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Christian Carde : "Les gens ne savent plus ce qui est juste et ce qui ne l'est pas"

Propos recueillis par Laetitia Bataille.


N°30 Mars 2012
15 Commentaire(s)
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Le Colonel Carde est une figure de l'équitation française.

Ancien Ecuyer en Chef du Cadre Noir, sélectionné olympique, champion de France de dressage et entraîneur, ardent défenseur de l'équitation de légèreté -il est co-fondateur et Président d'Honneur de l'Association Allège-Idéal- infatigable globe-trotter sillonnant la planète pour dispenser son enseignement, Christian Carde pose un regard lucide sur l'équitation actuelle.
Il reçoit Cheval Savoir pour une grande interview exclusive.

Doit-on vraiment présenter le Colonel Carde ? Une carrière militaire et une carrière sportive, des médailles pour la France gagnées par les cavaliers qu'il entraîne, un combat pour l'équitation de légèreté qui l'amène à fonder avec Michel Henriquet et Jean d'Orgeix l'association Allège Idéal, dont il sera le président jusqu'en 2010... Christian Carde a la passion de l'enseignement : il donne des stages dans de nombreux pays, de l'Australie à la Suède, à des élèves passionnés qui recherchent une autre approche de l'équitation de dressage. Il est aussi un de nos Conseillers techniques les plus attentifs, qui maintes fois s'est exprimé dans nos colonnes, notamment sur les sujets d'actualité de la compétition de dressage auxquels il apporte un éclairage lucide.

Christian Carde
Christian Carde
Christian Carde, au Cadre Noir avec Quavalcadour (AQPS) : en haut, pas en extension en main ; en bas, au piaffer. © Coll. Christian Carde.

Il continue de monter à cheval avec assiduité. Entre deux avions qui doivent l'emmener donner des "clinics" dans les pays d'Europe du nord, il nous reçoit à Saumur. Oeil bleu pétillant, bottes impeccablement brillantes, Christian Carde prépare son cheval dans les écuries de la Section équestre de l'Ecole de Cavalerie. Après avoir assisté à son travail matinal, nous ne manquerons pas de sujets à aborder dans une conversation très riche qui se prolongera pendant le déjeûner et jusqu'à la fin de l'après-midi. Christian Carde déborde d'énergie, de projets. Sans jamais tomber dans la passion partisane mais sans langue de bois, il exprime avec humour et fermeté ses convictions et ses espoirs pour une équitation meilleure.

«En dressage, les selle-français et les anglos ne sont pas plus mauvais que les autres, mais nos éleveurs sont probablement démotivés, puisque nous n'avons pas de réussite»
Christian Carde
Christian Carde prépare Junker qui en profite pour jouer avec la chambrière, ce que le cavalier laisse faire car il tient à favoriser dans le travail une ambiance aussi ludique que possible. © L.Bataille

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15 commentaire(s) »

eleonore :
Le 17/04/2012 à 15h32

Bonjour Colonel
Lorsque vous parlez du niveau élémentaire qu'il est nécessaire d'atteindre en clubs avant de penser au niveau supérieur, vous parlez de la nécessité d'avoir à disposition des chevaux "mis "sur la main" par l'enseignant ou les enseignants du club". Pensez vous que les clubs (ou du moins certains clubs désignés par la Fédé) devraient également posséder des chevaux mis "dans la main", autrement dit susceptibles de se mouvoir dans la mise en main comme la plupart des clubs en possédaient quelques décennies plus tôt? Ou pensez vous que cet objectif n'est pas imaginable de nos jours? ne serait-ce pas là une voie royale pour ouvrir le chemin de l'excellence au plus grand nombre possible? il y a tant de gens déçus sur le chemin du dressage!!!

laetitia :
Le 17/04/2012 à 22h45

Voici la réponse à Eléonore que le Colonel Carde nous a transmise.


Je me croyais très perfectionniste mais je vois que vous l’êtes davantage ! Je ne voudrais pas que les moniteurs, ou assimilés, soient peinés par les lignes suivent car j’en connais beaucoup qui sont très bons et qui font bien leur boulot. Pour d’autres, trop nombreux, c’est une catastrophe dont ils ne sont pas coupables, mais victimes. Victimes d’un système qui a conduit à cette situation. En vous répondant je me souviens (bizarre comme l’histoire se répète) que dans les années 77 on trouvait déjà que le niveau des moniteurs était trop disparate et globalement insuffisant. Alors la fédération de l’époque avait mis sur pied une commission d’examen constituée de François Lucas, le commandant Moulin et votre serviteur. Et nous sommes allés faire passer des sessions d’examen aux quatre coins de la France pour tenter d’harmoniser le système.
En décembre 2000, après que j’ai quitté mes fonctions à l’ENE, j’ai dit à Marie Hélène Merlin (dans une interview qui a paru dans « L’Eperon » n° 197 sous le titre « Le Dressage a perdu ses lettres) ma conviction que nos enseignants de base n’étaient pas suffisamment formés en profondeur. Cet article avait reçu un accueil très positif. Mais dans les lignes que fait paraître maintenant Cheval Savoir, que dis-je d’autre ? Rien. J’avoue que c’est un peu désespérant.
Mais revenons à votre question.
Dans l’offre assez variée que l’on propose de nos jours aux apprentis enseignants de l’équitation on pourrait, comme avant, envisager deux niveaux : l’équitation élémentaire et l’équitation supérieure. La pratique et l’enseignement de l’équitation élémentaire déboucherait sur la mise sur la main. L’équitation supérieure traiterait du rassembler (du cheval d’obstacle et de Dressage) et de la mise en main. Mais de là à trouver dans les clubs des chevaux « dans la main » il ya un pas de géant à franchir. Souhait sympathique qui nécessiterait une réforme très profonde de la formation équestre dans ce pays. Pour l’heure la préoccupation dominante est d’obtenir des résultats significatifs en compétition, la fin justifiant les moyens !

nellyvalere :
Le 18/04/2012 à 10h00

Ne pourrait-on organiser dans ce pays l'enseignement de l'Art Equestre comme sont organisés les enseignements d'autres arts comme la Musique et la Danse, c'est à dire en Conservatoires Régionaux en régions, comme leur nom l'indique, avec, au top niveau, le Conservatoire National dont la fonction serait de former les meilleurs. Nous avons une équitation de tradition française reconnue patrimoine mondial de l'Humanité, et un corps de représentation également reconnu, à qui n'est dévolu que l'instruction de l'équitation en tant que sport, et non pas en tant qu'art. Le Cadre Noir, puisqu'il faut le nommer, est censé être ce conservatoire, et ses présentations sont une vitrine d'un art dont les arcanes ne sont visiblement plus clairs, pour ne pas dire gommés et dilués dans l'équitation de compétition elle-même mondialement dissoute dans une mer de médailles de pacotille. L'ENE a 2 ministères de tutelle: La Jeunesse et les Sports, et l'Agriculture: tout un programme dont la Culture est absente.
Je milite pour la constitution de Conservatoires d'Arts Equestres sous l'égide du Ministère de la Culture qui a bien voulu porter le projet pour l'UNESCO, qui donc se reconnait compétent en matière de protection et de diffusion de l'Art Equestre, et qui, en contribuant à dispenser un enseignement basé sur la connaissance (tant pratique que théorique et scientifique), ne laisserait pas lettre morte une reconnaissance qu'il a lui-même instrumentée.
Quelles actions les lecteurs de Cheval-Savoir et des associations amies souhaiteraient-ils mettre en place pour favoriser un tel programme?hhb

nellyvalere :
Le 18/04/2012 à 10h26

Permettez moi d'ajouter une info: le Directeur de l'IFCE (ENE+HN), Philippe de Guénin, m'a déclaré, lors d'un entretien récent, que L'IFCE était bien attentive à la diffusion de l'Art Equestre, et qu'il n'en voulait pour preuve que l'installation et l'action éducative au Haras National d'Uzès d'un écuyer digne de l'"Equitation de Tradition Française, Lucien Grüss. Voilà peut-être un schéma utilisable: haras nationaux( en région, et en voie de disparition pour inactivité) écuyers privés reconnus pour leur art, moyens matériels partagés par une mise en valeur des travaux en spectacle ou/et en compétition.

eleonore :
Le 18/04/2012 à 11h29

Serait-ce à dire, Colonel, que la compétition ne peut se concevoir qu'avec des chevaux "sur la main"? Nelly Valère faisait remarquer (je ne sais plus où, peut-être sur le forum d'Allège Idéal...)que le texte français de la FEI avait conservé, depuis sa rédaction, l'expression "dans la main", faisant référence sans doute, vue l'époque de la rédaction, à la mise en main telle qu'elle est définie par Decarpentry, et à laquelle vous aimez faire référence. "Dans la main", voici qui ne peut se confondre avec "sur la main", quand on a une culture de tradition française. Est-ce une chose à laquelle il vaut mieux renoncer "pour obtenir des résultats significatifs en compétition"? ou espérez vous infléchir la mode en commençant par le commencement, c'est à dire une correcte mise sur la main pour une excellente équitation élémentaire pouvant déboucher sur l'équitation supérieure?
Nous avons besoin d'espoir!!pardon de vous emmener sur ce terrain glissant!

educaval :
Le 18/04/2012 à 15h59

L'IFCE ne sait que faire de ses haras nationaux, dispersés un peu partout en France?. Plutôt que de les vendre au privé, en faire des annexes de l'ENE, y regrouper cavaliers et enseignants soucieux du développement d'une culture équestre et d'une pratique de qualité serait un utile moyen de garder à notre équitation ses principes acquis au cours des siècles.
Il existe encore des enseignants, de "tous bords", soucieux de dispenser une équitation de qualité, tournée vers une meilleure complicité entre le cheval et son cavalier, sans esprit de compétition. Le plaisir pour le plaisir. Ce sont ces personnes qui doivent former nos enseignants de demain pour transmettre une équitation plus respectueuse du cheval, plus à son écoute et à sa compréhension, équitation qui deviendra de ce fait plus sécurisante et pratiquée avec plus de fidélité.
Bien former des chevaux à la basse école, sur la main, en équilibre, bien former des cavaliers, liants, à l'écoute, maîtres d'eux même ne demande qu'un petit effort et devrait être le minimum que devrait posséder les enseignants de demain.....puisque ceux d'aujourd'hui ont été abandonné par les textes et les programmes de formation.
Yves KAYZ, BEES2

C.Carde :
Le 18/04/2012 à 19h18

Le projet de Nelly a le mérite d’être clair et ambitieux. Est-il réaliste ? On peut espérer. L’attitude du directeur de l’IFCE est claire également : il voit ailleurs qu’à l’ENE la base de la diffusion de l’art équestre…Il sera intéressant d’apprendre quelle en sera sa contribution.
Je ne sais pas, Eléonore, ce qu’il en est de la traduction actuelle de « on the bit » par notre fédération. L’information dont je dispose (règlement de Dressage 2012) stipule que « La compétition de Dressage consiste à exécuter des enchaînements de figures qui mettent en valeur les différentes allures et la locomotion du cheval » ce qui correspond tout à fait à ce que l’on voit dans les concours internationaux. Conformation et allures prenant incontestablement le pas sur la qualité de l’équitation pratiquée, ce que nous sommes plusieurs à regretter depuis quelques années.
Savoir s’il faut renoncer à la mise en main parce qu’elle ne paierait pas en compétition est une question de première importance. Car le faire consisterait à effacer tout un pan de notre tradition équestre et à ce qui fait la spécificité de « la monte à la Française », la légèreté « ..marque de la haute école, de l’équitation savante, artistique.. » (L’hotte)
Il est incontestable que la mise en main ne jouit actuellement d’aucune faveur dans les concours de Dressage, la plus stupide dérive constatée consistant à associer impulsion et tension des rênes et à bloquer les muserolles pour mieux tirer, ce qui l’interdit (la mise en main.)
Pourtant elle ne serait pas incompatible avec le contenu de l’article 401 du règlement de Dressage FEI., elle serait même suggérée….
Il faut cependant avoir la lucidité de réaliser que cet article n’est appliqué ni dans sa lettre ni dans son esprit. L’heure est à des chevaux exceptionnels, soumis dans la plus grande rigueur, et à qui on demande surtout de l’amplitude et de l’expression. Dès leur plus jeune âge ils sont interdits de lever la tête, la soumission étant obtenue et maintenue par la contrainte en toutes circonstances. C’est toute une ambiance, un style de la compétition qui a changé. Amèneront -ils une modificationt de la pratique équestre ? C’est probable compte tenu du moteur de développement formidable de la discipline que constituent les concours. Il est donc grand temps de se demander en quoi c’est compatible avec notre tradition équestre et si c’est souhaitable.

eleonore :
Le 19/04/2012 à 11h56

Le texte auquel j'ai accès en français conserve l'expression "dans la main". Je suppose que le tout premier texte était en français, le sigle FEI étant lui-même français(on peut demander à Patrice Franchet d'Espérey). Je sais que, dorénavant, le texte qui fait référence sur le plan juridique est le texte en anglais, mais la subtilité du terme équestre "dans la main" a dû échapper à des "continuateurs" sans culture équestre, ou détracteurs de la tradition française. D'où sa persistance dans notre version française: le loup est donc dans la bergerie: profitons-en!

carole :
Le 23/04/2012 à 13h33

J'aime bien le parallèle avec le Conservatoire de Musique et de Danse:
Il existe autant de façons différentes de pratiquer l'équitation qu'il existe de genre musicaux, chaque cheval est unique, tout comme chaque morceau de musique est unique!

L'idée d'un conservatoire Régional des arts équestre est vraiment alléchante, d'autant plus que ce ne sont pas les missions qui manqueraient (suivi de la formation des enseignants, détection et formation des jeunes talents dans toute les disciplines, validation des examens fédéraux, entre autre...).
Il se pose néanmoins la question des financements, et malheureusement en ces temps d'élections, la tendance est plutôt à la réduction des dépenses que l'inverse...

alain :
Le 23/04/2012 à 15h04

Mon Colonel,
Avec votre article, vous venez de faire une analyse de ma vie. Je devrais même parler de psychanalyse. Autant dire qu’il me parle et que je vous en remercie particulièrement.
Je précise que je ne suis pas issu d’une famille de cavaliers.
A la suite du stage court, j’ai passé à Saumur le B.E.E.S. 2 en 1987, probablement avec un record de notes en théorie, vu les capacités d’élève studieux que j’avais. La suite s’est transformée en cauchemar, du fait que l’essentiel de la demande à consiste à entraîner, pour des résultats à court terme, des cavaliers ne se préoccupant pas assez (pour la plupart) d’une véritable culture équestre et présentant souvent des chevaux avec un passé conflictuel, alors que je n’avais pas encore l’expérience requise.
Après un énorme crash, alors que tout semblait fini et perdu, je me suis remis péniblement et lentement au travail, parce que j’avais toutefois engrangé un capital d’équilibre exceptionnel grâce à Laure de Saint-Priest, qui m’avait donné les bases plus « la pêche », et fait ressentir la bonne équitation avec ses chevaux de haut niveau.
J’ai donc  « remonté mes manches » (pendant 15 ans) en allant sur le terrain régler sur le plat des chevaux pratiquant les disciplines CSO, Dressage, CCE, Attelage et Endurance.
Vous parlez d’une mission quasi impossible pour un enseignement de club qui se voudrait de qualité, et d’un « grand écart » entre les exigences du sport de haut niveau et les dogmes de l’art équestre. Le statut de cavalier de haut niveau semble très ésotérique, à tel point qu’on se demande s’il ne s’agit pas d’une « génération spontanée ». Aujourd’hui, j’ai mes propres convictions (qui j’espère vont faire leurs preuves) sur ces sujets.

La clé commune à ces deux difficultés majeures n’est-elle pas (à des degrés différents), d’apprendre à fléchir les chevaux dans le relâchement, c'est-à-dire avec le consentement du cheval ?

Grâce à vous qui parlez de ce « grand écart » entre les exigences du sport et les dogmes de l’art équestre, et avec mon regard, j’ai peur de comprendre que le haut niveau, en majorité, fonctionne en « bizutant » les chevaux et que ceux-ci sont tellement généreux qu’ils finissent malgré tout par obtempérer, avec quelques bémol de prestations un peu ternes (agrémentés de langues tuméfiées ou de grincements ou encore de fouaillements de queue…).

Heureusement, je suis convaincu que les vrais passionnés, et en particulier les cavaliers champions (ou graines de champions) sont des adeptes de la légèreté. Et, à mon avis, c’est cette légèreté, synonyme de participation active (volontaire, spontanée) du cheval, qui forme les vrais couples dont l’un pense ou suggère, et l’autre donne tout. Et là, le brillant est incontestable.

Pourquoi les connaisseurs en matière de légèreté, parlent–ils (pratiquement tous) de façons modérée (et décourageante) de « pistes » ? En cas « d’impasse » dans le travail monté, et encore mieux en anticipant, ne pourrait-on pas envisager d’aider à passer le(s) cap(s) avec un travail non monté aux Longue Rênes, bien conduit dans les règles de l’Art ? Ce travail ne pourrait-il pas s’effectuer en ce qui concerne les premières séances avec le cheval, dans l’état d’esprit de l’Equitation éthologique, en particulier « en passant la commande et en attendant la livraison » ? (l’expression est de Daniel LECHEVALLIER)
De la même manière, le travail à pied en main, à côté du cheval, ne pourrait-il pas être détaillé, dans sa façon d’éduquer le cheval (et sa bouche), par le jeu ou la danse ?
Ne devrait-on pas mettre définitivement à la poubelle les enrênements, du fait qu’ils nuisent considérablement à l’harmonie spontanée qui doit exister entre le moteur à l’arrière et le balancier tête encolure ?
Ne pourrait-on pas mettre en place une pédagogie plus imagée, avec un fil conducteur la reliant beaucoup plus au terrain ? Apprendre davantage aux cavaliers à jouer avec les postures du cheval, avec le bon rythme, dans les exercices basiques de locomotion et de transitions (donc de mise en main)?
Est-il à côté de la plaque (de ma part) de « plancher » sur un matériel, brides et bridons, dont la logique en cas de perte (partielle ou totale) de contrôle, ne serait plus d’être sévère et tout-puissant.
Pour avoir une action réellement éducative, sans excès de tension de rênes, il suffirait de soulager la bouche en reportant l’action de la main sur le chanfrein, grâce à un lien (bien étudié) entre mors et muserolle ?

Afin que je progresse dans cette voie, je vous remercie d’avoir l’amabilité de me donner des éléments de réponses.

Alain Ventre.

laurent :
Le 23/04/2012 à 23h40

Un conservatoire de l'art équestre... Nelly, voilà un projet qui laisse rêveur le simple cavalier que je suis. Cette solution permettrait une diffusion de l’art équestre français ainsi que la découverte de cavaliers talentueux qui n’ont pas la chance d’être issu d’une grande famille du cheval. D’ailleurs je pense que la prédominance de grandes familles dans le monde de la compétition est la preuve qu’ils possèdent un secret: la connaissance. Certes les moyens jouent un rôle mais je crois que la volonté et le travail peuvent faire bien plus. Seulement il ne faut pas se perdre en chemin et c’est là, à mon avis, que les cavaliers ont besoin d’une structure d‘encadrement.

Dans un premier temps, je me contenterai déjà de stages organisés par Cheval Savoir avec le Colonel Carde et Pierre Beaupère.

nellyvalere :
Le 24/04/2012 à 15h06

Carole a raison d'approfondir la comparaison entre ce qui existe en Musique et en Danse, et ce qui pourrait exister en Art Equestre: les professeurs de ces conservatoires existants n'ont pas tous la même méthode d'enseignement, encore moins le même style, et l'on reconnait facilement l'enseignant derrière l'élève lors des concours publiques, je peux en attester par expérience. De même, nous le disions sur un forum ami (AI), les écoles "française", "anglaise" ou "russe", ont conservé leur style particulier, sans déroger aux lois de la danse purement classique. Pour ce qui est du financement, n'oublions pas que les passionnés d'équitation peuvent tout aussi bien apporter leurs deniers aux conservatoires, et les enseignants passionnés, apporter leur enseignement payant aux élèves désireux d'autre chose dans ce nouveau cadre. C'est, je pense, juste une question de translation de moyens dans laquelle tout le monde pourrait trouver son compte. bref, on est prié de faire preuve d'inventivité et d'esprit d'innovation pour redistribuer les cartes existantes, et l'argent pourrait circuler autrement, sans léser personne.
On m'a recommandé de penser virtuel pour ce conservatoire, virtuel permettant une présence ubiquitaire, je dirais tentaculaire...
Y a-t-il quelqu'un qui pourrait monter un tel projet, avec une étude de faisabilité??

carole :
Le 24/04/2012 à 19h15

Pour démarrer, et sans avoir besoin de structure fixe, le Cadre pourrait attribuer une région par Écuyer. Ce "parrain" aurait pour rôle d'organiser régulièrement (tous les mois?) des stages ou des présentations à destinations à la fois des cavaliers et des professionnels de la région.

J'ai eu l'occasion d'assister il y a 2 ans à Toulouse à une séance de travail du Cadre. Le lendemain de leur représentation, ils avaient organisés une séance de démonstration gratuite, à destination des professionnels. Ils avaient notamment présenté les bases du travail au longues rênes, le travail des sauteurs, et le travail des chevaux en basse école. L'ensemble de l'auditoire était ravi, et je pense que beaucoup se sont essayés aux longues rênes suite à cette présentation.

Si déjà le Cadre ou l'ENE pouvait organiser régulièrement ce genre de rencontre, partout en France, et en s'appuyant sur des structures locales je pense que cela amènerait les gens à s'intéresser à une autre façon de monter à cheval, une autre façon de penser. ça serait déjà un début, qui me parait facilement réalisable avec peu de moyens.

equitathome :
Le 26/04/2012 à 13h34

Bonjour à toutes et tous

Avant tout, un grand merci à Cheval Savoir et au Colonel Carde pour la publication de cet entretien pour lequel je prépare un commentaire plus en profondeur mais je réagis tout d'abord à la notion de « conservatoire ».
Je me demande si, bien que ce ne fût pas l'idée des personnes l'ayant proposée et la défendant, il n'y aurait pas un risque à la création d'une telle institution : le risque que le conservatoire devienne l'antichambre du musée. Et s'en serait alors fini de nos espoir de voir renaître l'enseignement d'une équitation de qualité pour tous.
Qui va dans les conservatoires (de musique, des plantes et autres), si ce ne sont les chercheurs, les véritables passionnés, ou les touristes parce qu'ils sont en vacances dans les parages ?
Si louable que fût l'idée et son but, je doute de l'efficacité d'une telle initiative.

François

marechalviviane :
Le 11/05/2012 à 14h51

Il me semble que la question est aussi de savoir comment allons nous sortir d’un monde tellement “HYPE” qui veut à tout prix chasser l’impulsion naturelle et instinctive du cheval pour la remplacer par des forces qui abusent de la bonne volonté des chevaux avec des cavaliers qui ne savent ni comment faire confiance à leur monture ni n’ont la notion de “descentes de mains et de jambes” mais qui ne connaissent que l’hyper-extension et hyper-tension…
Personnellement je crois que nous ne sommes jamais sorti de cette ligne de démarcation entre les principes de d’Aure et de Baucher celle de distinguer “vitesse et mobilité” en dressage ainsi que plus couramment “vitesse et précipitation” en sauts d’obstacles …
Perdre la “mise en main” pour la remplacer par le “on the bit” tel qu’on le voit enseigné de nos jours est un non-sens qui détourne le cavalier du cheval et défie en sorte cette vraie communication qui ne doit cesser d’exister entre eux.

C’est tout un état d’esprit qu’il faut changer pour que le cheval ne devienne plus qu’une commodité et que nous puissions donner le meilleurs de nous même.

Ceci dit, prenons courage car si la mis en main est devenu aujourd’hui le calice de l’amertume qu’il faut supporter… la vraie “Mis en Main” comme elle se conçoit bien est le calice de la fleur de la légèreté… lequel nous savons subsiste en général plus longtemps que la corolle.
Mon mari et moi vous remercions chaleureusement cher Christian pour votre hélas trop courte visite à New York et pour les Calissons d‘Aix dont nous nous régalons.

Viviane Marescot


Article publié le 16-04-2012

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