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Où il y a de la gêne, il n'y a pas de plaisir

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Comme Molière, Hickstead est mort en scène, face à son public. Eric Lamaze affirme qu'en s'écroulant, le cheval a cherché à éviter de lui faire mal...
Point final d'une admirable entente, coup du sort, coup du sport...

L'autopsie n'a pas encore révélé les mécanismes par lesquels est survenue cette rupture de l'aorte -puisque tel est le diagnostic établi au vu des premiers examens. Ce diagnostic nous apaise : Hickstead n'a pas souffert. Cette pathologie est rare, mais elle existe et dissipe, si besoin était, toute idée qui aurait pu naître dans des esprits chagrins : non, Hickstead n'a pas été "poussé" à la limite de ses forces. Il a fait d'ailleurs un parcours normal avec quatre points, rien de bousculé ni de "sur-équin". Son âge même ne doit pas susciter de réserves : il y a beaucoup de chevaux de quinze ans qui sont encore en compétition au plus haut niveau et se portent à merveille.

Mais pendant ce temps enfle la polémique sur la présence de sang dans la bouche des chevaux de dressage. Comme pour le rollkur, qui a suscité tant de débats passionnels voici moins de deux ans, la blood rule ("réglementation sur le sang") est en train de se mettre en place avec des atermoiements et des restrictions.

En matière de protection animale (comme en matière de protection humaine) la bonne conscience se fabrique aisément. Les choses sont aménageables. En compétition de dressage, par exemple, tout évolue. Bien entendu, dans le sens de la facilité. Le pas se latéralise ? Eh alors, pourquoi pas, après tout ? Même si ce n'est pas très orthodoxe, au moins cela ne fait de mal à personne. La bouche saigne ? Le cheval s'est peut-être mordu la langue (cela arrive à tout le monde, et la présence d'un mors dans la bouche doit plutôt favoriser ce genre d'incident -il faudrait nous y voir !) Le rollkur, c'est cruel : il suffit d'en limiter l'emploi dans le temps (c'est promis : dix minutes, pas plus ! )
Ne parlons pas de ce qui se passe sur les hippodromes : là, on achève bien les chevaux et on n'en parle pas beaucoup, semble-t-il...

Quant à l'endurance, elle a suscité voici deux mois des déceptions et des réclamations lors des championnats d'Europe qui ont eu lieu à Florac. Le fauteur de troubles n'est autre que le "trotting" final, qui a lieu après l'arrivée et peut, révélant une boiterie ou une fatigue, déclasser un cheval qui avait franchi en premier la ligne d'arrivée. C'est un trotting qui dérange (comme naguère une certaine brebis...qui ne dérange plus personne d'ailleurs). Et ce qui dérange, pourquoi ne pas le supprimer ? Après tout, où il y a de la gène, il n'y a pas de plaisir !
Modifier les règles embarrassantes pour les rendre applicables sans fâcher quiconque, fermer les yeux sur ce qui cloche, supprimer les trottings et autres contrôles de muserolles avant, pendant ou après les épreuves équestres...c'est évidemment le plus simple ! Raisonnement imparable.
Mais est-ce là une manière de protéger le bien-être animal ? Ce fameux "animal welfare" dont la FEI a le désir, certainement sincère, de se porter garante...

Photo de couverture : Sophie Boulais

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Article publié le 14-11-2011

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