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Rectitude et centre de gravité

Par Pierre Beaupère, cavalier professionnel et Professeur de dressage.


N°27 Décembre 2011
17 Commentaire(s)
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Nous poursuivons notre série d'article sur la rectitude, clef de voûte d'une bonne équitation et garante d'un travail effectué dans le respect de l'intégrité physique du cheval.

Nous abordons les notions de physique qui entrent en jeu et leur impact sur notre recherche de la rectitude.

RECAPITULATIF

Nous avons vu que :

  1. Un cheval droitier utilise de préférence son épaule droite.
  2. Il va donc charger cette épaule plus que les autres membres.
  3. Il en résulte un déséquilibre entre les 4 membres (le cheval est sur les épaules).
  4. En mouvement le cheval va donc littéralement tomber sur son épaule droite.
  5. Pour compenser, il va orienter son encolure vers la gauche.
  6. Les muscles du tronc (cage thoracique) seront donc plus longs à droites et plus courts (contractés) à gauche.

Rectitude et centre de gravité
© P.Beaupère

1. Le centre de gravité

La localisation du centre de gravité

Vouloir comprendre le mouvement, que ce soit d’un objet ou d’un corps vivant, et tenter de l’influencer sans tenir compte de son centre de gravité est impossible et serait une énorme erreur. Heureusement, si la notion de centre de gravité peut sembler rébarbative pour certains, les précédents chapitres vont nous permettre de l’aborder sans la moindre difficulté et, pour les plus rapides, d’entrevoir dores et déjà la manière de corriger la dissymétrie naturelle de nos montures (j’insiste sur le « naturel » car nous verrons dans les prochains chapitres comment le cavalier renforce bien trop souvent cette dissymétrie de base).

Les tensions musculaires ou le fait que le cheval soit sur les épaules peut modifier la latéralité

Prenons l’exemple du cheval idéal, c’est-à-dire parfaitement droit et symétrique. Vous constaterez d’ailleurs que c’est cette représentation du cheval qui est utilisée dans pratiquement toute la littérature équestre pour illustrer le cheval à l’arrêt, ce qui est peut-être une des causes de l’absence de prise de conscience de la majorité des cavaliers de l’importance de la latéralité. Cela reviendrait au même que de définir l’humain « normal » comme étant celui représenté bras et jambes écartés par Léonard de Vinci.

L'homme parfait
L’homme parfait de Léonard de Vinci. © D.R.

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17 commentaire(s) »

patrice :
Le 21/12/2011 à 17h46

Bonjour Pierre,

Très bel article.

Ma jument illustre parfaitement vos propos. La solution que j'ai trouvée pour éviter qu'elle ne tombe à droite est de réduire la vitesse pour l'instant. Je ne sais pas si c'est une bonne voie.

Avez-vous une piste pour éviter que les hanches ne tombent à main droite sur un cercle à main droite, dans travail longé non monté ?

Cordialement.
Patrice.

educaval :
Le 21/12/2011 à 20h10

Pierre sous entend la solution à votre problème en parlant de la force centrifuge............Vous avez un élément de réponse dans le manuel sur l'éducation à la longe que j'ai écrit, présenté par Cheval Savoir dans le numéro d'octobre 2011 et publié aux éditions PSR . Yves KATZ BEES2

hippo :
Le 21/12/2011 à 22h16

Je comprends beaucoup mieux l'équitation expliquée avec des termes physiques!
Mais j'ai un peu (beaucoup) peur de ce que je lis, quand je vois tout ce qu'on peut casser juste en longeant, même sans enrênement, alors que le cheval est plutôt libre de ses mouvements.(ahhh... mauvaise conscience....)
Quel suspense, j'attends la suite avec impatience.

pierrebeaupere :
Le 21/12/2011 à 23h57

Ne vous en faites pas Patrice, la suite arrive, qui devrait vous aider à résoudre vos problèmes... Toutes vos questions devraient trouver leur réponse et je me ferai un plaisir d'éclaircir les zones d'ombre si quelque chose n'était pas clair à la fin de cette série...

Pierre.

fannywopke :
Le 22/12/2011 à 16h50

très intéressant mais en effet ça fait un peu peur, je ne regarderais plus mes cercles avec le même oeil! vivement la suite

beacheval :
Le 22/12/2011 à 22h59

Ma jument illustre tout à fait vos propos, sauf que c'est à main gauche qu'elle raccourcit le cercle (et fait des ruades) (elle a 4 ans) et à main droite qu'elle dessine bien le cercle, mais abaisse
plus la hanche droite et tourne la tête à gauche.
Remède, moi aussi je lui fais ralentir la cadence, quitte à raccourcir le cercle un moment pour la remettre droite. Qu'en pensez-vous?
Il y a aussi les longes doubles qui aide le cheval a rester droit (selon Monty Roberts). Mais il faut acquérir le technique, et ça n'est pas facile de bien jauger les rênes pour ne pas forcer le cheval a plier l'encolure vers lepoutrail.
Hmmm...

mariesophie :
Le 31/12/2011 à 18h09

LIMPIDE! ...merci Pierre pour ta pédagogie ...des explications qui saurons encore et encore aiguiser notre regard et affiner nos sensations bonnes comme mauvaises afin de nous aider à élaborer pas à pas les séances qui sauront patiemment mettre nos chevaux dans le juste équilibre ...sans bon diagnostic inutile de rêver au moindre remède !...encore une fois MERCI !

patrice :
Le 03/01/2012 à 08h32

Bonjour,

Depuis la réponse de pierre à ma question, j'ai beaucoup observé ma jument en la longeant.

Je me suis aperçu que si je le met sur un cercle plus réduit, en demandant un peu plus d'activité dans les postérieurs, elle n'a plus tendance à tomber à l'intérieur du cercle, force centrifuge oblige ...
Ensuite, une fois que j'ai maintenun cette activité dans un rythme assez lent pour qu'elle ait le temps de décomposer ses mouvements et de s'organiser, je lui demande progressivement de ne pas mettre la tête à l'extérieur, mais d'être un minimum droite sur le cercle, même si cela ne dure pas longtemps. Je demande donc souvent, et je récompense simplement en détendant la longe et en cessant de demander de l'activité. Ensuite, je l'appelle vers moi, la félicite et on recommence.

Cela semble avoir convenu ces derniers jours à ma jument, mais si tout cela n'est pas parfait bien sûr. Petit à petit, l'oiseau fait son nid ...

Bonne année à tous.

gabian :
Le 08/01/2012 à 21h38

Une notion qui ressort de cet article et qui me semble avoir un impact important qur le travail, est le fait que le cheval, du fait de sa latéralité, ne se comporte pas de la même manière à main droite qu'à main gauche. S'il faut le travailler de manière symétrique (en termes de temps et d'effort), ne faudrait-il pas du coup lui demander des exercices différents selon la main sur laquelle on évolue, afin d'améliorer sur chaque côté "ce qui ne va pas" ?

pierrebeaupere :
Le 08/01/2012 à 21h50

Vous êtes dans le bon Gabian et Patrice! Mais ne comptez pas sur moi pour vous dévoiler la fin du film avant d'être au bout, ce serait tuer le suspens!!!

Je prévois aussi de vous montrer à la fin de cette série une vidéo de la transformation d'un cheval qui est un cas d'école car condamné par plusieurs vétérinaires pour boiterie...

La suite arrive bientôt!

Pierre.

kiki :
Le 09/01/2012 à 04h59

Merci pour ces articles de fonds sur le fonctionnement locomoteur du cheval. Cette approche fait du bien!
J'ai une jument de 6 ans qui a un problème de vue à l'oeil droit suite à un choc. Elle y voit mais très mal. de ce fait, elle a une difficulté à tourner sur ce côté. Avez vous des solutions appropriées, spécifiques pour ce type de problème?
Merci

gabian :
Le 09/01/2012 à 21h26

J'ai hâte de lire la suite !

Une autre question m'est venue à l'esprit : on dit toujours qu'il faut commencer le travail, un exercice, .. par le côté le "plus facile". Compte tenu de la latéralité du cheval, quel est donc le côté "facile" ? Par exemple, pour un droitier, est-ce à main droite (sa côté "fort", long, quoi qu'il soit plus difficle à plier / incurver de ce côté-ci) ou à main gauche (son côté "faible", contracté, mais où le cheval donne plus facilement le pli/ l'incurvation ?)? D'autant plus que le cavalier ne ressent pas forcément la facilité ou difficulté de la même manière / du même côté que sa monture ?

pierrebeaupere :
Le 10/01/2012 à 22h34

J'ai pris le parti de ne pas répondre aux questions dont je sais que vous trouverez une réponse dans les articles car il me faudrait de trop longues explications qui ne seraient qu'une répétition de ce qui sera dit par la suite. Je sais que cette série est longue et certainement un peu frustrante mais ne vous en faites pas gabian, vous aurez aussi la réponse à cette question! Chaque étape de cette série vous mène à la suivante et toutes ces questions et notions y seront traitées en détails. J'utilise en effet une "technique" pour obtenir un cheval très droit qui tient en principe compte de tous ces paramètres.

Pour ce qui est de la question de kiki, j'ai pu constaté en travaillant avec des chevaux n'ayant qu'un oeil qu'il est préférable d'avoir un cavalier assez "présent" et de bien canaliser le cheval dans les aides afin qu'il s'en remette aux indications du cavalier plus qu'à ce qu'il voit. Il faut évidemment beaucoup rassurer ces chevaux. Je pense que vous trouverez aussi certaines informations utiles lorsque nous arriverons dans les dernières étapes de cette série, qui touchera à la correction de la dissymétrie.

patsy :
Le 08/02/2012 à 19h33

Lire et relire! Et malgré tout je ne sais toujours pas si mon cheval est droitier au gaucher.
D’après les articles précédents j’en ai déduit qu’il est gaucher.
Par contre cet article me ferait penser le contraire. Longé, il donne toutes les caractéristiques d’un cheval droitier.
Ce qui est curieux c’est que monté, parfois il ne veut pas tourner à gauche et à la longe c’est l’inverse, c’est à droite qu’il bloque. Quel casse-tête …..

educaval :
Le 08/02/2012 à 22h23

Il existe la dissymétrie naturelle du cheval.
Il ya la dissymétrie acquise par un travail mal conduit.
Il ya la dissymétrie imposée sous la selle par un cavalier, lui même dissymétrique, qui gêne son cheval au lieu de l'accompagner( le liant est une qualité dont on ne se préoccupe pas trop de nos jours).
Et ces dissymétries ne sont pas nécessairement les mêmes!
Yves KATZ, BEES2

gnourf :
Le 13/02/2012 à 16h10

J'ai souvent lu des cavaliers professionnels reprocher au trot son côté symétrique et donc lui préférer le galop, notamment pour la détente du cheval (phase de trot fortement réduite voire nulle). C'était souvent exprimé comme une vérité générale et visiblement partagée or ce point ne me paraît pas du tout intuitif.

Le trot me paraît au contraire une allure très adaptée pour travailler sur la dissymétrie grâce à son mécanisme symétrique. Il me paraît plus simple de remarquer une différence gauche/droite dans le fonctionnement du cheval quand il est censé être régulier des 2 côtés (comme pour repérer une boiterie).

Est-ce que ces reproches envers le trot sont fondés pour tous les chevaux ou est-ce que cela ne s'appliquerait pas plutôt au cas par cas?

Merci pour votre retour.

pierrebeaupere :
Le 14/02/2012 à 18h06

Je pense que vous avez entièrement raison gnourf. Justement le trot nous permet de sentir si le cheval est vraiment droit (pas seulement qu'il marche droit mais aussi qu'il est égal dans la main). Personnellement je ne galope justement que si le cheval est parfaitement droit au trot, quitte à attendre plusieurs mois avant d'entamer le début du travail au galop.

Je pense ne pas me tromper dans la mesure où, à la lecture des Anciens Maîtres, on peut constater qu'ils recommandaient de manière récurrente de ne pas travailler le galop tant que le cheval n'étant pas entièrement dressé au trot (piaffé et passage inclus!).

Pierre.

Article publié le 07-12-2011

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