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Le Barbe : cheval de mémoire, cheval d’avenir ?

Le Barbe est un cheval hors mode. Cette race fondamentale, qui fut à l’origine du cheval ibérique, et a, de ce fait, marqué toutes les races d’Europe, a été oublié durant plusieurs décennies. Il représente pourtant l’archétype du cheval adapté au loisir et à l’instruction, solide et extrêmement économique d’entretien. Il pourrait, en ces temps de crise et de recherche d’une équitation plus naturelle, constituer une alternative intéressante au trotteur de réforme pour la remonte des centres équestres, et pour toute une frange de cavaliers propriétaires qui souhaitent un cheval expressif et facile à vivre.

Aujourd’hui, il faut peut-être considérer le cheval barbe autrement que comme une simple monture. Car, vingt-deux ans après la création de l’organisation mondiale destinée à le réhabiliter, cet équidé issu d’Afrique du Nord mérite, par de nombreux aspects, toute notre attention. En effet, ce partenaire vaillant porte en lui des souvenirs susceptibles de nous émouvoir encore.

Le cheval Barbe
Cliquez pour zoomer Un cheval fier, au caractère facile © L.Bataille

Ce cheval très spécifique a pu, effectivement, faire mal aux souvenirs, aux consciences, à une certaine mémoire collective et, en le sauvant de l’oubli, il est permis de rendre hommage aux guerriers de bien des horizons qui ont su en faire, avant de le renier, une monture prestigieuse et historique. Car, même si son rôle, dans l’histoire de bien des civilisations, a pu être masqué par la grande médiatisation du pur-sang arabe, le cheval barbe possède une existence véritable et sa propre légende. Lui, le produit d’Al-Maghrib (le Maghreb : l’endroit où le soleil se couche) a conquis plus de terres, et au moins autant de cœurs, que bien des chevaux venus d’Orient. Après avoir frisé l’extinction pour bien des raisons, notamment humaines, il a pu, en ce début de troisième millénaire, revenir sur le devant de la scène de bien des préoccupations équestres ; dans son berceau d’origine (Maroc, Algérie, Tunisie) mais encore hors berceau comme en Suisse, en Allemagne et en France surtout.

Une grande traversée des siècles et des mers

Dès l’Antiquité, les cavaliers turbulents du Maghreb (alors Afriqiya ) seront confrontés aux Grecs qui les désignent sous le terme de « Barbares » (décliné en Barbarie, barbaresques, Berbères…) puis aux Romains partis à la conquête de Carthage. En 211 av.J.C. un général carthaginois, Hannibal, sera aux portes de Rome accompagné de milliers de cavaliers montés sur des chevaux berbères. Des chevaux qui, par la suite, accompagneront les Vandales puis les Byzantins. Au Moyen-Âge (VIIème siècle), les Berbères et leurs chevaux, qui vont prendre en ces lieux le nom de « Barbes », envahissent l’Espagne. Les Barbes, donc, et les protobarbes, descendants des montures abandonnées par Hannibal, vont engendrer l’Andalou et réintroduire les équidés aux Amériques (les Criollos, les Mustangs en sont issus…) Le Barbe va séduire les grandes cours européennes (France, Italie, Angleterre, Autriche…) et être considéré comme le cheval de manège par excellence, avant même que le « genêt » d’Espagne (ancêtre du PRE et du lusitanien) ne revendique ce titre. Pluvinel et Newcastle ne tarissent pas d’éloges sur cette race “apte au manège”, et le fameux cheval Le Bonite, monture du roi Louis XIII était un étalon barbe…En Angleterre, le cheval préféré du roi Richard II était un barbe de robe rouanne répondant au nom de Roan Barbary…
Quant au “cheval Blanc d’Henry IV, il est hautement vraisemblable qu’il s’agissait aussi d’un Barbe !

Au XIXème siècle, après avoir succombé au charme du pur-sang arabe, sous l’influence de Napoléon, la France va tomber sous celui d’un autre pur-sang, venu d’Angleterre : le très rapide coursier qui n’a de pur et d’anglais que le nom…Car paradoxalement, le Barbe, grâce à Godolphin notamment, était l’un des pères fondateurs de cette race nouvelle.

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