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S.A.R. la Princesse Alia de Jordanie au service de la protection animale

S.A.R. la Princesse Alia de Jordanie est très impliquée dans la protection de la nature et des animaux. Lors de la Conférence annuelle de la WAHO (Organisation Mondiale du Cheval Arabe) qui se tenait à Doha, elle a prononcé un discours dans lequel elle n'hésite pas à aborder des sujets "sensibles", comme le bien-être des chevaux dans les différentes disciplines équestres, le transfert d'embryons, l'hyperflexion ou l'équitation "éthologique".
Avec l'autorisation spéciale de S.A.R. la Princesse Alia, Cheval Savoir tient à publier de larges extraits de ce discours.

S.A.R. la Princesse Alia Al Hussein est la fille de feu S.M. le Roi Hussein de Jordanie, et la demi-sœur de S.M. l'actuel roi Abdullah. Elle est également la demi-sœur de S.A.R. la Princesse Haya de Jordanie, Présidente de la Fédération Equestre Internationale.

S.A.R. la Princesse Alia de Jordanie
S.A.R. la Princesse Alia de Jordanie est amateur et spécialiste du cheval arabe. © Reindert Jansen

La Princesse Alia est également une experte reconnue dans le domaine de l'élevage et la sélection du cheval de pur-sang arabe, et est juge international de show.

Princess Alia Foundation

Par ailleurs, la Princesse a créé, la PAF, (Princess Alia Foundation) une ONG dédiée à "la compassion et le respect envers toute la Création", placée sous la tutelle du Ministère du développement social du Royaume Hachémite de Jordanie. Son but est de promouvoir l'équilibre, l'harmonie et le respect de toute la Création, par une approche holistique amenant tous les acteurs à travaillent ensemble.
La Princesse s'est impliquée dans de différents projets de défense animale, notamment la réforme des abattoirs.

Princess Alia Foundation

Elle a également fondé le projet Growing together ("Grandir ensemble") dans le but de permettre à des enfants handicapés de surmonter leurs problèmes, notamment grâce au contact avec les animaux, pour arriver parfois même à suivre une scolarité normale.

Enfin, la Princesse mène également un combat pour l'environnement, qui, au même titre que l'homme et les animaux, mérite respect et compassion.

Il va sans dire que cette personnalité est à ce point en adéquation avec notre ligne éditoriale que nous avons tenu à vous la présenter, et à publier ce discours plein de force et de sensibilité prononcé récemment à Doha.

La relation entre l'homme et le cheval dans le monde d'aujourd'hui

S.A.R. la Princesse Alia Al Hussein
Novembre 2011
Conférence de la WAHO – Doha, Qatar

Bien que le titre de discours soit "Les relations homme/cheval dans le monde d'aujourd'hui", j'espère que vous me pardonnerez si je commence par quelques réflexions sur l'aspect plus large des relations entre les hommes et les animaux dans le monde d'hier, en les "mettant en scène" et en essayant de voir non seulement où nous sommes mais comment donc nous en sommes arrivés là.

Il a fallu attendre 1999 pour que la Communauté européenne reconnaisse officiellement la sentience chez les animaux

La relation entre les animaux et les hommes du temps de nos ancêtres étaient, je pense, plus claires. La chasse était pour la plupart des gens une nécessité, menée malgré tout dans le respect de l'animal chassé -il ne s'agissait pas d'un pur massacre : la chasse se pratiquait dans un cadre donné et il y avait une grande interaction entre les hommes et le monde naturel. Il existait des rites culturels et religieux qui étaient strictement observés, contrairement à ce qui se passe aujourd'hui, où la plupart des recommandations sont souvent purement mécaniques, et exécutées (lorsqu'elles le sont vraiment) d'une façon indifférente et sans réelle empathie.

S.A.R. la Princesse Alia de Jordanie
S.A.R. la Princesse Alia de Jordanie : une personnalité attachante, qui se dévoue sans compter pour la cause animale. © Rik Van Lent

Le bouddhisme non seulement respecte les vies animales, mais évite systématiquement de tuer -même les plus minuscules insectes. Dans le chamanisme, les créatures sont souvent considérées par les individus comme leurs guides spirituels, ou "totems". Plus près de nous et plus familières pour la plupart d'entre nous, les trois religions monothéistes ont toutes des règles strictes en ce qui concerne la relation au monde naturel : ces règles sont basées sur la pitié et le respect. L'on nous a appris que le roi Salomon a modifié l'itinéraire de son armée tout entière pour éviter de piétiner une colonie de fourmis : dans l'Islam et l'histoire islamique, depuis le Prophète jusqu'à ses compagnons et son entourage, avaient des directives et des exigences vis-à-vis du traitement à réserver aux animaux et même aux plantes bien plus strictes que ce que de nombreuses associations de défense animale pourraient rêver, pour aussi étonnant que cela puisse paraître. L'un des exemples les plus parlants est celui du Prophète Mahomet, également à la tête d'une énorme armée, postant un soldat pour garder une chienne et ses chiots nouveaux-nés sur le chemin. Le centurion devait rester avec elle jusqu'à ce que toutes les tripes soient passées, de manière à ce que personne ne puisse les déranger. L'islam encore, en acceptant totalement la capacité du Christ à soigner les malades et ressusciter les morts, cite un des miracles du début, lorsque le Christ façonne une colombe avec de la glaise et lui donne vie d'un souffle.
Et admet que sa capacité, avec l'aide de Dieu, à donner la vie -le plus grand présent de tous- ne se limitait pas aux êtres humains.

Les trois religions monothéistes ont des règles strictes en ce qui concerne la relation au monde naturel

C'est un fait que nos prédécesseurs -il n'y a pas si longtemps, seulement une génération ou deux dans certaines parties du monde- étaient tous très conscients de l'aspect sacré de la vie, quelle que soit l'espèce concernée -et ce plus particulièrement au Moyen Orient et en extrême-Orient. Ils étaient pleinement conscients du fait que les animaux sont des êtres dotés de sentience.
Néanmoins, malgré l'influence de Saint François d'Assise et plusieurs autres dont l'action envers les animaux est bien connue, il a fallu attendre 1999 pour que la Communauté européenne reconnaisse officiellement la sentience chez les animaux.

Il y a donc clairement eu une dégénérescence dans l'attitude de l'homme vis-à-vis de la Création, et ceci s'est accéléré dans tous les aspects de la vie mondiale, durant le siècle dernier (...)

S.A.R. la Princesse Alia
Le cheval arabe est une des passions de S.A.R. la Princesse Alia, qui est juge international de la race.
© Reindert Jansen

Les chevaux. Nous sommes ici à la conférence de la WAHO car nous éprouvons une forme particulière d'amour, non seulement pour le cheval, mais pour le cheval arabe -le cheval "l'améliorateur" dont les gênes ont contribué à former toutes les races de sang -et d'autres races équines également.

Nous nous sentions, je crois, assez en sécurité et dorlotés par notre petit "monde du cheval arabe" jusqu'à il y a une vingtaine d'années. Certes, il y avait des cris d'alerte sur les tendances à l'abus dans l'entraînement des chevaux de show de l'autre côté de l'océan ; certes, nous en étions horrifiés, mais nous avions aussi une certaine complaisance en nous disant que ceci ne serait jamais possible ailleurs. Pour ma part, j'étais alarmée de voir combien vite cette complaisance n'avait plus lieu d'être lorsque les concours européens et australiens commencèrent à suivre, mais j'étais toujours assez naïve pour croire qu'une fois que tous les pays arabes seraient impliqués dans le monde du show, ceci changerait car ils n’accepteraient jamais ces excès (...) Quelle qu’en soit la raison, notre attitude n’est pas bonne pour nos chevaux. Avec regret mais ouvertement, j’inclus la Jordanie dans cette critique(...)

Les chevaux acceptent beaucoup d'inconfort physique tant qu'ils se sentent aimés et pris en considération

Assister à un show est véritablement devenu une épreuve pour bien des spectateurs. Ceux qui n’ont pas de chevaux engagés ne viennent pas car ce n’est pas un plaisir de voir une majorité de chevaux effrayés. Ceux qui sont trop attachés à leurs chevaux pour les soumettre à des abus sentent qu’ils ne peuvent pas concourir au niveau «professionnel» et laissent tomber (...)
Le monde du show n’est donc pas en grande forme,- et d'après ce que que j’ai vu, il en va de même dans les concours de bien d'autres races, à des degrés supérieurs ou moindres. Beaucoup de stress, beaucoup de voyages, peu de considération pour les chevaux (...)

Les sports équestres

Certains d'entre nous décident de pratiquer d'autres sports, parce que nous aimons tout ce qui entoure le cheval : l'odeur de son souffle, de son alimentation, du cuir de son harnachement... Nous essayons alors l'endurance, le polo, le dressage, les courses. L'endurance et le polo, bien que souvent décriés et cité comme abusifs par les gens du show voulant accuser les autres sports équestres (comme si l'addition de deux choses mauvais pouvaient faire une bonne chose). Ces deux sports -quand ils sont pratiqués comme il se doit, et j'insiste sur ce point- sont souvent très appréciés par les chevaux ! L'endurance implique de l'exercice, et quand l'entraînement et la nourriture sont bien adaptés, et qu'il n'y a pas de désir de gagner à tout prix (trop souvent, ce prix est celui de la santé du cheval) cela peut être un sport magnifique. Un véritable partenariat et une compréhension mutuelle entre l'équin et l'humain, un respect une affection réciproque, un effort physique soutenu qui culmine dans un magnifiques résultats qui découlent de la parfaite connaissance entre le cavalier et son cheval. Il y a parfois des victoires spectaculaires et inattendues ; mais quand ce n'est pas le cas, il reste tout de même une énorme satisfaction et une joie après une longue journée d'efforts passée dans une compétition amicale qui connaît une heureuse conclusion, dans des valeurs partagées. Dans ce genre de cas, c'est un grand sport.

L'endurance
L'endurance, un sport noble lorsqu'il se pratique dans le respect des valeurs partagées. © J.B/SPP

Le polo également, pour les chevaux qui ont l'aptitude au jeu et ont été entraînés et montés par de bons cavaliers sensibles, peut être apprécié du cheval. De nombreux poneys de polo semblent vraiment aimer ce jeu. Je connais plusieurs poneys bien dressés à l'ancienne qui font un petit transfert de poids ou un mouvement pour corriger l'assiette d'un cavalier inexpérimenté, et sont eux-mêmes de formidables professeurs ! Comme dans tout autre sport, si l'homme ne montre pas assez de considération ou est victime d'un égo trop fort, l'expérience peut être désastreuse. Cela ne provient pas d'un manque de compétence de la part du cavalier, parce que les chevaux, comme toutes les créatures qui ne parlent pas, comprennent les coeurs et acceptent beaucoup d'inconfort physique tant qu'ils sont aimés et pris en considération. A condition que les règles soient claires. Et que les choses aient du sens. C'est quand les choses deviennent illogiques par exemple lorsque que le cheval est puni d'avoir une attitude naturelle, récompensé de prendre une attitude inconfortable, félicité pour quelque chose de douloureux, puni pour rien... C'est là que les chevaux peuvent commencer à se révolter.

L'entraînement méthodique pratiqué par les écoles classiques d'équitation telles que l'Ecole de Vienne ou le Cadre Noir de Saumur est largement ignoré dans le monde du dressage moderne

Les courses, le CSO, le dressage -là encore, dans le monde moderne- c'est dans ces disciplines-là qu'il y a des problèmes.
Pour ce qui est du dressage, le travail d'entraînement méthodique de base pratiqué par les écoles classiques d'équitation telles que l'Ecole Espagnole de Vienne ou le Cadre Noir de Saumur en France, sont largement ignorés dans le monde du dressage moderne. Les technique et ces schémas d'entraînement prenaient en considération les fondamentaux comme la maturité (à la fois physique et mentale) des chevaux à chaque stade de l'entraînement : la nécessité de protéger les articulations et tendons en plein développement, et le fait de préserver les bouches sensibles. Les cavaliers n'étaient pas autorisés à toucher les rênes d'un cheval avant qu'il ait, je crois, deux ans d'entraînement, et qu'ils n'abîment pas le chevala avec une trop forte action de la main. Pas de bouches qui saignent, pas d'hyperflexion, pas de "langues bleues" à rendre les spectateurs malades. Ces chevaux entraînés classiquement durent, ils exécutent leurs exercices pendant des années avant d'être mis en retraite. Alors que l'âge moyen des chevaux de compétition en Europe étaient, il y a à peu près deux ans -je ne connais pas les statistiques les plus récentes- était de huit ans.

Produire des chevaux en nombre réaliste

Et alors que tant de chevaux n'ont pas le niveau désiré et sont envoyés à l'abattoir (ou sont simplement négligés), est-ce pour autant que nous en élevons moins ? Essayons-nous seulement de produire un nombre de chevaux réaliste, pour lesquels nous pouvons faire de notre mieux pour leur assurer un avenir raisonnable ? Au contraire nous élevons, par des moyens toujours plus artificiels -mettant à profit le moindre sou sans aucune considération pour les géniteurs : les étalons sont souvent mis à la reproduction beaucoup trop jeunes, au mépris total de certaines vérités de la philosophie chinoise qui considère comme égales l'énergie mâle avec l'énergie tout court. Les juments sont elles aussi prélevées sans merci pour les transferts d'embryons -pas seulement dans les rares cas où l'on cherche à préserver un courant de sang rare ou une lignée - ceci pourrait justifier le transfert d'embryons à petite échelle- mais pour d'autres raisons -des raisons égoïstes. Combien de fois n'avons-nous pas entendu : "Ceci n'est pas une jument d'élevage, c'est une jument de show qui produit des poulains. Elle doit garder sa silhouette pour participer aux shows" (...)

S.A.R. la Princesse Alia
S.A.R. la Princesse Alia fait partie de la Commission des juges de l'ECAHO. © Reindert Jansen

Je trouve franchement tout aussi choquant le fait que les juments porteuses -souvent de grandes et douces juments, qu'on n'estime pas assez bonnes pour reproduire elles-mêmes- sont considérées avec amusement et dérision quand elles produisent un "joyau" qu'elles ont porté, issu d'une génitrice plus aristocratique.
J'ai vu des personnes s'en moquer, les jugeant laides, alors qu'elles ont leur utilité, portant et nourrissant le poulain d'une autre. C'est un total manque de respect. Il faut pourtant se souvenir que les mères porteuses contribuent vraiment pour une part à l'aspect physique du poulain, et à son caractère. L'homme ne peut pas continuer à "jouer à Dieu" sans de sérieuses répercussions. Je suis désolée de vous décevoir, mais nous fermons les yeux et les oreilles face à la vérité, nous ne pourrons pas aider à rendre le futur meilleur pour quiconque. Mais il y a quand même de bonnes nouvelles. Il y a un grand cri de prise de conscience au sujet des abus pratiqués dans les shows. (Je le sais car ayant la discutable chance d'être dans la Commission des Shows de l'ECAHO, je suis régulièrement critiquée et jugée inefficace et inutile) et je ne blâme pas ceux qui disent cela - l'existence d'un comité est souvent un bon moyen de remettre les choses au lendemain, et avec la meilleure volonté du monde, l'action se révèle souvent horriblement lente.

Mais je crois vraiment que ce cri de révolte, s'il est soutenu, peut nous aider à faire changer les choses, en éveillant chez les propriétaires le sens des réalités -en ce qui concerne la souffrance de leurs chevaux - en donnant aux officiels (depuis les juges jusqu'aux commissaires de piste) pour qu'ils soient beaucoup plus efficaces pour nous pousser vers des actions et des décisions plus pratiques (...)

Les chevaux dans leur propre "domaine d'expertise"

Nous savons que les chevaux sont des animaux dotés d'une très grande force -même un foal peut être très difficile à manipuler s'ils décident de l'être. Mais ceci heureusement sous-entend un fait : si les chevaux n'avaient pas à la base la volonté de travailler avec l'homme, s'ils étaient intrinsèquement vicieux ou non-coopératifs n'attendant qu'une occasion d'être "le patron", de prendre le dessus, ou de nous faire mal, ils n'auraient pas à travers l'histoire été de si merveilleux compagnons, si patients et si tolérants face à nos erreurs et à notre incompétence (voulue ou non) et si bien disposés à être nos compagnons de travail et nos amis. Les chevaux ont des personnalités individuelles qui dans un troupeau sont des éléments d'un tout ; chacun ayant son rôle en fonction de ses capacités naturelles et chacun complément le rôle des autres. Il existe des chevaux exceptionnellement sensitifs, -que nous percevons comme instables ou prompts à la fuite. En réalité, leurs capacités personnelles à détecter le danger, à trouver la nourriture et l'eau, et à prendre leurs décisions permet au troupeau de compter sur eux en tant que guides. Ceux-ci ne seraient pas forcément mieux adaptés pour d'autres usages, exigeant d'accepter le bruit assourdissant et l'obéissance totale sans aucune d'initiative individuelle. Il y a les "défenseurs" naturels", souvent des mâles très forts que l'on croit être les défenseurs du troupeau, mais qui en fait surveillent "les arrières", protégeant tout point vulnérable pendant que le guide -souvent une jument décidée et rapide- les conduit pour les mettre hors de danger. Un tel défenseur ne serait pas adapté à un travail où il devrait obéir à des ordres totalement étrangers à sa compréhension.

S.A.R. la Princesse Alia
L'association "Growing Together" a été fondée par S.A.R. la Princesse Alia pour aider les enfants autistes.
© Reindert Jansen

Ce qu'il faut admettre, c'est qu'avec les chevaux il faut rendre les choses aussi claires que possible, en gagnant leur confiance et en retour, en les respectant et en leur faisant confiance. Ainsi, lorsque nous leur demandons quelque chose qu'ils ne comprennent pas vraiment, comme de traverser une rue très passante. Ils accepteront le fait que nous connaissions cet environnement urbain et créé par l'homme, et nous font confiance pour ne pas les mettre en danger, tout spécialement si nous, en retour, nous leur faisons confiance dans leur environnement naturel, en ne les forçant pas à passer à travers un boqueteau où il a pu sentir un prédateur qui se cache, ou à prendre un sentier où ils sentent le sol peu sûr. Dans n'importe quel partenariat, se faire confiance l'un l'autre pour déterminer ce qui est le mieux pour les deux, et les laisser prendre la direction des choses dans leur propre champ "d'expertise" est ce qu'il y a de mieux.

Par la même logique, si l'on cherche à forcer une créature à exécuter un travail auquel elle n'est pas adaptée, et qui est contraire à ses capacités et à sa nature même, c'est le plus sûr moyen de créer des problèmes. Nous devrions comprendre cela, et ne pas nous mettre ou mettre le cheval dans une situation pour laquelle il n'est manifestement pas fait. Sinon, oui, il peut y avoir de grands conflits, et parce que nous avons plus de moyens techniques et physiques de contrôler les chevaux, nous risquons de les couler par la force dans notre moule - avec de grands dommages des deux côtés- en courant des dangers -et pire, en perdant toute humanité (...)

Certaines méthodes d'équitation "naturelle" peuvent être tout aussi préjudiciables que les abus physiques -et peut-être davantage car elles privent le cheval de sa volonté

Revenons aux bonnes nouvelles. Il y a une très forte tendance chez les gens qui veulent utiliser des méthodes non offensives et plus douces dans leur relation avec les chevaux. Néanmoins -et je sens vraiment que ceci est important à comprendre- certaines des méthodes d'équitation "naturelle" (notamment celles qui consistent à chasser le cheval dans un enclos fermé) peuvent s'avérer tout aussi préjudiciables que les abus physique -et peut-être davantage car elles privent le cheval de sa volonté. Et ce qu'il reste de lui n'est plus qu'une coquille pathétique. Certes, il n'y a pas de cruauté extérieure et l'intention est certainement bonne, mais la méthode est basée sur des vérités incomplètes ou partiales. En réalité, les chevaux sauvages laissent un congénère "étranger-" en dehors du groupe, jusqu'à ce qu'ils aient déterminé comment ils va s'insérer dans l'entité complexe que constitue le troupeau, et s'il va y parvenir. Lorsqu'il est accepté, le nouveau venu et le troupeau, (il aura souvent fallu trois jours pour observer et décider les choses) l'intégration se fera en douceur, sans bagarre er sans risque de blessure, et sans dommages causés à la précieuse herbe qui ne doit pas être trop remuée pendant le processus d'intégration. Mais si le nouveau venu n'est pas accepté, il aura la possibilité de choisir un autre groupe ; il n'est pas inclus par la force, chassé sans savoir où aller, et dans une situation où il n'a pas d'autre alternative qu'une totale soumission et une perte d'identité. Cette méthode est une forme de domination et nous savons tous qu'il est plus difficile de guérir un esprit et une volonté brisé. Donc, si vous voulez essayer les méthodes naturelles, lisez bien ce qui est écrit à ce sujet à différents points de vue, et utilisez ces méthodes avec votre propre bon sens et selon votre propre observation. Vous serez probablement plus en phase avec le cheval, car vous en savez plus sur votre propre cheval qu'aucun expert ne pourra jamais vous apprendre. Faites confiance à votre cœur !

Le cheval "guérisseur"

Nous savons tous que le cheval n'est pas seulement cet être enchanteur, constituant un sain passe-temps pour les adolescents, un animal qui flatte l'égo, un compagnon de travail, un élément de distraction -mais, comme je l'ai mentionné plus tôt, le cheval est aussi un guérisseur. La tradition arabe nous apprend que le cheval apporte la bonne fortune, assure la protection divine à son propriétaire en les soignant, qu'il est un astre combattant les forces négatives. Je crois que les chevaux filtrent réellement les énergies négatives, mais ils font plus que cela. Je voudrais terminer ce discours par quelques histoires heure uses de nos chevaux à l'Association Growing Together en Jordanie pour les enfants autistes et d'autres présentant des désordres émotionnels et des besoins physiques particuliers.

Le projet a été initié il y a un an, avec principalement des chevaux en retraite (certains sauvés de la maltraitance ou de l’abattoir). Aucun n’avait subi d’entraînement spécifique. Les enfants ont rencontré les chevaux, et en quelques minutes chaque enfant a été «choisi » par l’un des chevaux -le lien entre eux étant clairement mis en lumière par des indications physiques de la part du cheval. Le programme est conduit au rythme de chaque enfant. Certains sont extrêmement anxieux du simple fait d’être dehors, d’autres veulent monter sur le cheval dès le premier jour, d’autres encore prennent des semaines pour s’approcher suffisamment d’un cheval pour le toucher. Mais il y a eu de véritables miracles et presque tous les enfants ont montré des progrès vraiment stupéfiants. De l’absence totale de parole jusqu’au fait de prononcer le nom du cheval, de l’agoraphobie jusqu’à la promenade tranquille sur la colline, du manque de coordination à la possibilité de jouer au football avec des amis, de l’incapacité d’expression personnelle aux discussions et à la capacité de faire des choix... 

Sur cette note d’espoir, je conclurai ce discours en vous proposant de visionner un court film sur ce que peut être la relation entre le cheval et l’homme. J’espère que cette allocution n’a pas été trop fatigante ou ennuyeuse, et je vous remercie de votre patience. 

Traduction de Laetitia Bataillle © Cheval Savoir. Ne peut être utilisée sans autorisation de la revue.

Pour voir le film, cliquez ci-dessous.


Pour en savoir plus sur la Fondation Princesse Alia (PAF) et sur Growing Together, ou pour faire un don, cliquez sur :
http://sites.google.com/site/princessaliafoundation

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5 commentaire(s) »

catherine :
Le 15/03/2012 à 09h44

Mille mercis à vous Laetitia, de nous offrir cette belle "profession de Foi"!!!
Voilà de quoi ensoleiller ma journée...

philippeboiret :
Le 15/03/2012 à 09h54

Bravo et merci Madame.

lonobu :
Le 16/03/2012 à 14h09

Magnifique article, que de finesse et d'intelligence dans le discours de la Princesse Alia. Cela m'a mis du baume au coeur. Merci à elle et à vous Laetitia d'avoir partagé ce beau moment.

line :
Le 16/03/2012 à 21h17

Emouvant ! Merci, Princesse pour votre engagement. Vous êtes une grande dame !

sourisgrise :
Le 04/04/2012 à 19h43

Oui merci à cheval-savoir de nous avoir permis de lire cela , c'est précieux

Article publié le 14-03-2012

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