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L'art équestre européen et le cheval lusitanien à l'honneur à Paris

La conférence sur le thème "Ecuyers français, écuyers portugais : la passion du cheval lusitanien" s'est tenue au Consulat du Portugal à Paris, a été l'objet d'échanges enrichissants, de par l'intérêt du sujet et la qualité des intervenants. Beaucoup de questions, posées par un public passionné, ont d'ailleurs souvent élargi le sujet.

Organisées par Carlos Pereira, enseignant chercheur à l'Université Paris III Sorbonne-Nouvelle et Président de l’Institut du cheval et de l’Equitation portugaise, la conférence s'est déroulée dans les salons du Consulat du Portugal à Paris, aux cimaises desquels étaient accrochées des oeuvres de Marine Oussedik. L'artiste qui sait si bien rendre le regard d'un pur-sang arabe ou d'un andalou, ainsi que le velours d'une schabraque ou les reliefs d'une crinière tressée, exposait en effet ses dessins et tableaux de chevaux lusitaniens, en parallèle avec cette conférence.

Art équestre
De gauche à droite : le Dr. Filipe Figueiredo Graciosa, Ecuyer en Chef de l'Ecole Portugaise d'Art Equestre, le Colonel Faure, Ecuyer en Chef du Cadre Noir de Saumur, Alexis Grüss, Carlos Pereira. Tous très sérieux ! © L.Bataille

Quatre orateurs pour évoquer les équitations européennes et leurs racines communes, issues des Académies de la Renaissance.
Carlos Pereira parle des fondements de l'équitation portugaise, issue de l'équitation de travail mais aussi de l'héritage des écuyers classiques. Ces différentes finalités ayant été à la base de la sélection du cheval lusitanien à travers les siècles.

L'équitation portugaise est issue en effet d'une longue et savante tradition puisqu'elle a été codifiée -pour la première fois depuis l'Antiquité- par le roi Dom Duarte du Portugal vers 1434 !
C'est ensuite au XVIIIe siècle que Manoël Carlos d'Andrade rédige un ouvrage majeur Lumière de l'art libéral et noble de la cavalerie et réalise la traduction du traité de La Guérinière avec lequel il est en totale communion de principes. Et bien sûr, l'équitation portugaise de manège reste indissociable du nom de Marialva, considéré comme le père de l’équitation classique portugaise.

L'Ecuyer en Chef de l'Ecole Portugaise d'Art Equestre, le Dr. Filipe Figueiredo Graciosa, s'est exprimé dans son excellent français pour apporter son double éclairage d'écuyer et d'éleveur et parler aussi des aspects historiques de l'équitation portugaise et du rôle de Marialva qui est son ancêtre direct à la sixième génération !

Le Colonel Faure, Ecuyer en Chef du Cadre Noir de Saumur, a rendu hommage aux qualités du cheval lusitanien, soulignant notamment son extraordinaire aptitude à l'abaissement des hanches et, partant, au rassembler. Le Colonel Faure s'est réjoui de la présence au sein de l'ENE d'un étalon lusitanien de souche Alter Real.

Art équestre
Dr. Filipe Figueiredo Graciosa, Ecuyer en Chef de l'Ecole Portugaise d'Art Equestre et le Colonel Faure, complices ! © L.Bataille

Alexis Gruss, quand à lui, a vanté également les mérites du cheval lusitanien dans le cirque. Il a notamment expliqué les particularités du travail de haute école sur une piste de 13 mètres de diamètre, estimant que, du point de vue du dressage du cheval, la forme ronde de la piste et son exiguïté même constituent un contexte exigeant la plus grande précision et permettant donc la plus grande finesse. Le discours de cet homme de cheval si complet a été, comme à l'accoutumée, teinté d'humour -et marqué d'un immense amour du cheval.

Une bonne nouvelle, tombée le jour même, a été apportée par les deux Ecuyers en Chef : la confirmation d'un gala des Quatre Ecoles en 2012, réunissant le Cadre Noir et l'Ecole Portugaise d'Art Equestre (qui se produisent régulièrement ensemble) mais aussi l'Ecole Royale Andalouse d'Art Equestre, et l'Ecole de Vienne -cette dernière n'ayant pu se rendre libre qu'une seule fois jusqu'à présent pour ce type d'événement. Une raison de se réjouir, car l'art équestre "européen" était, ne l'oublions pas, le thème de cette conférence, même si l'enthousiasme de la salle a souvent amené les intervenants à s'exprimer sur des sujets équestres parallèles -et non moins passionnants.

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Article publié le 25-11-2011

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