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Faire "comme si"

Par Laetitia Bataille, Rédactrice en chef.


N°24 Septembre 2011
4 Commentaire(s)
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Le cheval passant de son statut (pluriséculaire) d'animal "de rente" à celui (envisagé) d'animal "de compagnie" : telle est la proposition de loi présentée voici quelques temps et qui, en sourdine, fait son chemin dans les esprits et alimente les conversations entre professionnels de la filière équestre.

Un animal de compagnie cela ne se selle pas, cela ne se bride pas, cela ne reçoit pas de coups de cravache (théoriquement).
Concernant les chevaux, les coups de cravache sont déjà réglementés puisque France Galop a édicté une règle limitant leur nombre à huit par course. Donc, du "défendu-un-petit-peu-permis". Comme le travail en hyperflexion (familièrement nommé Rollkur), limité à un quart d'heure.

Par ailleurs -et c'est heureux- les règlements des terrains de concours sont devenus beaucoup plus stricts, avec l'apparition de cartons jaunes et autres mesures de mise à pied de tout cavalier indélicat envers son cheval. Un vrai progrès par rapport aux "dégelées" de coups que l'on voyait fréquemment infliger aux chevaux il y a quelques décennies, comme nous le racontait Jean Rochefort dans l'interview que nous avions publiée.

Evidemment, le passage du cheval au statut d'animal de compagnie risquerait de remettre en cause la pratique même de l'équitation, ce qui ne serait pas sans poser quelques problèmes : difficile d'imaginer un monde sans aucun sport équestre, sans courses hippiques, donc sans élevage... Après tout, pourquoi pas ? Si tel est le prix du respect de l'animal...

Mais ne serait-il pas plus simple de faire "comme si" le cheval était déja un animal de compagnie, c'est-à-dire de le traiter avec tous les égards que ce statut lui accorderait, ce qui, contrairement à ce l'on pourrait penser, est parfaitement compatible avec la pratique de l'équitation. De l'équitation bien comprise, évidemment...

De notre côté, à Cheval Savoir, nous avons toujours fait "comme si". Car notre engagement pour une équitation de légèreté, notre recherche de la connaissance, notre souci de l'écoute du cheval, de la rigueur des soins à lui apporter... tout cela a constitué les fondements de notre ligne rédactionnelle depuis notre premier numéro.

Et vous lisez en ce moment le numéro 24. Ce qui signifie que notre revue fête son deuxième anniversaire "réel" (puisqu'il y a eu trois numéros doubles) mais qu'elle a, en réalité, 27 mois d'existence. Ecouragés par ces 27 mois passés en votre compagnie, avec votre enthousiasme et votre présence très vivante dans nos colonnes, nous sommes plus motivés que jamais pour continuer à faire du cheval un compagnon à part entière. Quel que soit son satut officiel.

Photo de couverture : "Dans le soleil de fin d'été..." © Charly Debray

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4 commentaire(s) »

mariesophie :
Le 06/09/2011 à 22h50

2 ans déjà !...bon anniversaire à "Cheval Savoir"...et bienvenue au cheval dans le statut des animaux de compagnie qui devrait enfin lui apporter tout le respect qu'il mérite...cela me rappelle étrangement la grande discution des scientifiques qui hésitaient il y a qqs années à faire rentrer le chimpanzé dans la "classe" des humanoïdes afin de renvoyer son massacre organisé par les amateurs de main de singe servant de cendrier sur la table du salon à celui d'assassinat!.
étrange comme la valeur d'une vie puisse changer par un simple label !.

miliesmits :
Le 23/09/2011 à 09h41

Bonjour,

pour ma part je viens de découvrir Cheval Savoir depuis quelques jours et je suis conquise par vos articles. Bon anniversaire à "Cheval Savoir" !!! Pour moi tout animal dois être traité avec respect et toute vie est importante. Aussi j'approuve totalement le fais que le cheval soit considéré comme un animal de compagnie, même si, comme vous, pour le moment je fais "comme si" ...
J'espère que nous sommes et serons nombreux à le considérer comme tel ...

stephanovich :
Le 09/11/2011 à 22h02

Bonjour,
je viens de lire cet édito, possèdant aussi 2 briards, chiens de berger dressés à cet effet, je ne vois pas le rapport entre le fait d'utiliser un animal (avec respect),lui prodiguer les soins phisyques et l'affection dont il à besoin pour s'épanouir sans pour autant ne lui fixer aucune règle de conduite et de travail. Nous devrions tous être utile, et je ne vois pas en quoi le fait que le cheval statue en tant qu'animal de compagnie, devienne d'un coup une larve parasitaire que l'on aurait juste le droit de panser selon son bon vouloir lol. Ceci dit rien n'empêchera le pire comme le meilleur.

radoflip :
Le 14/12/2011 à 14h58

Bonjour à tous,

A la lecture de ces quelques lignes, je ne peux m'empecher de penser aux personnes qui estiment(selon moi à tort)qu'il ne faut pas humaniser le cheval!Et je peux vous dire qu'il y en a... Selon ces personnes, le fait de rechercher des explications de plus en plus comportementales, psychologiques, éthologies,... pour mieux comprendre et traiter son compagnon s'avère être une grosse blague!!
Pour ma part, j'estime que mes deux chevaux sont déjà des animaux de compagnie. Un animal qui a besoin de nous pour manger, être pansé, soigné et dans une litière propre est un animal de compagnie! Trouvez-moi la différence avec un chat, à part la taille et le hennissement?
Je suis convaincue que ce changement de statut peut aller de paire avec le maintien de l'équitation (pratiquée dans le respect).
je souhaite simplement que des pratiques douteuses, voire maltraitantes puissent disparaitre sans autre forme de procès!
Cependant, je pense qu'il y a encore du chemin à faire dans ce sens...
Pour ma part, rien ne changera réellement, je les gâte comme mes propres enfants...

Article publié le 06-09-2011

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