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Cinq mensonges sur l'hippophagie

Par Amélie Tsaag Valren.


N°32 Mai 2012
17 Commentaire(s)
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Sujet des plus sensibles et source de conflits permanents, l'hippophagie reste pourtant mal connue, même des amoureux du cheval, en raison des passions qu'elle suscite. D'où des idées fausses et des croyances souvent complaisamment relayées par les médias traditionnels, et qu'il nous a semblé nécessaire de démonter ici, chiffres à l'appui.

1- « Pour un français, manger du cheval permet de sauvegarder les neuf races de trait »

Cette erreur-là est très connue, répétée et répandue à qui mieux-mieux. Dans le meilleur des cas, c'est un gros raccourci. Le chercheur du CNRS Jean-Pierre Digard affirmait en 1993 que le recul de l’hippophagie provoquerait bientôt la disparition des races de trait françaises1, une idée qu'il a révisée avec le temps en disant que leur sauvegarde passe par la reprise des activités traditionnelles. Les chevaux de trait français tendent désormais à retrouver une silhouette plus athlétique et à regagner villes et campagne devant les attelages, même si l'évolution est lente. La majorité des poulains de trait du pays finit toujours en viande de boucherie, mais ils ne sont pas mangés par les français (qui boudent la viande de poulain, de couleur claire). Les Italiens, essentiellement, consomment des poulains de trait. La viande vendue en France est surtout importée, il n'y a donc qu'une probabilité infime (les labels AOC sur la viande de poulain n'ont jamais décollé) pour qu'un français mange la viande d'un poulain de trait – ou d'un trait de réforme, provenant du pays.

Le Comtois
Le Comtois fait partie des races les plus exportées en Espagne (pour l'engraissement) et en Italie. © L.Bataille

Les éleveurs français tendent à faire pouliner leurs juments tous les ans, puis à envoyer à la boucherie les poulains les moins prometteurs (90% des mâles, 10 à 50% des femelles) pour ne garder que des animaux qu'ils estiment aptes à voir devenir des reproducteurs, ou à être dressés pour l’attelage et les loisirs. Les chevaux vendus pour les loisirs, le travail ou les Haras Nationaux « rapportent » beaucoup plus que ceux qui partent pour l'engraissement ou la boucherie. Une sélection sur l'aptitude à la traction, et non sur le poids, rendrait le nombre de poulains « prometteurs » plus élevé.

Une association canadienne a filmé 40% de ratages dans l'étourdissement avant l'abattage, ainsi que des décharges électriques et coups de fouet

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17 commentaire(s) »

ecuriesdargent :
Le 28/05/2012 à 09h58

J'avais posté un long commentaire répondant à votre article qui ne va pas au bout des choses. Il n'a pas été pris en compte, car le temps que je l'écrive le site m'a déconnecté. Pratique quand on ne veut pas être critiqué ! JE ne l'écirais pas de nouveau, ça m'a déjà pris assez de temps comme ça. Mais si vous ne voulez pas de critiques, autant enlever la possibilité de poster des commentaires !

valren :
Le 28/05/2012 à 10h59

Bonjour, la déconnexion automatique du site existe je crois depuis sa création, elle n'a rien à voir avec le fait de ne pas vouloir être critiqué, au contraire, j'aime les échanges

Pour éviter ce souci il n'y a je crois qu'une façon de faire, c'est de copier le message que vous avez écrit avant d'appuyer sur "envoyer votre commentaire" (j'ai eu le tour une fois)

L'idée de l'article est surtout de recadrer les choses par rapport aux idées reçues, la plus fréquente, "mangez du cheval pour sauver le cheval de trait", ne correspondant pas du tout à la réalité du pays.

valren :
Le 28/05/2012 à 13h00

Autre précision : il y aurait possibilité d'écrire un article entier sur la légalisation de l'hippophagie au XIXe, ses raisons et ce qu'elle implique. A cette époque, elle entre en effet dans la culture française. Je vous renvoie à l'article homonyme que j'avais écrit en très grande partie voici un an sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Hippophagie (voir la labellisation : http://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Hippophagie/Article_de_qualit%C3%A9)

Je n'avais pas pour but de raconter l'histoire de l'hippophagie française, celà a déjà été fait de façon brillante par Sylvain Leteux, « L’hippophagie en France. La difficile acceptation d’une viande honteuse », dans Terrains et travaux, no 9, 2005, ou même encore Kari Weil, « They Eat Horses, Don't They ? Hippophagy and Frenchness », dans Gastronomica, vol. 7, no 2, 2007, p. 44-51

Je me basais beaucoup plus sur l'article de Bernadette Lizet (« Le cheval français en morceaux. Statut de l'animal, statut de sa viande », dans Anthropozoologica, Paris, Muséum national d'Histoire naturelle, Publications Scientifiques, vol. 45, no 1, 2010, p. 137-148).

oceane :
Le 29/05/2012 à 08h58

Il est tres bien cet article, merci

valren :
Le 29/05/2012 à 09h27

Merci à toi Océane pour cet avis

laetitia :
Le 29/05/2012 à 17h56

Cher Ecuriesdargent

D'autres lecteurs (et moi-même) avons déjà eu ce désagrément d'être déconnecté en cours d'écriture d'un commentaire. Je vais demander au webmaster d'allonger le temps de connexion. Je regrette vivement de ne pas avoir pu lire votre commentaire, car ce sujet de l'hippophagie est à ce point important que tous les témoignages sont précieux. Oserais-je vous demander de prendre le temps de réécrire votre commentaire (en l'écrivant au brouillon dan un document word ou dans un mail, puis en faisant "copier/coller)? J'ai conscience que c'est fastidieux à faire, mais nous serions ravis de vous lire !
Cordialement

Laetitia Bataille
Rédactrice en Chef

leveld :
Le 31/05/2012 à 22h34

votre débat concerne finalement la fin de vie.A voir vos photos ou vos prénoms,vous etes encore trés jeunes et le vieux monsieur que je suis vous dit qu'il n'y a pas de mort joyeuse!Vaut-il mieux la déchéance oublié au fond d'un prés,la piqure du véto ou le trépan du boucher?.Enfant ma grand mère me faisait un steak de cheval tous les samedis et j'adorais!Soyez plus tolérants,et surtout ne me parlez pas du cheval "animal de compagnie"car c'est son utilité et seulement elle qui permet à celui que nous aimons tous de vivre sur terre aprés 120000ans alors que la logique de la sélection terreste aurait voulu qu'il disparaisse.

valren :
Le 01/06/2012 à 21h31

Bonsoir Leveld,

Il est vrai qu'étant née en 1983, je n'ai pas encore 30 ans, cela étant je ne cherchais pas particulièrement à lancer un débat sur la fin de vie des équidés, et j'en croise très régulièrement d'abandonnés au fond de prés.

Simplement, la filière vend des mensonges concernant l'hippophagie (en particulier sur la sauvegarde des races de trait) et il me semblait nécessaire d'en parler. Tout comme il est nécessaire de faire savoir que la viande vendue en France ne provient que très peu du pays, de fait les animaux consommés n'ont pas "bénéficié" des règlementations de l'U.E.

Sur le cheval "animal de compagnie", je ne prend pas parti, c'est là une constatation partagée par les chercheurs, aussi bien Jean-Pierre Digard que Bernadette Lizet (je crois) et Catherine Tourre-Malen, la société évolue dans ce sens et je n'ai pas dit "celà est bien" ou "celà est mal", juste qu lutter contre une évolution de la société est bien souvent un vain combat.

Cordialement,
Amélie

gnourf :
Le 04/06/2012 à 12h20

Bonjour Amélie,

Merci pour cet article, qui permet de donner des arguments raisonnés. Je me permets néanmoins quelques interrogations, notamment sur les 3 derniers points :

Ces éléments ne sont spécifiques à la filière équine. La souffrance animale avant et pendant l'abattage est à prendre très au sérieux, indépendamment de l'animal. Notre amour pour les chevaux nous pousse à plus nous scandaliser de la maltraitance équine, mais que dire des poussins qui sont entassés dans des caisses et transvasés à la pelle? Et personne ne s'émeut (et moi la première, je le reconnais) des poissons qui subissent un lente agonie par asphyxie. Pourtant, tous ces éléments devraient être pris en compte par tout consommateur éclairé et responsable.

En ce qui concerne le point 5, j'aurais tendance à maintenir que oui, manger du cheval fait partie de la culture française - à ne pas confondre avec la TRADITION française (et là oui, vous remplacez "culture" par "tradition" et je suis entièrement d'accord avec votre point 5). En effet, la viande de cheval fait bel et bien partie des aliments possibles dans la gastronomie française, au même titre que les escargots et les cuisses de grenouille, le lapin et le foie gras. Sa consommation est fortement liée à une époque : ma mère aussi avait le droit à son steak de cheval hebdomadaire car c'était souvent la seule viande rouge riche qu'ils pouvaient se permettre à cette époque. Et si la consommation s'est tarie, je chercherais plutôt des raisons économiques (accessibilité, prix au kg) que éthiques.

De même, je ne partage pas votre conclusion. Je ne pense pas que la société évoluera vers un végétarisme collectif. Je pense au contraire que la consommation de viande continuera, mais qu'elle deviendra plus "responsable" : création de labels forts qui permettent de garantir des conditions d'abattage sans souffrance, adéquation de l'élevage avec les débouchés hors boucherie, valorisation mise en valeur des éléments autres que la viande (à l'exemple de la fourrure de lapin qui inonde actuellement le prêt à porter : ce n'est qu'une valorisation d'un ancien "déchet" de la filière d'abattage des lapins de viande) etc. Cela réduira peut-être le volume de viande consommée, mais ne réduira pas forcément la diversité des espèces consommées. Les sud-américains, qui ne mangent pas de lapins, continueront à manger du cochon d'Inde, ce qui nous paraît hautement exotique, à nous mangeurs de lapins et pas de cochons d'Inde. En revanche, il sera alors peut-être préférable de consommer de la viande de cheval issu d'un abattage "responsable" que du gibier massacré lors d'une chasse...

Et dernière remarque (juste pour la rigueur de l'argumentation) : dire que l'abattage des chevaux interdit aux USA est un signe des temps, je dirais que ce n'est pas parce que quelque chose se pratique là-bas, que c'est forcément un exemple à suivre : le boeuf aux hormones, l'élevage intensif etc. A tout prendre, au vu des volumes de viandes consommées dans l'hexagone, je préfère manger du boeuf et du porc de qualité et poursuivre l'abattage équin que l'inverse - phrase provocante, il va sans dire que ma position est la paragraphe précédent sur l'évolution des conditions d'abattage (depuis l'élevage), mais sans obligatoirement favoriser un type d'animal.

Cordialement,
Gnourf

valren :
Le 05/06/2012 à 11h43

Bonjour Gnourf,

Merci pour votre réponse argumentée, l'article est polémique, je m'attendais à un débat d'idées.

Je suis entièrement d'accord pour dire que la souffrance animale est présente partout, d'où la conclusion "manger du cheval n'est pas plus cruel que manger du bœuf ou du mouton". L'idée de l'article, son angle d'approche, est surtout de rétablir la vérité concernant certaines idées reçues.

A propos de l'aspect culturel, c'est le point que j'ai le plus hésité à développer. A l'étranger, aux États-Unis en particulier, les Français sont désignés (souvent avec horreur) comme "les" mangeurs de chevaux alors que cela ne correspond plus à la réalité depuis une vingtaine d'années. Les Kazakhs, les Italiens, et surtout les Chinois consomment beaucoup plus de viande de cheval que les Français. L'hippophagie est d'ailleurs en augmentation au niveau mondial, pendant qu'elle régresse en France. Concernant les raisons de cette régression, toutes les études (aussi bien celles de Jean-Pierre Digard que celles de la filière viande) pointent du doigt le débat éthique avant le débat économique : plus de 60% des foyers français disent refuser catégoriquement de manger du cheval, et dans une telle réponse la notion d'éthique me semble passer avant les raisons économiques.

Enfin, je ne suis pas entrée dans le débat sur l'interdiction de l'abattage des chevaux aux États-Unis, dont les effets constatés (transports sur des milliers de kilomètres et abattages avec violences au Mexique) sont l'inverse de ceux attendus. Il s'agissait surtout de signaler que les pays occidentaux (à l'exception de l’Italie) suivent la voie de l'abandon de l'hippophagie, pendant que les pays dits émergents consomment de plus en plus.

Pour revenir sur votre conclusion, j'aimerais tout comme vous que l'on s'oriente vers un abattage plus responsable, mais l'augmentation de la population mondiale (nous sommes passés à 7 milliards l'an dernier) me fait craindre une réponse du type "pour nourrir tout ce monde, il est impossible de "s’embarrasser" de règlements" (règlements qui d'ailleurs sont régulièrement contournés en Europe et qui favorisent des importations à bas prix depuis les pays où il n'y a pas de règlements). La même raison risque bientôt de mettre un terme au débat sur les OGM : "pour nourrir (bientôt) 8 milliard de personnes, les OGM vont devenir obligatoires".

Autre débat.

gnourf :
Le 05/06/2012 à 17h16

Bonjour Amélie,

Merci pour votre réponse qui apporte des éléments intéressants. De manière générale, l'article et l'ensemble des commentaires apportent un éclairage instructif.

Nous sommes sûrement d'accord pour dire qu'il faut continuer à éduquer les consommateurs, avec transparence, pour que la consommation "responsable" ne soit pas qu'un luxe permis aux plus aisés, tout au long des chaînes de transformation.

Mais c'est un autre (vaste) sujet.

debpictures :
Le 18/06/2012 à 15h43

Bon, j'ai été déconnecté et mon commentaire n'a pas été publié à temps.

Suite à ce commentaire [La même raison risque bientôt de mettre un terme au débat sur les OGM : "pour nourrir (bientôt) 8 milliard de personnes, les OGM vont devenir obligatoires". ]

Je vous conseille un documentaire très parlant vis à vis des OGM qui met à mal cette fausse raison qui pousse à passer au tout OGM pour arrêter la famine. En fait c'est le contraire sans parler des dégâts sanitaires et environnementaux ...

LE MONDE SELON MONSANTO :

http://video.google.com/videoplay?docid=-8723985684378254371

debpictures :
Le 18/06/2012 à 15h55

Résumé :

"Ce film retrace l’histoire de Monsanto, une multinationale américaine, aujourd’hui leader mondial des OGM, et considérée comme l’un des plus grands pollueurs de l’ère industrielle (PCB, agent orange, hormones de croissance, roundup...).

Après une enquête de trois ans, en Amérique du nord et du sud, en Europe et en Asie, il reconstitue la genèse d’un empire industriel, qui, à grand renfort de rapports mensongers, de collusion avec l’administration nord-américaine, de pressions et tentatives de corruption, est devenu l’un des premiers semenciers de la planète.

En s’appuyant sur des documents et des témoignages inédits de scientifiques, victimes de ses activités toxiques, avocats, hommes politiques et de représentants de la Food and Drug Administration ou de l’Environmental Protection Agency des Etats Unis, le documentaire montre comment, derrière l’image d’une société propre et verte décrit par la propagande publicitaire, se cache un projet hégémonique menaçant la sécurité alimentaire du monde, mais aussi l’équilibre écologique de la planète. Un doc à ne manquer sous aucun prétexte."

ondeflo :
Le 20/06/2012 à 14h45

Article et précisions (commentaires) vraiment très intéressants !! Bravo !

Effectivement, au cours de mon cursus, un enseignant (passionné d'équitation) nous avait affirmé que manger de la viande de cheval, permettait la sauvegarde du cheval de trait. Donc merci pour ces précisions =)

> gnourf : je suis entièrement d'accord avec ton commentaire, sauf sur une phrase :
"En revanche, il sera alors peut-être préférable de consommer de la viande de cheval issu d'un abattage "responsable" que du gibier massacré lors d'une chasse..."

En effet, je pense que la chasse (en tenant compte uniquement des "bons" chasseurs ;) ) permet la régulation de nombreux animaux (tel que le sanglier) et est donc indispensable au bon maintien des écosystèmes. De plus, ces animaux tués à la chasse, le sont rapidement, et subissent donc moins de souffrance que ceux transportés jusqu'aux abattoirs, et tués après étourdissement ou non.

Finalement, de mon point de vue, le coeur du problème se situe dans le rapport à l'animal. L'animal ne sert qu'a produire, ce n'est qu'un objet. les réglementations ne sont pas assez présentes du côté du bien-être animal. heureusement, les choses commencent à changer tout doucement...

Encore Bravo pour cet article ! =)

oceane :
Le 15/10/2012 à 09h43

leveld : c'est justement un mensonge, ce n'est pas la boucherie equine qui a permis la survie des chevaux. c'est un argument de comptoir de bar! ok peut etre pour certaines races... je n'ai rien contre le steak de cheval mais reduire leur survie a ca. A savoir que l'evolution humaine a été marquée à la préhistoire par l'utilisation d'outils et notamment par l'utilisation du cheval comme moyen de deplacement ou outil et non plus comme nourriture. Et puis s'il fallait faire une liste exhaustive de tous les ecrits d'admirateurs ou d'utilisateurs de chevaux dans l'Histoire... Cela montre bien que ce n'est pas pour leur viande qu'ils en sont la.

valren :
Le 15/10/2012 à 10h02

Bonjour Océane,
justement l'article n°2 de la série en 5 parties consacrée aux origines de la relation homme-cheval sera consacrée aux raisons et à la manière dont il a été apprivoisé. Et ce n'est vraisemblablement pas pour sa viande, à la lumière de découvertes récentes. Je n'en dis pas plus... ;)

Article publié le 15-05-2012

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