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Une histoire symbolique et culturelle du cheval noir

Par Amélie Tsaag Valren, responsable du Pôle des mythes et légendes de la Fédération Française Médiévale, Membre de la Société de Mythologie Française.


N°30 Mars 2012
2 Commentaire(s)
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Héros d’une histoire symbolique aussi longue que riche, le cheval noir est surtout un symbole de mort et d'hérésie en Europe occidentale. Une déchéance qui dure, eugénisme sans génie aidant, jusqu'à l'époque des Westerns. Les Arabes, les Espagnols et les Allemands jouent les dissidents en faisant grand cas de lui, les Russes lui dédient la jeunesse, quant aux Africains, ils le sacrent symbole de beauté.
Amélie Tsaag Valren, médiéviste spécialisée dans le symbolisme de l'hippologie, nous présente ici une passionnante étude du cheval noir et de sa vision par l'homme à travers les âges...

« Parfois dans notre sommeil notre âme d'effroi pleine
S'évade et sent derrière elle l'haleine.
De quelque noir cheval de l'ombre et de la nuit 
»
Victor Hugo, Légende des Siècles.

Un grand chercheur, Jacques Duchaussoy pour ne pas le citer, a un jour consacré une vingtaine de pages au fameux cheval blanc des mythologies et du prince charmant. À ces licornes et au Pégase caravolant de l’Asie mineure au sud de l’Angleterre existe un pendant, le cheval noir, inspirateur de croyances populaires, de superstitions, de contes et d’écrivains anglo-saxons, en particulier à l'ère des westerns.

Héros d’une histoire symbolique aussi longue que riche, « animal des ténèbres et des pouvoirs magiques » pour les peuples antiques, « funéraire et psychopompe » par excellence, le cheval noir devient le porteur de la mort et du Diable, un symbole d'hérésie en Europe occidentale. Une déchéance qui dure, eugénisme sans génie aidant, jusqu'aux années 1950. Les Arabes, les Espagnols et les Allemands jouent les dissidents en faisant grand cas de lui, les Russes lui dédient la jeunesse, quant aux Africains, ils le sacrent symbole de beauté.

«La plupart des animaux noirs subissent une déchéance symbolique, qu'il s'agisse du corbeau célébré par les croyances païennes (pourtant le plus intelligent des oiseaux) ou du chat (pourtant bien utile dans les campagnes) devenu compagnon de sorcières et brûlé au bûcher»
La chevauchée du chevalier

Des légendes arthuriennes aux westerns américains, un point commun cependant demeure : le cheval noir est alchimique. Il porte ce sombre chevalier que le quêteur du Graal croise une fois sur son chemin. Il galope à la tête d’un troupeau de mustangs et s’arrête près d’un point d’eau, comme pour attendre le lasso de l’errant qui ne peut partir à l’aventure sans lui. Toujours, toujours, au prix d’une lutte et d’une mise à l’épreuve. Il fascine encore, en témoignent ces nombreux ouvrages pour la jeunesse qui le mettent en scène. Étalons noirs, westerns et cavallino rampante, ce petit cheval cabré devenu l'emblème du constructeur automobile Ferrari, pourraient laisser croire qu’il est masculin. Il n’en est rien et pour la « ménagère de moins de cinquante ans », Tornado n'est pas qu'une marque d'aspirateurs… mieux, de toutes les couleurs équines, aucune n’est davantage associée aux femmes que celle-ci, divination et sorcellerie aidant. Zorro n’a pas changé mais Alec Ramsay, jockey de L'Étalon noir, laisse désormais sa place à la jeune Dina, dans cette interminable saga entamée par Walter Farley.

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2 commentaire(s) »

laureofarabs :
Le 11/07/2013 à 07h42

Un très grand merci pour votre article si bien documenté et illustré...

Effectivement, pour les arabes, le sujet est abordé dans le livre de Philippe Paraskevas "The Egyptian Alternative": les bédouins préféraient les montures foncées, voire le rare noir, afin de passer inaperçu lors des razzias, lesquelles n'avaient pas lieu en plein jour de toute évidence.

Laurence Perceval (oui...)
Laurence Of Arabians

valren :
Le 11/07/2013 à 17h35

Merci Laurence pour votre avis !

Article publié le 22-03-2012

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