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Aux longues rênes : le contrôle dans le relâchement

Par Alain Ventre, BEES 2 et Expert fédéral*.


N°28 Janvier 2012
9 Commentaire(s)
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Les chevaux de sport ont de plus en plus une forte propulsion associée à une bouche sensible. Cette qualité rend souvent problématique leur dressage de base, qui tourne au cas de conscience.

Nous vous proposons ici le premier volet d'une méthode de travail aux longues rênes destinée à apprendre au cheval le contrôle dans le relâchement.

L’idéal est un cheval qui, suivant de simples indications, agit sans le secours des aides, et semble se diriger à sa guise au travail d’école, de même qu’à l’extérieur, à travers la campagne.
"Il galope à l’aise comme en liberté, en franchissant sans contrainte, talus, fossés ou autres obstacles" (Capitaine Beudant). 

Mais les choses ne sont pas si simples. D’une part, il faut éviter que le cheval ne ressente un conflit entre sa bouche et la main du cavalier, en touchant le moins possible aux rênes, limite les objectifs. De l’autre, vouloir progresser de façon autoritaire, finalement et après réflexion… fait plus de mal que de bien.

Schéma
Du fait que la décontraction de la bouche est grandement facilitée, l’intérêt de ce matériel et de cette méthode, est d’aller dès le début, plus facilement vers le rassembler : le cheval reste calme, son rebond et sa flexibilité augmente, alors qu’il grandit son avant-main tout en s’équilibrant. © Schéma Alain Ventr

On constate souvent que, pour ne pas être débordé :

  • soit le cavalier opte pour une équitation « sous impulsée » et dégrade peu à peu le potentiel athlétique de sa monture ;

  • soit il a recours aux enrênements, qui risquent fort de créer des troubles nerveux chez le cheval et de dégrader la coordination du moteur (arrière-main) avec le balancier tête-encolure. Parce que « fléchir » un cheval par la contrainte est un acte qui peut le casser, au sens figuré (psychologique) et au sens propre (mécanique) ;

  • soit le cavalier décide de rester « académique » en filet simple, compte sur sa technique et les exercices appropriés, pour la préparation de son cheval. Dans ce cas, malgré les bonnes intentions, les conflits apparaissent très fréquemment, surtout dans le contexte de la compétition. En effet, du fait de l’émotion, le cheval adopte un comportement ressemblant à celui du skieur débutant et téméraire, qui consiste à se tendre en se raidissant sur les jambes arrière, en éloignant le bassin vers l’arrière tout en mettant du poids sur l’avant avec les épaules, pour prendre de la vitesse… Gare aux obstacles !
«Se placer dans un endroit précis, en adoptant une alternance entre tracé circulaire et segments de droite»

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9 commentaire(s) »

zaude :
Le 13/02/2012 à 15h27

la première photo de la jument Isis montre une rêne extérieure trèès tendue, avec l'effet poulie en plus qui démultiplie les forces, je serais curieuse de savoir combien de kilos on mesurerait en traction sur la bouche de la jument...

pinpin :
Le 13/02/2012 à 22h48

Certainement une force supérieure à 30 kgs !!!
Plus la tension de la guide extérieure sur la corde du jarret !!!
Mais il faut en plus prêvoir une fermeture efficace de la bouche !!!
Adieu la décontraction de la machoire et du reste !!!
Au revoir la "légéreté" !!!!
Pierre au secours

tchiquita :
Le 14/02/2012 à 10h14

tchiquita
le14/02/2012 à 09h55

Tout à fait d'accord avec les deux précédentes interventions. Pourquoi prendre un filet simple si c'est pour agir dessus avec un effet rènes coulissantes ? Pour une revue qui prone la légèreté : bravo ! A consulter plutot l'excellent livre de Philippe Karl sur la question.

dreamoiseau :
Le 14/02/2012 à 10h36

Je me permets de rappeler les propos rapportés par Michel Henriquet dans son ouvrage sur le travail à pied : il demandait à un ancien écuyer en chef de Vienne si le travail aux longue rênes leur servait à améliorer le rassembler ou la légèreté ; réponse : "non, et c'est bien heureux lorsqu'elle ne l'abîment pas"...

eleonore :
Le 14/02/2012 à 16h18

Il est vrai que les photos ne sont pas le reflet des louables intentions de l'auteur. Je retiens tout de même que cet article a été écrit justement dans l'intention de partager son soucis d'épargner la bouche des chevaux,que le dispositif est à cette fin, et que le danger souligné par les commentaires n'est peut-être pas là. Je retiens également que la jument Isis est une de ces montures victimes d'un mauvais équilibre et d'une locomotion défectueuse, et que ce qui ne nous apparait pas comme une réussite évidente côté progrès, l'est au contraire effectivement pour l'auteur...(Il m'est arrivé de vouloir démontrer mes talents d'enseignante en montrant à l'Inspecteur comment je m'y prenais avec les élèves les moins doués: j'ai seulement montré que mes élèves étaient très nuls...donc moi et ma méthode aussi).
Bref, Alain Ventre peut il s'expliquer? une question: qu'en est il de la pression sur le chanfrein et les parties du corps touchés par le dispositif?

alain :
Le 16/02/2012 à 23h24


En matière d’équitation, il existe plusieurs savoir-faire, dont le plus connu est de faire évoluer des chevaux qui ont le potentiel physique et mental d’un « premier de la classe », ainsi qu’une éducation (incluant le débourrage) parfaite. Ces chevaux sont des points de repères précieux pour les équipes, cavaliers, entraîneurs et soigneurs, qui les côtoient. Ils sont indispensables à l’épanouissement général.
Une société (équestre), qui ne s’occuperait que de cette catégorie, laisserait les autres chevaux sur le bord de la route…
Le cheval a une psychologie comparable par certains aspects, à celle d’un enfant : il est facile de s’apercevoir qu’il commence par tester son éducateur (cavalier), puis en fonction du résultat, il peut se mettre temporairement à le défier et même avoir tendance à faire sa loi… Arrivé à ce stade, il semblerait qu’il y ait deux façons assez courantes de réagir : soit régler le problème de façon autoritaire, en fermant les portes du manège et en interdisant son accès, soit se défausser pour ne pas risquer de ternir son image.
Heureusement, les éthologues en particulier, nous apportent l’état d’esprit d’une troisième porte de sortie du conflit, basée sur la logique du cheval, et consistant à recadrer la situation pour revenir dans la catégorie du cheval « premier de la classe ». C’est possible, mais souvent très délicat, parce qu’il faudra évidemment faire lâcher prise au cheval, pour ce qui est de ses mauvais
comportements. Dans les cas extrêmes, cette rééducation va incontournablement passer par des caps techniques, et des situations psychologiques « border line ».
J’insiste sur le fait qu’il ne faudra jamais agresser le cheval, mais se placer dans les meilleures conditions possibles, lui « passer la commande et attendre la livraison ».
Mon propos est justement de parler de ce créneau, en ayant recours aux longues rênes, car je suis convaincu que lorsqu’il existe une solution pour aider à passer les caps correspondants en équitation montée, c’est la meilleure.
Dans mon article, il a manqué une introduction explicative ainsi que les photos de ma collection illustrant l’objectif final, que nous cherchons tous à atteindre, et que ne peux joindre à ce commentaire. Du coup, la photo qui fait débat s’est trouvée sortie de son contexte. Je prie le lectorat de C.S. dont j’ai heurté la sensibilité, de bien vouloir m’en excuser.

Alain Ventre, BEES 2, Expert Fédéral (Longues rênes, locomotion et préparation du cheval de sport.)

pinpin :
Le 17/02/2012 à 09h02

Merci Alain pour cette explication, celle-ci va me permettre de voir d'un autre oeil ce travail aux longues rênes.
Malgré tout, je souhaite éclaircir et comprendre plusieurs points.
Sauf incompréhension ou omission de ma part, votre article se découpe en deux sujets le premier « le bridon éducatif » le second le travail aux longues rênes.

1 - Au sujet du bridon éducatif :
Peut on avoir des précisions sur le bridon éducatif, particulièrement des illustrations avec d’autres photos car la photo présentée n’est pas très explicite ?
Merci de pouvoir apporter quelques précisions sur son fonctionnement avec quelques croquis.
Comment les rênes sont elles connectées?
Utilise t-on ce bridon avec les longues rênes ?

Travail aux longues des rênes.
2 - Rêne intérieure :
Sur la photo le montage de la rêne intérieure part de la main du longeur, la rêne passe ensuite dans l’anneau du mors repart sur le surfaix, passe dans un anneau de surfaix apparemment sans poulie sur la photo !!! avec risque de fortes tensions sur la bouche pression sur les barres et la langue et surtout impossibilité à la rêne de coulisser, celle-ci reviens se fixer sur le mors. Est ce exact ?

3 – Recommandation, durée de l’apprentissage :
Je retranscrit votre texte
Recommandation
Les premières fois, n’effectuez ce travail qu’à une seule main, en espaçant les séances d’au moins une dizaine de jours. Petit à petit, le cheval va enregistrer ce que vous lui demandez, en étant de moins en moins dérangé. Donc, vous aurez au fur et à mesure, la bonne posture plus vite sur demande. Le cheval va pouvoir se construire dans de nouvelles dispositions mentales et musculaires incroyablement agréables…
Pourquoi si peu de répétitions : la méthode serait elle contraignante ?
Combien de séances ai je besoin avec un cheval moyen ?

4 – Questions
S'agit il donc d'une gymnastique corrective pour améliorer la locomotion du cheval lorsque toutes les autres techniques ont échouées ?
S’agit il d’un moyen pour gagner du temps ?
Vous employez cette technique sur des jeunes de chevaux n’y a t’il pas de risques articulaires ou ligamentaires ?
Dois je comprendre que vous essayez d’atteindre « une auto-posture du cheval » ?
Permettez moi de faire ici une parenthèse sur le travail de Jean Yves Le Guillou sur le travail aux deux longes et l’auto-posture du cheval. www.autoposture.com
Dans l’affirmatif, lorsque l’on monte le cheval, quels sont les exercices pour transmettre ces apprentissages d’Auto-posture ?
Qu’elles sont les informations de communication qui permettrons à notre cheval monté de comprendre la demande correspondante à l’auto-posture souhaitée.
Seront elles verbales ou avec les aides classiques de poids, de jambes, de mains ou autres ?
Un prochain article complètera t-il celui-ci ?
Votre article expliquera t-il le pourquoi et le comment de l' effet des longues rênes sur les différentes parties du corps du cheval ?
Quels sont les muscles qui se décontractent avec quel exercice ?
Est ce que le fait de passer la rêne extérieure sur le jarret déclenche chez le cheval une décontraction de la bouche ou/et une meilleure rectitude du devant ?
Ai je la fonction « prendre et rendre » qui est possible aux longues rênes ?

pinpin :
Le 20/02/2012 à 12h32


Même s’il a été mal introduit, l’article d’Alain Ventre me semble digne d’intérêt.
Les commentaires des uns et des autres, des discussions avec un cavalier et un meneur
m’ amène à tenter l’expérience sur deux chevaux.
En fait, je ne souhaitais pas rester sur un sentiment mitigé vis à vis d’une méthode de travail sans avoir tenté de la mettre en œuvre.
EXPERIENCE DUNE FIN DE SEMAINE
Sans réponse aux questions du dernier commentaire, c’est sans plus attendre que j’ai souhaité mettre en pratique le travail aux longues rênes version A V .
J’ai donc travaillé sur le sujet et établi un plan d’expérience afin de mettre en pratique l’usage des longues rênes.
Les équidés qui me serviront de « cobayes » , sont deux trotteurs, l’un de 1.73m âgé de 9 ans et le deuxième de 1.63 âgé de 12 ans. L’un et l’autre ont des problèmes pour se rassembler avec , comme vous pouvez l’imaginer, quelques problèmes d’équilibre.
Ces deux équidés sont des chevaux d’école, ils sont montés ou travaillés à pied dans la forme classique ou en auto posture avec (filet, longe, deux longes, longues rênes, etc.) .
Ils sont donc familiarisés et parfaitement conditionnés à tous les mouvements.
Ils connaissent parfaitement les aides de la chambrière ainsi que la sémantique (la voix) et la sémiotique (gestes et postures) de l’écuyer au centre du cercle.

Outils utilisés :
- un surfaix avec des anneaux de réglage sur plusieurs hauteurs.
- deux longues rênes de 8m finissant en leur extrémité par une corde de 8 mm environ sur lesquelles ont été montées des poulies afin d’améliorer le coulissement. Cela permet d’éviter les blocages et freinages intempestifs que nous redoutions dans les anneaux de surfaix.
- un filet à aiguilles en acier comme connections et communications manuelles avec la bouche du cheval.
- la chambrière habituelle à laquelle nos deux équidés sont familiarisés.

Le passage des longues rênes :
Effectué comme le décrit Alain Ventre dans son article, exception faite de l’utilisation des poulies de renvoi qui m’ ont semblé nécessaires voir indispensables.
En effet, des essais sans poulie et passage des rênes modifiés sur le deuxième équidé m’a permis de me rendre compte de l’incidence des frottements dans les anneaux de surfaix.

Tenue des deux rênes et de la chambrière :.
- dans la main gauche, la rêne intérieure sur l’index et rêne extérieure entre majeur et annulaire flot des rênes sur l’auriculaire.
- dans la main droite, la chambrière, celle-ci assure la fonction propulsive.
La chambrière est tenue en position raquette de tennis (vers l’avant).
- la main droite viendra aider la main gauche pour toutes opérations de raccourcissements, rallongements ou éventuelles créations de boucles.


Le travail
Nous avons fait uniquement un travail à main gauche, sachant que nous avons deux chevaux avec des incurvations différentes.
- mise sur le cercle au pas sans problème apparent pour les deux chevaux.
- mise au trot, les deux chevaux chercheront pendant un temps à s’adapter, et se positionneront dans un certain auto-confort. Chacun d’entre eux a changé d’attitude et petit à petit, j ‘ai constaté une amélioration de la locomotion.

Je ne peux pas détailler la séances de travail de 25 minutes pour chaque cheval, ce serait beaucoup trop long.

Toutefois, je peux déjà répondre à quelques unes de mes interrogations.

1 – pour le cheval ayant la bonne incurvation, pas de tension excessive sur aucune des deux rênes, en effet, après cinq minutes de travail au trot, pratiquement le poids des rênes suffit au fonctionnement.
La tension est un peu plus pesante qu’un contact montée, celle-ci est augmentée du poids des rênes qui sont relativement longues.
Pour le cheval en opposition de l’incurvation, j’ai eu quelques rotation en contre-incurvation mais le cheval a vite compris qu’il fallait céder pour se proposer un confort relatif.
2 – la locomotion est dans les deux cas nettement améliorée, je constate une meilleure introduction des postérieurs sous la masse du cheval.
3 – notre position et nos actions de main, nous permettent d’agir également sur l’abduction du postérieur interne.
4 – le cheval se grandit de devant et j’ai constaté une montée du garrot, un soutien du bout du devant avec la nuque au point le plus haut.
5 – la position de la rêne extérieur qui passe sur la corde du postérieur extérieur provoque une tension/cession à chaque fois que ce postérieur externe bouge d’avant en arrière.
On constate le même effet que la fonction « prendre et rendre » de l’enrênement Pessoa.
De ce fait, on retrouve, une décontraction de la bouche, la décontraction de tout le reste du corps du cheval se retrouve dans sa locomotion.
6 – le poids des rênes est décontractant par le simple fait que par la locomotion du cheval, celui-ci secoue l’ensemble des rênes provoquant vibrations dans la bouche.
Conséquence une réduction des résistances de force.
Par ailleurs : les résistance de poids peuvent être très facilement réduites par l’écuyer qui agit sur la rêne intérieure (ce qui a été mon cas). Ces résistances de poids ont été peu nombreuses.

Le travail aux longues rênes, tel que l’auteur nous l’a présenté, est pour moi un travail d’éducation et de gymnastique musculaire, en vu de mettre en équilibre le cheval.
Je pense qu’il faut le pratiquer, comme nous l’indique Alain Ventre, avec beaucoup de prudence car ces exercices peuvent être assez difficiles pour des jeunes chevaux.
Par contre, il me paraît indiqué pour les chevaux de toutes disciplines.

Mes dernières remarques :
- il est important de familiariser votre cheval à la présence de la guide dans le creux du jarret extérieur.
- au début du travail sur le cercle, nous avions des résistances de poids et de force qui ont été auto-solutionnées par chacun deux chevaux.
- L’utilisation de poulies est nécessaires
- il est nécessaire que votre cheval soit habitué au travail à la longe et qu’il réponde bien aux aides utilisées (sémantique et sémiotique).
- le temps de réponse de votre demande de vos mains est plus long. Il faut savoir attendre que le cheval reçoivent la connexion, s’informe et acquiesce en renvoyant sa réponse.
- Respecter le passage des rênes comme décrit notamment la rêne intérieure l’aller retour entre surfaix et mors/main peut paraître surprenant mais il est indispensable pour réduire l’appui du cheval au risque de se trouver avec 30 kgs dans la main.
- Il est important de bien prendre en compte l’incurvation du cheval dans le travail, restant prudent lorsque des défenses musculaires apparaissent.


SUITE DE MON PLAN D’EXPERIENCE
Je répète ce travail lundi et tous les jours de la semaine prochaine
J’espère constater une évolution sur les deux chevaux dans les semaines qui suivent sachant que nous ne respecterons pas les dix jours d’intervalle comme préconisé par Alain Ventre.

La phrase d’Alain Ventre « placer le cheval dans les meilleures conditions possibles, lui passer la commande et attendre la livraison » prend dans cette méthode tout son sens et toute sa valeur. J’ai vraiment eu se ressenti dans mon travail.
Pour le bridon éducatif je reste dans l’attente de réponses à mes interrogations
Merci Alain de ne pas me laisser sur ma faim.

jardin :
Le 06/01/2013 à 20h45

Oui Alain, donnez-nous davantage d'explications!!!

Article publié le 11-02-2012

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