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La descente (extension) d’encolure

Exercice capital dans le dressage d’un cheval mais aussi un excellent moyen de donner de la sensibilité aux cavaliers, l’extension de l’encolure n’a d’intérêt que si elle est réalisée correctement et dans l’équilibre. Mode d’emploi à l’usage des cavaliers de tous niveaux

Bien effectuée, elle est formidable pour échauffer, muscler le dos, calmer les chevaux nerveux, améliorer l'équilibre, le contrôle et la qualité du contact. D'autre part, c’est elle qui donne le bel arrondi de l’encolure dans le ramené. Enfin, elle améliore de manière impressionnante la qualité et la souplesse des allures, leur donne du « swing » et va même jusqu’à résoudre un certain nombre de problèmes de locomotion. Mal effectuée elle reporte tout le poids sur l’avant-main et est un des meilleurs moyens de ruiner les antérieurs du cheval ou de le faire trébucher. Il est donc primordial de bien comprendre le pourquoi de l’exercice et de le demander correctement. Personnellement je ne commence aucun travail avec un cheval tant que je ne suis pas capable de le marcher, trotter, galoper et d’effectuer les transitions dans l’attitude bas et long, tout en gardant le contact et l’équilibre.

«Bas et long» contre «bas et rond»

L’idée de ce paragraphe n’est surtout pas d’entrer dans un long débat sur le bas et rond et le degré de rond « acceptable ». Tout cela a déjà été longuement discuté dans la littérature et chacun a pu faire sa propre opinion. Je tiens seulement à préciser que ce sont deux exercices différents et qu’ici nous parlons de l’extension maximale de l’encolure, le chanfrein étant devant la verticale. A la base, le bas et rond était une position intermédiaire permettant d’accéder au bas et long. Même si les différences ne semblent pas évidentes au premier abord, étirer l’encolure vers l’avant permet d’éviter les risques sérieux qui découlent d’un travail prolongé bas et rond : la cassure du milieu de l’encolure et le cheval derrière la main ou derrière la verticale dans le ramené (placé haut).

La descente (extension) d’encolure
La descente (extension) d’encolure

Jambo Cen, étalon de pure race espagnole de 4 ans, illustre ici la différence entre l’attitude bas et rond et l’attitude bas et long. Le cheval, après un mois d’entraînement, n’en est qu’au début de l’apprentissage de l’exercice et ne présente pas encore une extension maximale de l’encolure vers le bas.
© Photo Céline Brabant

En bas, oui, mais pas n’importe comment...

Avant d'aborder la manière de la demander, il faut avoir bien compris et assimilé l'Idéal et pourquoi l'exercice doit être réalisé selon certains critères bien précis.

  • L’équilibre : C’est le point le plus important, non seulement car il en va de l’intégrité physique du cheval, mais aussi car c’est la principale critique faite à l’exercice par ses détracteurs et par les élèves qui commencent à l’aborder. Il est primordial que le garrot reste haut et que le cheval ne surcharge pas l’avant-main. Si la différence entre bien et mal est évidente de l’extérieur, il est parfois difficile pour le cavalier inexpérimenté de la sentir à cheval.
  • Le stretching du dos : L’apprentissage de l’exercice pour le cheval s’apparente au grand écart des danseurs et gymnastes ; on amène le muscle au maximum de l’extension dont il est capable et on demande chaque jour un peu plus. S’il est évident qu’il serait cruel et inutile de vouloir forcer le grand écart chez quelqu’un qui ne l’a jamais fait, il faut aussi penser qu’il est nécessaire pour y parvenir d’amener chaque jour le muscle à son étirement maximal afin qu’il gagne progressivement en souplesse et en longueur. Dès lors, il faut que le cheval, tout en gardant un contact léger, soit suffisamment connecté avec la main pour que l’on puisse lui demander de sortir de sa zone de confort et étirer ses muscles chaque jour un peu plus.
  • L'engagement des postérieurs : La descente d’encolure n’a d’intérêt que si le cheval tire son encolure vers le bas et l’avant mais aussi si l’engagement de ses postérieurs est maximal. Ce n’est qu’alors que l’on étire les (très) longs muscles du dos dans les deux sens, vers l’avant et vers l’arrière. Descendre l’encolure sans engager les postérieurs reviendrait à n’étirer que la moitié des muscles. Il faudra d’ailleurs plusieurs mois avant de parvenir à l’étirement maximal. Durant cette période le cheval baissera l’encolure et ralentira pour soulager les muscles de l’arrière-main ou se poussera bien en avant mais avec un placé plus haut. Il faudra alors beaucoup « jouer » entre les deux paramètres jusqu’à ce que le cheval tire ses muscles vers l’avant ET vers l’arrière.
  • Le joueur de foot : Une fois l’exercice appris par le cheval, quel est son intérêt ? Nous allons l’utiliser comme un sportif de haut niveau, qui va s’étirer avant et après l’effort mais aussi dès qu’il sentira une tension négative dans ses muscles. D’autre part, nous allons « jouer de l’accordéon » pour donner aux muscles un dynamisme et une tonicité plus importants. Pour cela nous allons régulièrement passer d’une position raccourcie (ramenée) à une position étirée (bas et long). TOUT cavalier devrait rassembler son cheval avec la sensation qu’il pourrait instantanément étirer son cheval au maximum et cesser immédiatement de chercher le rassemblé dès qu’il perd cette sensation. En cela, l’exercice est un excellent moyen de développer la confiance du cheval dans la main du cavalier, qu’il apprend à suivre délicatement et à respecter.
  • Qui peut le plus peut le moins : Lorsque mes élèves sentent pour la première fois leur cheval parfaitement en équilibre malgré le fait qu’il ait l’encolure au maximum de son extension, qu’ils sentent le dos remonter et l’allure gagner en élasticité et en rebond, j’ai l’habitude (de les laisser profiter d’abord, car la sensation est très agréable puis) de leur dire : imaginez maintenant, si vous êtes capable d’obtenir cet équilibre avec la tête en bas, la qualité de l’équilibre que vous pourrez obtenir en laissant l’encolure remonter. Le simple fait de laisser remonter un des deux plateaux de la balance fera s’abaisser encore plus le deuxième plateau.

La descente (extension) d’encolure

La première illustration représente l’importance d’étirer les muscles du dos dans les deux sens, vers l’avant par l’extension maximale de l’encolure, et vers l’arrière par l’engagement maximal des postérieurs. La deuxième illustration montre l’importance de garder un équilibre correct, qui n’a rien à voir bien sûr avec un quelconque rassemblé. © Charly Debray

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