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Passage et piaffer

Par Pierre Beaupère, Cavalier professionnel et Professeur de dressage.


N°24 Septembre 2011
7 Commentaire(s)
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Je n’ai pas la prétention ici de vous enseigner comment piaffer. D’autres l’ont fait beaucoup mieux que moi et je veux croire que l’air est tellement « dynamique » qu’il est extrêmement difficile de l’enseigner autrement qu’en direct, avec un cheval.
L’objet de cet article est d’aider à corriger des difficultés liées à l’apprentissage du piaffé par le cavalier ou par le cheval.

Dans la mesure où il est le sommet de la pyramide, le summum du rassemblé, de l’énergie et du contrôle mais qu’il demande au cheval un effort très important, il est ici plus que partout ailleurs primordial de tenir compte des 11 questions qui ont précédé ET de les appliquer à ce que nous recherchons à obtenir.
Pour terminer cette série d’articles sur la correction des exercices avancés, je voudrais utiliser l’outil des tiroirs d’une autre manière, en tentant de vous montrer le raisonnement que j’utilise au quotidien et même à chaque minute d’une séance de travail. Je vais tenter d’utiliser l’exemple de mon cheval hanovrien de 7 ans en plein apprentissage du piaffé depuis un peu moins de six mois pour chercher toute une série de cas de figure et le raisonnement qui m’a mené à la correction afin de continuer à faire évoluer le cheval.

«Je laisse beaucoup de liberté devant afin que le cheval trouve l’attitude d’encolure qui lui convient»

Le piaffé est particulièrement intéressant pour cela car l’équilibre comme les réactions du cheval peuvent changer très vite au fur et à mesure que le cheval en apprend les différentes composantes et il est donc nécessaire d’ajuster continuellement la demande afin d’éviter les impasses.
Voici donc différentes phases par lesquelles le cheval est passé :

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7 commentaire(s) »

zaude :
Le 06/09/2011 à 22h43

Analyse passionnante.... Encore!

zaude :
Le 07/09/2011 à 09h32

Une question me vient à la réflexion...

À la première étape, on apprend au cheval à lever un postérieur en réponse à une touche de la badine ou à la voix. ça ça me parait effectivement accessible. Mais ensuite, comment comprend il qu'il faut en fait se mobiliser diagonalement et pas juste lever un postérieur? (par exemple au pas espagnol il ne lève qu'un antérieur... et marche tjs dans une allure à 4 temps... )

merci d'avance pour votre réponse!

gnourf :
Le 07/09/2011 à 09h56

Article passionnant qui met en valeur le travail d'apprentissage et de tâtonnement méthodique pour corriger et affiner les réponses du cheval. Encore plus qu'un niveau de dressage du cheval, le piaffé requiert finalement surtout du tact équestre de la part du cavalier.

hermione :
Le 07/09/2011 à 18h55

Merci de bien vouloir m'éclairer sur ces quelques points :

D'abord l'orthographe. Le Piaffer ou le Piaffé ?

Ensuite, j'ai appris que le cheval n'avance pas dans le Piaffer.

J'ai souvent lu que le Piaffer était un Passage sur place (ou que le Passage
serait un Piaffer qui avance) or je ne ressens pas du tout la même attitude
du cheval lorsque je passe de l'un à l'autre.

mariesophie :
Le 07/09/2011 à 22h49

comme toute belle chose pas de recettes magiques mais une grande dose d'écoute et de réflexion...pfff!!!.....ce qui rend le chemin aussi beau que l'arrivé en somme !...merci Pierre de chercher encore et encore à nous rendre autonome face à nos chevaux qui pourtant ne cessent de nous montrer le chemin grands autistes que nous sommes ! .
encore une fois article magistral ..un trésor que nous apprécions à sa juste valeur .

pierrebeaupere :
Le 11/09/2011 à 20h49

Bonjour à tous et merci pour vos commentaires.

Pour ce qui est de l'orthographe d'abord: personnellement j'écris le piaffé bien que visiblement la rédaction qui a écrit le titre l'écrive autrement! Je garde le terme piaffer pour le verbe mais je n'ai pas la moindre idée s'il y a une règle particulière...

Pour ce qui est de la fameuse question "qu'est-ce que le piaffé?", du trot sur place, du passage sur place ou autre, je vous dirais qu'à mon sens le passage est la forme la plus rassemblée du trot et le piaffé le rassemblé extrême du PAS, tellement rassemblé qu'il finit par se diagonaliser. Sur un cheval bien mis, vous devez pouvoir raccourcir et rassembler le pas jusqu'à obtenir le piaffé, sans avoir à pousser mais uniquement en condensant l'énergie.

POur ce qui est d'avancer ou non, je pense qu'il faut à tout prix éviter les dogmes et les règles fixes. Vous pouvez lire la réponse que j'ai faite à un lecteur dans la rubrique vos questions leurs réponses, j'y insiste sur l'idée qu'il faut pouvoir tout faire: avancer, rester sur place, allonger, raccourcir, etc. C'est ça le dressage pour moi: le contrôle. Et d'expérience, je pense qu'il est extrêment dangereux et préjudiciable de ne jamais laisser avancer le cheval dans le piaffé. Mais bien sûr, le piaffé "final" et "parfait" est évidemment censé être parfaitement sur place. C'est l'allure dans laquelle le cheval est tellement en équilibre qu'il est prêt à partir en avant, en arrière et sur les côtés dans n'importe quelle allure...

Pour ce qui est de mobiliser les antérieurs, je dirais que l'étape venant après la mobilisation de chaque postérieur à la demande dépend de chaque cheval. certains vont très vite commencer à se mobiliser en place, comme s'ils trépignaient, et le cavalier devra alors utiliser le fait de faire lever un postérieur pour demander au cheval d'augmenter sa suspension. D'autres chevaux vont se mobiliser dès que l'on commencera à rapprocher les demandes de lever des postérieurs (gauche-droite-gauche etc). Enfin, si le cheval n'a pas encore compris qu'il doit "sauter" (le terme est sans doute mal choisi) d'un diagonal sur l'autre, il faudra demander la même chose en laissant le cheval avancer, soit depuis le pas, voire même le trot avec un cheval vraiment flegmatique, soit depuis le reculer, soit simplement en laissant avancer d'un pas. C'est vraiment la réponse et les réactions du cheval qui vont nous indiquer la marche à suivre mais sachez qu'il n'est pas nécessaire de toucher d'aucune manière les antérieurs. L'important est que le cheval comprenne, après cette phase de lever des postérieurs, qu'il doit se mobiliser et se diagonaliser. C'est aussi là qu'il devient logique que le piaffé est du pas extrêmement rassemblé car il faut évidemment très fort raccourcir le pas pour que le cheval comprenne...

J'espère avoir répondu à vos questions.

Pierre Beaupère.

laetitia :
Le 15/09/2011 à 00h37

Merci à Pierre de répondre toujours de façon détaillée à nos questions, et merci aux lecteurs d'être si participatifs, ce qui fait la richesse de notre journal.
Laetitia Bataille

Article publié le 24-08-2011

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