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Michel Henriquet : la tradition au service du sport

Propos recueillis par Laetitia Bataille.


N°26 Novembre 2011
6 Commentaire(s)
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Michel Henriquet fait partie des personnalités incontournables du monde du cheval, et ce depuis plusieurs décennies.
Ecuyer civil et amateur, auteur de très nombreux livres, érudit de l'équitation, il est aussi le "découvreur" et l'entraîneur de Catherine Durant Henriquet, cavalière olympique : elle incarne sa raison de se battre encore et toujours pour une équitation juste, obtenue par un travail du cheval méthodique et naturel.
Interview d'un tandem équestre hors du commun.

C'est en région parisienne, non loin de Rambouillet, que Catherine et Michel Henriquet nous reçoivent dans une propriété environnée d'herbages. Le manège est installé dans une grange, avec une tribune fermée aux murs ornés de nombreuses photos du Maître Oliveira. Mais que l'on ne s'y trompe pas : il ne s'agit nullement d'une sorte de succursale portugaise comme on en voit parfois ; nul taureau empaillé, nulle selle à piquer, aucune recherche d'un quelconque folklore ibérique. Ici, l'équitation est universelle, pour peu qu'elle se conjugue en termes de légèreté et de justesse.

Catherine Henriquet
Catherine Henriquet elle est son épouse, sa muse et le porte-drapeau de l'équitation qu'a "recherchée" Michel Henriquet depuis des décennies. © Coll. Henriquet

Dans le vase salon où nous nous installons trône un mannequin en tricorne et habit de soie : c'est La Guérinière, qui veillera sur notre conversation au même titre que Pluvinel, Baucher, Steinbrecht et les autres. Michel Henriquet, en effet, allie à une très longue pratique une exceptionnelle culture équestre, et possède plusieurs milliers de livres de dressage. Il a d'ailleurs hérité de l'énorme bibliothèque de René Bacharach -dernier cavalier ayant connu Beudant- qui, sans descendance, la lui avait léguée.

Michel Henriquet
Michel Henriquet, volubile, passionné, nous parlera pendant trois longues heures... © L.Bataille

Pas besoin de poser beaucoup de questions : la conversation s'articule autour de nombreux sujets qui viennent si naturellement que parfois ils s'entrechoquent avant que d'être épuisés en entier. Avec une extraordinaire vivacité et une surprenante mémoire, Michel Henriquet se passionne, évoque tour à tour le dressage actuel, les maîtres du seizième siècle, sa révélation lorsqu'il rencontra le Maître Oliveira qui lui fit dans les années soixante, découvrir les chevaux ibériques.
Depuis, bien des années ont passé. Michel a rencontré Catherine, qui venait monter à cheval dans le petit manège privé qu'il possédait à Bailly. Son élève devenue son épouse jouera un rôle déterminant dans l'évolution équestre personnelle de l'écuyer.

«Cette position voussée aberrante qui a tué l'équitation»

Catherine, grande et très mince, est assise dans un fauteuil clair. Elle intervient parfois d'une voix très douce où perce néanmoins la détermination d'une femme d'une volonté hors du commun, qui au quotidien concilie son métier de médecin -elle est dermatologue- et une carrière sportive de haut niveau.

Cheval Savoir : Michel Henriquet, vous avez été très proche du maître Oliveira, qui était un de vos amis et que vous avez fait connaître en France, de même que le cheval lusitanien, ce véritable "stradivarius", alors presque inconnu dans notre pays. Vous avez été l'un des co-fondateurs, avec Jean d'Orgeix et Christian Carde, de l'association Allège Idéal. Et puis, un jour, vous vous êtes rapproché, avec Catherine, du monde de la compétition... Certains on eu l'impression que vous changiez un peu de cap...

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6 commentaire(s) »

ullia :
Le 07/12/2011 à 09h07

Un grand bravo pour cet article! Je l'attendais avec grande impatience. Michel Henriquet et sa femme Catherine, représentent pour moi la vraie équitation, douce, juste, sans méchanceté ni contraintes où le cheval devient un partenaire à part entière. Je ne prétends pas pouvoir un jour arriver à ce niveau mais leurs principes m'accompagnent tous les jours et j'essaie de les appliquer quotidiennement avec mon cheval!

Un seul bémol: Il aurait dû être plus long!! :)

dulys :
Le 08/12/2011 à 22h14

J'ai vu Michel et Catherine Henriquet à La Cense, superbe démonstration! Et je pense que Mr Henriquet devrait rester sur sa 1ère idée, 80% des cavaliers utilisent les rênes allemandes ;-) Je fais partie des 20% restants, n'ayant jamais utilisé d'enrênements sur mon trotteur français. Et c'est très bien comme ça, on travaille dans la douceur, avec beaucoup d'assouplissements. Et il y a déjà de réels progrès alors qu'il n'est travaillé que 2 à 3fois par mois depuis 6mois..
Bref, article très interessant, et comme le dit Ullia : trop court!! ;-)

damper :
Le 16/01/2012 à 10h02

Je voulais dire à Monsieur Henriquet que Daria Fantoni, qui a participé aux jeux olympiques de Séoul, Barcelone et Atlanta avec son cheval Sonny Boy (mort à 33 ans en 2009), élève avec passion des Trakehners en Italie, à côté de Turin, dans son domaine de Medico Borgno.
Merci pour ce bel article et tout ce que vous dites sur les rênes allemandes, le trot d'école et l'assiette de Mathias Rath!

dearprudence :
Le 16/07/2012 à 08h44

J'ai eu le plaisir de voir Catherine et Michel Henriquet à la Cense et j'ai une immense admiration pour leur travail.
J'aimerais que cette équitation soit d'avantage transmise dans les clubs...
Ma jument Quarter Horse de 12 ans et moi travaillons selon les principes de Pat et Lynda Parelli, légèreté, amour, langage, respect...
Merci à tous les vrais "Horsemen"

pluvinel :
Le 04/10/2013 à 07h12

Merci pour cet article. En regrettant simplement que cette philosophie ne touche pas davantage le monde des centres équestres, par le biais peut-être d'une formation des futurs moniteurs et surtout, le monde de la compétition et les juges de dressage. M. Henriquet le dit lui-même, on cherche le spectaculaire, mais précisément : et si le spectaculaire résidait dans la discrétion, la légèreté et non la recherche (à tout prix, à tous les prix) de la soumission et de l'expression de ce qu'à titre personnel j'appelle la puissance ?

mariefrance :
Le 01/01/2015 à 19h18

Merci de nous grandir encore un peu plus.J'ai suivi d'abord une équitation "militarisée"où Philippe Karl, le Colonel Carde amèneront plus de légèreté.Mon Instructeur (hélas disparu) adepte de Nuno Oliveira m'apprend la biomécanique où il me semble réapprendre l'équitation .D'ailleurs invité au Centre Ph Karl me permit de belles reprises avec mon cheval.Je savais l'assiette importante mais je réapprends ce qui dérange le cheval : notre position c'est vrai alors je travaille beaucoup à pied aux longues rênes mais comme il faut réapprendre effacer "le dos voussé", dévoilée une légère cambrure ajustée comme le préconise Catherine 1/3 sur les Ischions 1/3 sur le périnée antérieur .Qui va nous donner tant d'indications c'est dommage merci à Michel et Catherine Henriquet de nous permettre d'accèder à leurs réflexions .Nous débutants mais pour le bonheur aussi des chevaux.Quant au geste arrondi de l'appuyer est ce le règlement ou les Allemands qui ont révèlé ce mouvement plus élastique pour obtenir plus d'amplitude dans le croisement ? J'ai pu observé que Mario Luraschi en visite chez Michel et Catherine Henriquet assure l'appuyer arrondi mais nous sommes pour le spectacle et le trot rassemblé que j'aimerais réalisé amène au passage.La compétition en dressage est très sévère.Merci de cet article technique.
Marie-France

Article publié le 05-12-2011

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