Accueil » Tribune Cheval Savoir

Lettre reçue de la FEI : Dressage et sang

En réponse à l'article du Colonel Carde publié hier dans notre Rubrique "Tribune" ayant pour titre "Dressage : du sang et des larmes", la FEI nous a écrit la lettre suivante, que nous publions très volontiers car notre souci constant est l'écoute de chacun dans le souci commun de la protection du cheval.

Chère Laetitia,

Merci de bien vouloir prendre connaissance du document ci-joint, en réponse à votre article : Dressage : du sang et des larmes.

Le 19 Octobre 2011
Le Comité de Dressage de la FEI dit non au sang


La FEI n'a jamais autorisé, et n'autorisera jamais qu'un cheval présentant du sang sur quelque partie du corps reste sur une piste de dressage.

Comme les règles actuelles du dressage ne traitent pas spécifiquement du problème du sang, le Comité de dressage de la FEI, en juin de cette année, a proposé une nouvel article du règlement stipulant clairement que les épreuves de dressage devaient être interrompues immédiatement si du sang apparaissait où que ce soit sur un cheval en piste. La proposition du Comité de dressage, qui sera votée lors de l'Assemblée générale de la FEI le mois prochain, énonce ceci très clairement.

Hanovrien à Equitalyon
Hanovrien à Equitalyon. © Benutzerin:BS Thurner Hof/Wikipédia

La seule exception proposée à cette règle concernerait les événements de top niveau suivants : les Jeux Olympiques, les Jeux Equestres MondiauxTM, les Championnats continentaux au niveau des Grand Prix et les finales de Coupe du Monde. Si du sang était vu sur un cheval lors de l'un de ces événements de top niveau, la reprise serait arrêtée immédiatement, mais les vétérinaires officiels de la FEI examineraient le cheval à sa sortie de piste. Si le saignement résultant d'une blessure mineure s'était déjà arrêté, et si le vétérinaire FEI confirme que le bien-être animal n'est pas en cause, le cheval serait autorisé à continuer sa reprise. Si le saignement n'est pas arrêté, ou si le vétérinaire FEI ne peut pas confirmer que le bien-être animal n'est pas en cause, le cheval serait éliminé.

Ceci constitue la seule exception proposée, et continuera d'avoir pour effet de faire suspendre une reprise si du sang est vu sur le cheval, mais autorise l'examen par un vétérinaire spécialement affecté à cette tâche. Dans tous les autres concours, un saignement entraînerait l'élimination immédiate.

Le Comité de dressage de la FEI a présenté cette proposition à toutes les Fédérations nationales. Le Comité a également fait connaître aux Fédérations nationales les points de vue du Club des cavaliers Internationaux de Dressage (International Dressage Riders Club) du Club des Officiels du Dressage International (International Dressage Officials Club) ainsi que de l'Association des Organisateurs de Concours Internationaux de Dressage (Association of International Dressage Event Organisers) et autres instances, au sujet de cette proposition.

Le Fédérations étudient actuellement la proposition.
Comme toujours, les propositions de révisions des règlement sont soumises à l'approbation des Fédérations nationales lors de l'Assemblée Générale de la FEI, pour une mise en application à partir du premier janvier de l'année suivante.

Ce texte est également consultable sur le site FEI.

Avec mes meilleurs sentiments.

Ruth Grundy
Chargée de Relations Presse
Fédération Equestre Internationale

Le point de vue de Cheval Savoir

La Rédaction de Cheval Savoir apprécie vivement la prise de position de la Fédération Equestre Internationale telle qu'elle est exposée dans le texte ci-dessus, sur ce sujet de la plus grande importance, et son souci du respect absolu du bien-être animal, en accord avec ses textes fondateurs.

Toutefois nous conservons quelques doutes sur les possibilités d'application réelle sur le terrain de cette mesure ainsi amendée, notamment dans le contexte de la haute compétition, très médiatisée.

Plutôt que d'apporter un amendement à l'excellente proposition du mois juin d'interdire le sang, ne faut-il pas limiter la nécessité d'interventions de ce type en restaurant les contrôles avant l'épreuve (vérification des embouchures, du serrage des muserolles, des zones d'usure de poil...) et en les multipliant, avec la minutie dont la FEI fait état dans sa proposition d'amendement.

L.B.

Lisez le journal sans restriction :

Abonnez-vous à Cheval Savoir pour seulement 29€ !
(31$ US. 38$ Canadien; 35 Franc CHF)

S’abonner à Cheval Savoir, c’est :

  • bénéficier de la lecture des numéros à paraître
  • avoir un accès permanent et totalement gratuit à la Bibliothèque d’Archives en ligne, soit plus de 2000 articles parus ! Des dizaines de milliers de pages de lecture, l’équivalent de plusieurs centaines de livres sur tous les sujets équestres ! Ce qu’aucun autre magazine ne pourrait vous offrir…
Cliquez-ici pour vous abonner à Cheval Savoir

Ce que vous ne lirez pas ailleurs

Si vous êtes déja abonné au journal, cliquez-ici pour vous identifier

4 commentaire(s) »

educaval :
Le 20/10/2011 à 17h04

Pourquoi cette exception, surtout dans des épreuves qui se veulent la vitrine des sports équestres?Il vaudrait mieux appliquer la proposition de Cheval savoir: contrôles AVANT pour que les incidents ne se produisent pas/ aient moins de chances de se produire.

florencec :
Le 07/12/2011 à 02h07

"si le vétérinaire FEI confirme que le bien-être animal n'est pas en cause"
Comment le bien-être de l'animal peut-il ne pas être en cause s'il y a des traces de sang?!
A priori le top niveau est le meilleur représentant de la discipline, comment admettre que l'on ne soit pas capable de sentir que l'on va trop loin à ce niveau là?
Quand on sait que certains "grands" cavaliers arrivent à avoir les juges qui les arrangent (le poids de la publicité!), comment ne pas mettre en cause l'impartialité des vétos...
Décidément la FEI tombe de plus en plus bas...

geneviève [invité] :
Le 12/01/2014 à 18h04

Quelle honte pour des cavaliers de haut niveau ! Quelle tristesse.

schizo :
Le 13/01/2014 à 20h53

Haro sur la FEI, molle sur le sang comme elle l'a été sur le rollkur. Selon que vous serez puissant ou misérable...

D'un autre côté, plus le public (et quelques juges aussi hélas!) appréciera les chevaux aux allures "spectaculaires" (surtout au niveau des genoux), sans s'inquiéter de la justesse de leur dressage, plus les cavaliers médiocres seront tentés d'utiliser des moyens coercitifs pour "sortir les tripes" de leurs chevaux et gagner ainsi quelques points et quelques applaudissements supplémentaires.

Comparé au rollkur, ou au taser de l'autrichienne, aussi inadmissibles l'un que l'autre, le cas du sang dans la bouche est plus complexe, car la responsabilité du cavalier n'est pas forcément engagée; le cheval peut se pincer accidentellement l'intérieur de la joue ou la langue, même avec un mors bien adapté et une main douce.

Quant aux blessures d'éperons, il m'est arrivé une fois d'en faire une sur le flanc de mon cheval. Le sang ne coulait pas mais le poil avait disparu et la peau était déjà bien râpée. Incompréhensible, jusqu'à ce que je regarde l'éperon : une large écaille d'inox avait "sauté", laissant à nu une portion de "papier de verre" à gros grains en lieu et place de l'habituel inox lisse.
Une fois en quarante ans, je ne pense pas que cela me classe pas les tortionnaires mais depuis, je vérifie toujours mes éperons avant de monter!

schizo :
Le 13/01/2014 à 20h57

précédent post tapé un peu vite, lire à la fin
"je ne pense pas que cela me classe DANS les tortionnaires mais depuis, je vérifie toujours mes éperons avant de monter!"

Article publié le 19-10-2011

Postez un commentaire !

Prénom (requis)

Email (requis)

Votre commentaire