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Longues rênes et bridon éducatif : les réponses

Par Alain Ventre, BEES 2, Expert fédéral


N°29 Février 2012
2 Commentaire(s)
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L'article paru le mois dernier intitulé "Longues rênes : le contrôle dans le relâchement" a suscité de nombreuses interrogations.

Réponses de l'auteur, Alain Ventre, Instructeur d'Equitation BEES 2 et Expert Fédéral (Longues rênes, locomotion et préparation du cheval de sport).

L'article paru dans le numéro du mois dernier sur le travail aux longues rênes a suscité a suscité un vif intérêt, beaucoup de questions et même des débats passionnés.
L'auteur, Alain Ventre, répond aux lecteurs, notamment à partir d'une séries de questions posées dans l'espace "Commentaires" par "Pinpin".

Alain Ventre
Alain Ventre enseigne aux Ecuries de la Pommeraie, au Perray en Yvelines. © L.Bataille

Questions

Question 1. Au sujet du bridon éducatif, peut on avoir des précisions ?
Comment les rênes sont elles connectées ? Utilise t-on ce bridon avec les longues rênes ?

Question 2. Rêne intérieure : sur la photo, le montage de la rêne intérieure part de la main du longueur, la rêne passe ensuite dans l’anneau du mors repart sur le surfaix, passe dans un anneau de surfaix apparemment sans poulie sur la photo ! Avec risque de fortes tensions sur la bouche pression sur les barres et la langue et surtout impossibilité à la rêne de coulisser, celle-ci revient se fixer sur le mors. Est ce exact ?

Question 3. Vous recommandez de n’effectuer ce travail qu’à une seule main, en espaçant les séances d’au moins une dizaine de jours. Pourquoi si peu de répétitions : la méthode serait elle contraignante ? De combien de séances ai je besoin avec un cheval moyen ?

Question 4. S'agit-il donc d'une gymnastique corrective pour améliorer la locomotion du cheval lorsque toutes les autres techniques ont échoué ? Ou d’un moyen pour gagner du temps ?

Si vous employez cette technique sur des jeunes de chevaux n’y a-t-il pas de risques articulaires ou ligamentaires ?

Dois je comprendre que vous essayez d’atteindre « une auto-posture du cheval » ? Je fais ici une parenthèse sur le travail de Jean-Yves Le Guillou avec deux longes et l’auto-posture du cheval, voir :

Dans l’affirmative, lorsque l’on monte le cheval, quels sont les exercices pour transmettre ces apprentissages d’auto-posture ? Qu’elles sont les informations de communication qui permettront à notre cheval monté de comprendre la demande correspondante à l’auto-posture souhaitée ? Seront elles verbales ou avec les aides classiques de poids, de jambes, de mains ou autres ?

Un prochain article complètera t-il celui-ci ? Votre article expliquera t-il le pourquoi et le comment de l'effet des longues rênes sur les différentes parties du corps du cheval ? Quels sont les muscles qui se décontractent avec quel exercice ?
Est ce que le fait de passer la rêne extérieure sur le jarret déclenche chez le cheval une décontraction de la bouche ou/et une meilleure rectitude du devant ? La fonction « prendre et rendre » est-elle possible aux longues rênes ?

Réponses

Réponse 1. Toute ma vie, j’ai essayé de comprendre le cheval, d’apprendre son fonctionnement et d’évoluer sans cesse. En tant qu’enseignant puriste, j’ai dit et répété aux cavaliers se heurtant à une difficulté "ne cherchez pas le matériel miraculeux (bridon, enrênement, mors, bosal etc.) il n’existe pas". "Tant vaut l’homme, tant vaut le moyen". (L'Hotte) Montez donc en filet simple !"

Les expériences de la vie de cavalier m’ont fait ressentir, qu’avant de réaliser un mouvement en grand dans son corps, le cheval doit l’effectuer « en mini » dans sa bouche. Par exemple, franchir son mors avant de développer, ou encore, le déglutir en cession de mâchoire avant de ralentir en s’équilibrant. Et là, il me paraît évident, que pour ne pas mettre « dans le rouge » les chevaux sensibles, le métal n’est pas la meilleure solution. En tout cas, tant que la situation reste délicate. Il peut même être judicieux de ne plus attacher les rênes sur les anneaux du mors, au moins temporairement, si le cheval se sent accroché dans sa bouche.

J’ai mis au point (il y a 3 ans) un mors, et l’année dernière un bridon. Dans les deux cas, l’idée est justement que le cheval se sente le moins possible accroché dans sa bouche, tout en permettant au cavalier d’avoir du contrôle.

«En fonction du vécu et du caractère des chevaux, la réalisation du simple n’est pas forcément naturelle ou évidente»

Comme les éthologues, j’ai cherché à avancer, dans une autre logique, que celle de faire mal pour soumettre. Mais en préparation d’équitation de compétition, le cahier des charges est très exigeant : il faut que le résultat soit favorable, immédiat, fiable dans un contexte à émotions fortes, et durable.

La chance a fait que le « chercheur d’or » que j’étais hier a trouvé ce qu’il cherchait.
Concrètement, étant donné le « bizutage » amical, auquel j’ai eu droit vous en conviendrez, de votre part et de celle d’autres lecteurs, vous comprendrez que les éclaircissements et les explications sur ce bridon seront distillées…

Oui, on peut l’utiliser aux longues rênes et c’est même une recommandation, qui, je l’espère, va faire changer d’avis ceux qui pensent que les longues rênes, au mieux ne cassent pas les chevaux…

Réponse 2. Il est préférable en effet, d’installer une poulie flottante sur la longue rêne intérieure, au niveau du mors, et aussi au niveau de l’anneau du surfaix (lorsque cette rêne est en double).

Réponse 3. Pourquoi attendre au début entre 2 séances et combien de séances ? En fonction du vécu et du caractère des chevaux, la réalisation du simple n’est pas forcément naturelle ou évidente. L’utilisation des longues rênes étant particulièrement performante pour avancer, je pense qu’il n’y a pas de contre-indication à la diluer, afin de ne pas avoir de risque de « bug ». « Demandez peu et récompenser beaucoup » (Beudant) surtout au début.

Réponse 4. La question 4 est un feu d’artifice de sous-questions ! Apparemment vous avez tout seul et en grande partie trouvé les solutions avec vos chevaux. Les chevaux sont de meilleurs communicants que les ministres, non seulement on se souvient de sa question, mais en plus on trouve la réponse tout seul.
Nous aurons l'occasion d'en parler plus en détail dans de prochains articles.

Cordialement, Alain.

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2 commentaire(s) »

pinpin :
Le 20/03/2012 à 21h47

Alain bravo et merci pour vos réponses.
Aprés trois semaines de travail aux longues rênes, les chevaux ont nettement évolués.
En plus l'achat de votre mors ce dernier week-end va encore améliorer la locomotion des deux "cobayes".
Les quelques essais avec le mors AV donnent des résultats surprenants.
Je ne peux que dire aux lecteurs de CS ... n'hésiter pas à mettre en pratique les longues rênes, c'est vraiement une technique, certe méconnue, mais tellement interéssantes.
Alain a inconstablement une démarche vers la légéreté, attendons ces prochains articles dans CS.

Jacqueline [invité] :
Le 12/11/2015 à 13h36


Je viens d'entendre une émission (bel rtl) sur votre activité de "coiffeur " pour chevaux .... ma fille possède un cheval très difficile à tondre (pas plus tard qu'hier).... pourriez-vous me recontacter à ce sujet.
grand merci d'avance

Jacqueline Mergen

Article publié le 05-03-2012

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