujours tendre. Mais qu'importe : elle permet à nos rêves d'exister, d'être formulés et embellis au cours de ces repas de cavaliers strictement inaccessibles aux gens normaux (ces derniers sont exclus de facto des conversations où il n'est question que de faute de couverture, d'épaule en dedans, de taxi et de georgette...)

Nous, les hippomanes, hippomaniaques même, nous en redemandons. Nous n'avons qu'un crainte : ne plus pouvoir, un jour nous hisser sur ce dos pourtant peu accueillant de prime abord. Nous envisageons déjà, si d'aventure nos vertèbres nous faisaient grise mine, un recyclage dans l'attelage (erreur profonde : l'attelage tue les vertèbres plus sûrement que l'équitation). Mais l'hippomane vit de projets.
Il est insatiable. Et heureusement, son addiction, loin de lui fermer des portes, lui en ouvre de multiples.
Gide disait "J'ai mille hommes en moi et je ne peux me résoudre à en être un seul". En matière d'équitation, la diversité est telle que l'on peut suivre ses inspirations, tâter de toutes les disciplines, caresser tous les espoirs. En multipliant les chances de les réaliser. Et en se réalisant soi-même.

*Jean-Louis Gouraud emploie le mot hippomanie (qui peut avoir plusieurs significations) dans le sens donné en premier par Littré : "Goût passionné pour les chevaux."

Photo de couverture : © Alexis Callaloo/Fotolia.

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2 commentaire(s) »

quitus :
Le 20/06/2011 à 08h16

Bonjour
A propos de diversité et de 'tâter de toutes les disciplines",il existe un champs équestre autre : la voltige sur le cercle.Des hommes et des femmes s’investissent pour la faire vivre et chaque année apportent au pays des médailles trop souvent négligées au profit du CSO.La voltige est un "Sport Equestre" ,les chevaux sont des athlètes montés sur le plat et longés par des professionnels,les voltigeurs des cavaliers en parfait équilibre.
Le travail à la longe est transversal à toutes les disciplines équestres, alors j’espère que CS saura s'ouvrir à un autre regard, nous avons besoin de votre écoute !
F.DEFREMONT

laetitia :
Le 20/06/2011 à 21h40

Bonjour

La voltige sous toutes ses formes fait bien sûr partie de la diversité des sports et pratiques équestres, et nous sommes tout à fait ouverts à en parler. Ce qui est d'ailleurs déjà chose faite (en partie) car nous publions dans ce numéro, dans la rubrique "Le point sur..." l'avis de différents spécialistes sur le travail à la longe. Et pourquoi pas prochainement un dossier...
Merci de votre intérêt pour notre revue !
Laetitia Bataille

Article publié le 16-06-2011

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