Accueil » Interviews

Hugues Aufray : "Je suis un cavalier oecuménique"

Ses chansons que chacun connaît par coeur ont traversé les générations. Hugues Aufray fait partie des artistes célèbres qui ont une vraie personnalité et qui durent...
Hugues Aufray est aussi un cavalier, un amoureux du cheval. ll sera le Parrain exceptionnel du prochain Championnat d'Europe d'Endurance qui aura lieu à Florac en septembre prochain.
Il nous a reçus pour une grande interview exclusive accordée à Cheval Savoir. Dans sa maison proche de Paris, ouverte sur la forêt, il nous a parlé pendant plus de deux heures, posant sur le monde équestre un regard lucide, nous livrant ses souvenirs et nous expliquant ses convictions...

Cheval Savoir : Question basique : quand et comment vous est venue cette passion du cheval ?
Hugues Aufray. A l'école ! En sixième, je suis entré au collège de Sorèze -dans le Tarn où ma mère s'était réfugiée au moment de la guerre, avec mes deux frères, Jean-Paul et Francesco, et ma petite soeur Pascale (l'actrice Pascale Audret, ndlr).

Hugues Aufray cheval
Hugues Aufray : musicien, bien sûr, mais aussi peintre, sculpteur, et cavalier. © Coll. Part. Hugues Aufray. DR

Dans ce collège très coté et très traditionnel, dirigé par des Dominicains, l'équitation faisait partie des matières au programme ! Au même titre que les mathématiques, le latin, le grec, l'escrime. J'étais un élève en difficulté, car je souffrais d'une dyslexie grave et j'étais gaucher à un point inimaginable : j’écrivais de droite à gauche. Je me sentais terriblement handicapé dans le système scolaire. L'équitation est devenue tout de suite ma matière forte ! Quand à la fin de l'année, le Père Prieur, lors de la distribution des prix, disait "Premier prix d'équitation, Hugues Auffray" (avec deux f, c'est mon vrai nom), cela me mettait du baume au coeur !
Mon instructeur, Monsieur Holpey, m'avait d'ailleurs pris sous sa protection et ne faisait pas payer à Maman les cours d'équitation (ce qui représentaient un coût supplémentaire dans la scolarité). M. Holpey avait eu comme élève, quelques années plus tôt, Pierre Jonquères d'Oriola, également élève de Sorèze (comme pas mal de gens célèbres, notamment Simon Bolivar !)

Hugues Aufray cheval
Le magnifique bâtiment du Collège de Sorèze © Coll. Part. Hugues Aufray. DR

C.S. Vous gardez donc un souvenir mitigé de cette scolarité un peu dure, mais rattrapée par le cheval ?
H.A. En fait, non. Bien sûr je me sentais vraiment en décalage sur le plan scolaire, mais j'aimais beaucoup cette école, une école merveilleuse. J’en garde des souvenirs marquants, comme la fois où le Nonce du Pape a rendu visite à l'école, et où les douze meilleurs cavaliers (j'en faisais partie !) ont été chargés de former une haie d'honneur, avec sabres et oriflammes. Je trouve terrible qu'une école comme celle-là soit aujourd'hui fermée. J'ai essayé de la faire revivre, en proposant d’y créer une Académie Occitane d'équitation...

«Je fais du racisme positif avec les chevaux, c'est merveilleux de voir leurs différences, il faut les cultiver...»

C.S. Revenons à ce premier contact avec le cheval...
H.A. Cela a passé entièrement par un seul sens : l'odorat. J'ai été fasciné par l'odeur extraordinaire des chevaux. Et aussi par la force qui se dégageait de leurs croupes -comme ils étaient dans des stalles, nous apercevions toujours les chevaux d'abord de dos en entrant à l'écurie, ils paraissaient immenses...

C.S. On est loin du poney-club...
H.A. Ah oui ! Nous devions être toujours impeccables et un palefrenier sellait notre cheval...D'emblée, dès ma première leçon, je me suis senti en confiance à cheval et mon maître Monsieur Holpey a dit que j'étais doué...J’ai d’ailleurs gagné tous les petits concours organisés au collège !

Hugues Aufray cheval
Hugues Aufray répétant au Cirque d'Hiver pour le Gala de l'Union des Artistes en 1971 © Coll. Part. Hugues Aufray. DR

C.S. Quelle a été la suite de votre itinéraire équestre ?
H.A. Il y a eu un grand blanc dans ma vie équestre. A quatorze ans, je suis parti en Espagne, où résidait mon père (mes parents avaient divorcé). J'y ai fréquenté le Lycée Français de Madrid. J'ai découvert la guitare (un instrument peu connu à l'époque !) la musique, le piano. Cela a été une autre révélation. J'ai senti que ma vie devrait être centrée vers des activités artistiques. A dix-huit ans, après mon bac, j'ai décidé d'aller à Paris m'inscrire à l'école des Beaux Arts. Cela n'a pas été du goût de mon père qui m'a alors proposé d'entrer dans l'entreprise familiale.

C.S. Peinture, sculpture...des arts que vous continuez de pratiquer pour votre plaisir. Quant à la musique, c'est devenu votre métier, et c'est par elle que vous êtes devenu célèbre...
H.A. Oui... Au début, je chantais dans des cafés, c'était très bohême. Puis j'ai rencontré une jeune fille, je me suis marié. J'avais une conception très traditionnelle du mariage : c'était le mari qui devait gagner la vie du ménage, la femme ne devait pas travailler, pour pouvoir s'occuper des enfants ; nous avons eu deux filles, Marie et Charlotte. Dès mon mariage, je me suis donc mis à travailler de façon assidue ! Et petit à petit, je me suis fait un nom. Je suis devenu vraiment "pro" quand j'ai signé mon premier contrat en 1959...

C.S. Ensuite viendra l'époque de vos grands succès, "Santiano", par exemple...
H.A. Oui, Santiano, c'était en 1962...

Hugues Aufray cheval
Avec Loustic, son premier cheval, un étalon Camargais. © Coll. Part. Hugues Aufray. DR

C.S. Et le cheval, dans tout cela ?
H.A. Le cheval je l'avais un peu oublié à l'époque (rires). Mais bien sûr, je l'aimais toujours autant. Quand les journalistes me demandaient si j'avais un hobby, une passion en dehors de la musique, je répondais tout naturellement "oui, le cheval" ! Et du coup, ils cherchaient toutes les occasions de me mettre sur un cheval pour faire une photo !
Lors d'un voyage en Camargue, j'ai reçu de plein fouet l'émotion de retrouver les chevaux. Je suis monté sur un petit cheval blanc, c'était un rêve. Dès que j'ai eu une maison de campagne, j'ai acheté mon premier cheval, Loustic, un étalon Camarguais. Par la suite, j'en ai acheté deux autres. Un maquignon m'avait proposé un hongre noir et une jument grise. Au moment de les essayer, comme par hasard, il n'y avait ni selle, ni bride. Le marchand cherchait à me tester ! On a mis une cordelette autour du chanfrein, je ne sais plus très bien comment, et je suis monté sur le cheval noir qui a fait un vrai rodéo. Je l'ai acheté quand même, ainsi que la jument que j'ai appelée Cendrillon, car elle était grise comme de la cendre ! Lui, je l'ai appelé Carabas. En fait j'ai su après que c'étaient des Barbes. Ce sont chevaux merveilleux. Je suis un grand amoureux du cheval barbe. C'était une race méconnue à l'époque.

C.S. Elle l'est toujours un peu...
H.A. Oui, mais à l'époque, elle n'était même pas reconnue ; je me suis battu pour qu'elle soit reconnue par les Haras Nationaux. De toute façon, j'aime tous les chevaux. Certains peuvent tout faire, ou presque. D'autres sont plus aptes à telle ou telle discipline. Ce sont justement ces différences entre les races équines que j'aime ; je fais du racisme positif avec les chevaux: c'est merveilleux de voir leurs différences, et il faut les cultiver...

«J'ai dit à Marcel Rozier qu'étant dyslexique, je risquais probablement d'inverser tout le parcours !»

C.S. Avez-vous pratiqué différentes formes d'équitation ?
H.A. Tout m'a intéressé. J'ai été un cavalier d'extérieur, bien sûr, mais j'ai aussi fait du spectacle avec Mario Luraschi et les Hasta Luego, je me suis intéressé au dressage...J'ai même pris un cours à Saumur avec Philippe Karl qui m'a fait travailler sur Odin. Un moment extraordinaire ! En saut d'obstacle, j'ai des souvenirs drôles : Yves Piaget, le grand bijoutier suisse, qui adore les chevaux et qui est un ami, m'invite à Genève et me suggère de participer à un concours réservé aux "personnalités". Je n'étais pas très chaud, j'avais donné un concert la veille, et … d’autre part dans les petits concours que je faisais à l'école, on ne sautait pas plus de 70 centimètres. Piaget m'a mis d'autorité entre les mains de Marcel Rozier, qui m'a expliqué le parcours ; il m'a dit "ici, tu fais ceci, là tu fais comme ça..." Je lui ai dit que de toute façon, étant dyslexique, je risquais probablement d’inverser tout le parcours ! Rozier me répond qu'il était onze heures, que je devais aller me changer... Mais je n'avais ni culotte blanche, ni veste noire, j'étais comme d'habitude avec un jean, des boots et une veste frangée, très western ! C'était ma façon de m'habiller. J'y suis allé comme cela, les franges de ma veste se soulevaient à chaque saut. Et j'ai gagné le concours ! Le lendemain, les journaux ont titré "Hugues Aufray, le cow-boy volant".

C.S. En équitation d'extérieur, on vous a vu sur tous les chemins, notamment la Route du Poisson, la Route du Sel...
H.A. J'ai fait dix fois la Route du Sel ! Avec Gérard Klein, nous avions décidé d'aider Jean Yves Bonnet, qui est un type adorable, à médiatiser cette randonnée. J’adorais cette ambiance de la Route du Sel, ces paysages magnifiques. Mais c'est là notamment que j'ai commencé à découvrir les jalousies, les haines qu'il y a dans le monde du cheval. Il y avait cent personnes en file indienne, et par discrétion, nous étions derrière, Gérard Klein et moi. Les gens ont dit que nous ne suivions pas, que nous retardions la colonne. Alors nous nous sommes mis devant, et ils ont dit "Pour qui se prennent-ils, pour se mettre en tête de colonne ?" (rires)

Avec Coquain, son Comtois léger
Avec Coquain, son Comtois léger © Coll. Part. Françoise Dehaleux DR.

C.S. Vous avez aussi rencontré Gaston Mercier et vous vous êtes intéressé à l'endurance...
H.A. Oui. Cela me plaisait, c'est une discipline qui vient d'Amérique...et c'est pour cela que les grandes courses font 160 kilomètres… car cela correspond en fait à 100 miles. Je suis donc rentré dans ce milieu, j'ai participé à une course de 90 kms... J'étais d’ailleurs avec le grand jockey Yves-Saint Martin, qui est un copain.

Mais je me suis très vite aperçu que les cavaliers d'endurance étaient méprisés par les autres, que l'endurance n'était même pas une discipline fédérale. J'ai tout le temps été frappé de ce manque de communication, de ce mépris parfois, entre les gens de cheval, ceux des courses, du dressage, du CSO...
Je suis fondamentalement un cavalier oecuménqiue, je déteste ces clivages...

Hugues Aufray cheval
Hugues Aufray avec ses filles Marie et Charlotte, chez Eddie Constantine. © Coll. Part. Hugues Aufray DR.

C.S. Votre éducation vous a amené à avoir des valeurs de loyauté, et vos chansons sont sensibles, idéalistes...
H.A. Oui, et dans le monde du cheval, justement, ce n'était pas toujours ça. Pour vous donner un exemple, j'avais passé mon enfance dans le grenier de mon grand'père à jouer au mousquetaire avec des fleurets. J'ai donc eu l'idée de créer la "Route des Mousquetaires," de Windsor à Versailles. Or, par hasard, j'ai découvert que mon projet avait été récupéré par d'autres, qui avaient cherché à le mettre sur pied sans moi. J'ai donc constitué en hâte une équipe, avec Didier Séguret, Jean-Yves Bonnet et Gaston Mercier, qui m'a prêté un super cheval d'endurance, parfaitement entraîné. Dix minutes après le départ de Windsor, j'ai senti que ça n'allait pas ; j'ai crié à Gaston que mon cheval ne voulait plus avancer ; il m'a répondu ; "arrête-toi tout de suite et mets pied à terre". Le cheval faisait une crise de myoglobinurie. Les vétérinaires anglais ont été formels : avec l'entraînement qu'avait ce cheval, et dix minutes après un départ tranquille au trot, c'était impossible qu'il n'y ait pas eu un élément déclenchant : le cheval avait certainement reçu une grosse quantité d'avoine avant la course. Je ne saurai jamais si c'était par malveillance ou par erreur. Mais je crois profondément à une malveillance. J'ai été traumatisé ; j'ai vécu à cet instant-là l'histoire de Stewball, dans ma chanson (Stewball est un cheval qui meurt au cours d'une course, ndlr). Jean-Pierre Buray, adorable, m'a prêté un cheval pour pouvoir quand même participer à la course, mais cette Route des Mousquetaires reste un très mauvais souvenir, et surtout un souvenir amer, édifiant sur les comportements humains...

C.S. Vous dites pourtant que vous aimez tous les chevaux, comme tous les humains.
H.A. Oui, l’un n'empêche pas l’autre.
Quand j'étais enfant, pendant la guerre, Maman a caché chez nous un jeune homme juif...Un jour un officier allemand est venu à la maison. Le jeune homme avait été dénoncé…L’officier l'a trouvé et l'a emmené. En toute logique, il aurait dû tous nous arrêter, Maman, ma petite soeur et moi. Il ne l'a pas fait. Il a fait ce qu'il était obligé de faire, mais nous, il nous a épargnés. Il y avait parmi les soldats allemands des braves types aussi.
Donc pour revenir au monde du cheval, j'ai essayé de rester toujours en marge de toutes ces jalousies, de ces querelles de chapelle...

Hugues Aufray Flaine
A Flaine, Hugues Aufray s'investit pendant cinq ans dans "l'Eté indien" un camp d'été pour le enfants © Coll. Part. Hugues Aufray DR.

C.S. Il y avait une cohésion entre cette équitation d'extérieur, naturelle, teintée de western, et vos chansons, marquées notamment pas votre amitié avec Bob Dylan...
H.A. Oui, je me sentais bien dans tout ce qui était naturel et positif. J'ai ainsi réalisé à Flaine (Haute-Savoie) un projet que j'ai beaucoup aimé, la "Chevauchée Fantastique", une course d'endurance-relais en montagne composée de quatre boucles, et qui comportait d’importantes dénivelées. J'ai organisé cette épreuve sans aucune subvention, j'ai offert une voiture au gagnant, Jean-Luc Boudon… J'ai aussi créé un camp d'été pour enfants, "l'Eté indien", toujours à Flaine : pendant cinq ans, tous les étés, les gosses montaient à poney, dormaient sous des tipis, je chantais le soir autour du feu. Cela me correspondait vraiment,...

«Dans le monde du cheval, je suis politiquement incorrect»

C.S. Vous aviez aussi de bons rapports avec le Cadre Noir de Saumur -dans un genre différent !

Hugues Aufray cadre noir de saumur
A Saumur, avant le spectacle. © Alain Laurioux

H.A. Ah oui, c'était drôle, la première fois que je suis allé à Saumur, j'étais très intimidé. J'arrive, avec mes franges et tout, et à ma grande surprise je suis accueilli sur le perron par l'Ecuyer en Chef, le Général Durand (qui était colonel à l'époque) qui me tend les bras en disant "Salut mon, cousin, comment vas-tu ?" Il m'a expliqué que nous étions cousins par ma grand'mère, Antonine de Margerie. Par la suite, on m’a demandé de monter un spectacle pour le gala annuel du Cadre Noir. J’y racontais l'histoire d'un petit garçon qui permettait à un cheval réformé du Cadre Noir de revoir le Grand Manège...Un scénario très tendre, mais qui n'a pas été apprécié de tous...

Les gens souvent, ne me trouvaient pas assez sérieux, ils n'admettaient pas toujours que je dise ce que je pense, ils me trouvaient un peu dangereux ! Je suis politiquement incorrect dans le monde du cheval...

Hugues Aufray et Philippe Karl
Hugues Aufray sur Odin, sous la direction de Philippe Karl. © Alain Laurioux

C.S. Vous avez des regrets, en rapport avec le monde du cheval ?
H.A. Il y a des choses qui marchent, d'autres pas. J'aurais souhaité (je vous l'ai dit) créer une Académie d'équitation à Sorèze… Je me suis battu aux côtés d'Yves Bienaimé qui avait créé une association pour faire revivre les Haras Nationaux. Il y a tellement de choses à faire, mais j'ai vraiment l'impression que dans ce pays, il y a tant d’inertie que tout est difficile. Imaginez l’énergie dont a dû faire preuve Yves Bienaimé, qui est quelqu'un de formidable, pour créer le Musée du cheval de Chantilly ; c'est l’exemple magnifique d'un lieu historique qui a une deuxième vie grâce au cheval...

C.S. Vous avez beaucoup de projets...
H.A. Oui ! des tas. Je rêve de faire un grand spectacle équestre et musical à Bercy. Ce serait vraiment bien. Et puis, je voudrais m'occuper du patrimoine des beaux lieux équestres. Le patrimoine est très important, beaucoup plus que la culture. D'ailleurs c'est quoi, la culture ? Je déteste ce mot. Est-ce que mes chansons, c'est de la culture ? Le patrimoine c'est réel...

*Hugues Aufray sera en concert le 8 août au Festival Interceltique de Lorient pour une soirée spéciale en hommage à Jack Kerouac.

*En préparation: un nouvel album retraçant la carrière d’Hugues Aufray à travers une sélection des chansons connues ou moins connues, toutes ré-enregistrées à Los Angeles. Sortie prévue 17 octobre 2011 (Universal-Mercury)

*Hugues Aufray a publié aux Editions Hugo & Cie un livre intitulé "Les Chevaux vus par Hugues Aufray" (voir notre fiche lecture en rubrique "Livres").

Lisez le journal sans restriction :

Abonnez-vous à Cheval Savoir pour seulement 29€ !
(31$ US. 38$ Canadien; 35 Franc CHF)

S’abonner à Cheval Savoir, c’est :

  • bénéficier de la lecture des numéros à paraître
  • avoir un accès permanent et totalement gratuit à la Bibliothèque d’Archives en ligne, soit plus de 2000 articles parus ! Des dizaines de milliers de pages de lecture, l’équivalent de plusieurs centaines de livres sur tous les sujets équestres ! Ce qu’aucun autre magazine ne pourrait vous offrir…
Cliquez-ici pour vous abonner à Cheval Savoir

Ce que vous ne lirez pas ailleurs

Si vous êtes déja abonné au journal, cliquez-ici pour vous identifier

0 commentaire(s) »
Article publié le 26-07-2011

Postez un commentaire !

Prénom (requis)

Email (requis)

Votre commentaire