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L’expression de la dissymétrie dans les exercices

Par Pierre Beaupère, cavalier professionnel et Professeur de dressage.


N°30 Mars 2012
4 Commentaire(s)
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Nous sommes bornés jusqu’ici à ne constater les effets de la dissymétrie naturelle du cheval qu’en ligne droite et sur les cercles. Nous avons vu son effet sur le contact avec la bouche, sur la position du cavalier, sur la difficulté à marcher droit et à effectuer un cercle correct. Nous nous sommes assez peu intéressés à l’entièreté du corps du cheval pour nous focaliser principalement sur l’épaule de prédilection et le déplacement du centre de gravité. J’aimerais, avant d’aller plus loin, montrer à quel point, grâce à ces simples constatations, il est possible d’expliquer un grand nombre de problèmes que le cavalier peut rencontrer lors du dressage de son cheval.

J’espère de cette manière faire prendre conscience aux cavaliers des diverses manières dont la dissymétrie peut s’exprimer à travers des problèmes à priori très différents mais qui puisent tous leur source au même endroit. J’espère qu’alors ils seront d’autant plus conscients de l’importance d’enseigner au cheval à utiliser les deux côtés de son corps avec la même facilité.

Pierre Beaupère
© D.Svensson

En tant que professionnel, je vois entre 100 et 150 chevaux différents par an. A cela s’ajoute les cavaliers que je croise, les chevaux que je vois pour la vente ou de manière occasionnelle. Lors de la première leçon que je donne à un nouvel élève, je prends systématiquement une dizaine de minutes afin de discuter des problèmes ou des difficultés que rencontre le couple dans son travail quotidien. Il est intéressant, et surtout très révélateur, que dans plus de 90% des cas, le cavalier me décrit des problèmes très précis liés à la dissymétrie comme si c’étaient des difficultés sans relation apparente entre elles et sans avoir aucune conscience que celles-ci proviennent de la même cause. Bien sûr, je ne cherche à blâmer personne, j’ai commis durant de très nombreuses années la même erreur, persuadé que j’avais un problème pour demander les épaules en dedans sans imaginer un instant qu’il m’était impossible de les réaliser correctement tant que le cheval tombait sur une épaule et que je ne travaillais pas à ramener le centre de gravité à sa position idéale. Il n’en demeure pas moins que cela montre de manière assez claire à quel point notre apprentissage de l’équitation fait complètement l’impasse sur ce problème.

«Ce n’est pas en corrigeant la dissymétrie que tous vos problèmes vont disparaître... mais il vous sera impossible d’évoluer et d’accéder à l’Equilibre sans corriger cette dissymétrie»

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4 commentaire(s) »

boldwolf :
Le 23/03/2012 à 13h03

Bonjour,

Un cheval peut-il, au court de son dressage changer de dissymétrie ? Et donc ne jamais être redressé ?

schizo :
Le 24/03/2012 à 09h16

Ces articles sur la rectitude sont passionnants.

Mais, je suis perplexe car une fois sur le dos de mon cheval, j'ai l'impression très nette qu'il est droitier au trot et plutôt gaucher au galop (galop à gauche plus facile et donc changement de pied droite-gauche très facile, gauche-droite très "sportif"). Cela peut-il venir d'une dissymétrie du cavalier ?


odile :
Le 21/05/2012 à 19h39

Je reviens toujours sur mon hongre. Les sensations que j'ai avec lui sont variées. Au pas si je laisse l'encolure libre il va avoir un très fort engagement des postérieurs et une grande amplitude de foulée (sans courir bien entendu) et à des moments j'ai le sentiment de "rebondir" au rythme des postérieurs. Au trot c'est pareil bien que ce n'est que très recemment que je peux lui "demander" d'allonger sans le bloquer, avant c'est lui qui prenait l'initiative quand il se sentait prêt (j'imagine). Par contre au galop la demande était systématiquement accompagnée d'une rebiffade. Il lève la tête, les oreilles plaquées et un galop très raide avec de très petites foulées, limite sur place. L'inconfort est tel que je ne peux rester assise dans la selle. Aujourd'hui ça va un peu mieux. J'ai un départ sur quatre qui va bien se passer quelque soit le pied. Je me demande si la souffrance accumulée auparavant fait qu'encore aujourd'hui je dois lui laisser le temps de comprendre qu'il y aura moins de douleur voire peut être plus.

agalol :
Le 03/09/2012 à 12h55

c'est genial j'apprend beaucoup de choses !!!

Article publié le 22-03-2012

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