Les robes chez le cheval ibérique
N°22 - Juin 2011
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Mais le cheval péninsulaire peut aussi se présenter sous des robes très variées. Et contrairement à une idée tenace, le standard du PRE admet désormais toutes les robes et particularités.
Le standard du pur-sang lusitanien n'est pas restrictif en matière de robes. En effet, les Portugais aiment à rappeler que chez un cheval, c'est la robe qui a le moins d'importance !
Malgré cela, vers la fin du dix-huitième siècle ou le début du dix-neuvième, les robes tachetées, mouchetées ou pie ont été rejetées dans les deux pays de la péninsule ibérique. Le Portugal acceptait toutefois les robes isabelle et alezanes avec toutes leurs différentes dilutions (du palomino aux robes "champagne...")

C'est sans doute parce que l'armée, grande consommatrice de chevaux, privilégiait les robes simples ou unies, plus faciles pour réaliser l'homogénéité d'un régiment...
L'Espagne, jusqu'aux premières heures du XX° siècle, n'admettait au standard que les sujets gris, bais, bai-bruns ou noirs, excluant notamment l'alezan.
Les robes "de couleur" : classiques au XVIII° siècle...
Les robes pie, crème, mouchetées ou tachetées étaient courantes autrefois, comme en témoignent les peintures du dix-huitième siècle représentant des chevaux ibériques, conservées notamment à l'Ecole Espagnole de Vienne, exclusivement remontée avec des chevaux de race Lipizzane, issus de chevaux ibériques (d'où le nom d'Ecole "espagnole").
Quant aux robes tachetées, elles sont à l'origine de la robe de l'Appaloosa, qui descend, on le sait, de chevaux ibériques importés sur le continent américain.
La robe tachetée, elle, signe la robe si caractéristique du Knapstrup, issu d'une jument espagnole qui présentait cette robe.
Ces robes que l'on a cherché à éradiquer ont pratiquement disparu chez le lusitanien et totalement disparu chez le PRE : les gènes semblent bel et bien être perdus...

Pendant plusieurs décennies, les robes isabelle, souris, palomino, crème ou alezanes restent présentes chez le lusitanien, mais ne sont pas admises au standard du pure race espagnole, qui ne tolère que le gris, le bai (avec toutes ses nuances) et le noir.
Le standard du Pure Race Espagnole a fait l'objet de discussions qui ont duré des années, et ce n'est qu'au début des années 2000 que toutes les robes ont enfin été admises. Beaucoup de personnes pensent que l'alezan était l'unique objet de l'enjeu et que seule cette robe bénéficie désormais de l'autorisation tant attendue. "En réalité, si l'on se réfère aux textes exacts", explique Jean Gouëllo, éleveur, "ce sont bien toutes les robes et particularités qui sont admises au standard, y compris les yeux bleus et les diverses marques primitives comme la raie de mulet et les zébrures".
Le gris, dominant toujours
D'où vient donc ce gris, qui représente tout de même plus de la moitié des robes du cheval ibérique, qu'il soit espagnol ou portugais ?
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