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Serrer la muserolle…

Par le Colonel Christian Carde*.


N°22 Juin 2011
9 Commentaire(s)
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A la suite d'une déclaration dans la revue australienne « Horse Magazine », notre Conseiller technique, le Colonel Carde, s'exprime à la Tribune de Cheval Savoir sur le sujet délicat de la muserolle... si souvent outrageusement serrée jusqu'à l'inadmissible.

A une époque de carence dans les débats sur l’équitation, réduits pour le Dressage à "pour ou contre le Roll Kur" (les favorables et les opposants à cette technique campant d’ailleurs sur leurs positions) la récente déclaration du Dr. Möller dans la revue Australienne « Horse Magazine » ne manque pas d’intérêt car elle porte sur un aspect essentiel de la pratique équestre, le contact.

Cet éminent dresseur et présentateur de jeunes chevaux, qui fait autorité en Allemagne, a affirmé, lors d’un stage en Australie, qu’il fallait « fermement serrer la muserolle des jeunes chevaux ».

Serrer la muserolle
"Ne pas serrer la muserolle entraînerait des problèmes de langue..." Cette photo tend à prouver le contraire. © D.R.

Sa justification est pour le moins surprenante :

  • Serrer la muserolle permettrait le bon contact et conduirait le cheval à se soutenir (self carriage).
  • Ne pas la serrer suffisamment pourrait entraîner des problèmes de langue difficiles à résoudre par la suite.

Ulf Möller ne pouvait pas suggérer plus clairement que la relation entre la main du cavalier et la bouche du cheval devait être ferme, la muserolle bloquée empêchant toute réaction inopportune de bouche ou de langue. Voilà qui éclaire sur la nature du contact tel qu’il est presqu’unanimement recherché dans le Dressage de compétition, que ce soit avec les jeunes chevaux ou avec les moins jeunes.

«Cet article de Horse Magazine souligne une dérive qui s’éloignerait tout autant de l’Ecole romane que de l’Ecole germanique»

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9 commentaire(s) »

janebooker :
Le 25/06/2011 à 16h03

On dit que le mouvement de décontraction de la bouche correspond à une mobilisation de l'ATM avec un mouvement de déglutition avec salivation.... Cela ne semble pas très possible à obtenir avec une muserolle fermée serrée. Il est difficile d'avoir une bonne main et l'on se rend compte qu'avec une muserolle non serrée, soit on perd une fixité obtenue en partie par la contrainte de la muserolle et un fort contact de la main, soit, oh miracle, certaines défenses disparaissent...fonction de la sensibilité du cheval.
Aussi j'aurais tendance à penser que problème de muserolle = problème de main.
Alors comment travailler sa main?
Personnellement, je me trouve assez "sourde" de la main....et serai assez avide de conseils dans ce domaine..

tchiquita :
Le 27/06/2011 à 08h56

tchiquita :
Tout à fait d'accord avec l'ensemble de votre article, sauf sur un point : quand vous parlez d'une main maladroite ou dure quand un cheval tire la langue. Je possède un Franches Montagnes de 12 ans que j'ai acheté à 4 donc que je connais parfaitement bien. Il est monté et attelé et " tire la langue ". Après des années de questionnement et de mors essayés je suis convaincu que c'est psychologique. En effet, en travail extérieur, avec des rènes ou guides au contact tout va bien, dès que l'on rentre dans un manège ou une carrière d'attelage pour un travail qui ne va pas lui plaire et avec le même contact, ça y est il tire la langue ! Et ce quelque soit le cavalier ou le meneur. Maintenant, si un lecteur connait une solution miracle je suis extrêment attentif à toutes réponses. Ce cheval ne sait pas ce qu'est une muserolle.

eleonore :
Le 30/06/2011 à 11h55

Cet article nous renvoie à votre article sur l'effet abaisseur du mors de bride (N°16)en répondant à un commentaire au sujet de la muserolle qui empêcherait le jeu normal du mors, à l'instar d'un caveçon mal ajusté, comme le souligne La Guérinière.
Mais voilà: les entraîneurs veulent que "la mâchoire n'ait rien à dire" (c'est une citation de l'un des plus connus d'entre eux, et qui officie beaucoup en France). Si elle n'a rien à dire, que font-ils donc tous avec un mors à levier? Ils leur font baisser la tête, à ces fiers chevaux, et leur offrent, avec leur main, une cinquième jambe obligatoire... Histoire, peut-être, d'avoir à intervenir énergiquement avec les jambes pour tenter de restaurer l'équilibre compromis. Au moins, ça, c'est du sport!
Merci Colonel!

C.Carde :
Le 30/06/2011 à 21h19

Notre longue tradition équestre a conduit le général Decarpentry a définir la mise en main comme la "décontraction de la bouche dans la position du ramener". Superbe héritage. Il faut lire le chapître d'"Equitation Académique" qui en traite et s'en pénétrer. C'est un guide excessivement précieux pour qui veut progresser dans la haute école. Personnellement je ne peux pas monter 5 minutes sans que l'obsession de la mise en main m'assaille. Mais il est vrai que je la ressens comme indissociablement liée à l'équilibre et à l'activité (impulsion) sans quoi elle est un leurre. Sans elle c'est tout un pan de notre tradition qui s'efface.

janebooker :
Le 01/07/2011 à 15h12

Enfin ! Voilà un article qui confirme mon intuition et ma pratique. J'ai toujours refusé (malgré les pressions des enseignants) de serrer la muserole, au point de l'avoir supprimée. Ne doit-on pas essayer de se faire "oublier" le plus possible sur le dos de son cheval ou aux bouts des guides ?
Il me semble que cette contrainte (qui peut même être une torture dans certains cas, cf les photos)est preuve d'une absence de remise en question de sa façon de monter ou d'atteler. C'est le signe flagrant d'un manque de confiance envers son cheval et, surtout, de travail de la part du cavalier ou meneur.

janebooker :
Le 04/07/2011 à 07h45

La muserolle, à mon avis, peut éventuellement avoir une utilité avec de jeunes chevaux dont la bouche n'est pas encore tout à fait éduquée pour limiter (et non pas empêcher !) l'ouverture de la bouche et ainsi éviter que le mors ne sorte lors d'une incompréhension du poulain, une distraction de sa part, une envie d'aller ailleurs etc... Encore que j'ai l'intuition que cette utilité va diminuer avec la qualité de la préparation et celle du cavalier...
Les chevaux présentés en compétition de dressage (ou autre d'ailleurs) sont bien au delà de ce niveau et devraient donc pouvoir se passer entièrement de muserolle.
La notion de "suffisamment lâche" portera toujours à controverse, tandis qu'il est beaucoup plus simple de simplement constater l'absence ou la présence de muserolle

ninie :
Le 19/07/2011 à 13h43

Malheureusement on assiste à un retour de la muserolle allemande. Sale temps pour les chevaux ! Un point supplémentaire qui mérite d'être précisé : en plus de bloquer la machoire, une muserolle basse trop serrée empêche de respirer convenablement. Des trottings en apnée, j'en vois trop souvent...

bleu :
Le 31/10/2011 à 00h55

La muserolle s'appelle ainsi mais peut être que son nom ne traduit pas son effet. J'utilise un mors l'hotte et le cheval écume beaucoup, signe d'activité de la bouche. Pourtant, la muserolle est ajustée. La muserolle n'a pas qu'un simple rôle de fermeture et sert à ouvrir plutôt qu'à fermer. Elle est le butoir avant qui, couplé avec la gourmette, butoir arrière permet à l'ensemble de produire l'effet d'ouverture. Plus on pratique, plus le cheval détend la muserolle qui doit être réajustée. Elle est un élément pour un effet d'ensemble. Prise à part, elle s'appelle ainsi. Utilisée à jute titre, elle produit un effet positif.

bruneelponcha :
Le 01/11/2011 à 22h27

réponse à bleu : C'est une blague ?

Article publié le 23-06-2011

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