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Equitation de tradition française : un grand thème à explorer...

On parle beaucoup actuellement de l'équitation de tradition française, récemment inscrite par l'UNESCO au patrimoine culturel immatériel de l'Humanité.

Il s'agit là d’une reconnaissance de première importance : elle nous offre l’occasion de faire de l’équitation de tradition française un grand thème, dont nous nous faisons un plaisir -et un devoir- de parler dans Cheval Savoir.

Nous débutons aujourd'hui par le point de vue de Jean-Yves Le Guillou sur un sujet essentiel : la légèreté.

Nous avons décidé de rendre compte des différentes conceptions exprimées par des cavaliers contemporains au travers de textes, interviews, témoignages reflétant les sensibilités de chacun, leurs conceptions et leurs pratiques, suivant aussi les disciplines équestres pratiquées.
Bien entendu, nous n’oublierons pas non plus d’explorer les textes anciens sur lesquels se fonde notre tradition.

Nous reviendrons donc régulièrement dans Cheval Savoir sur ce sujet parfois sensible, toujours passionnant.
Nous publions aujourd'hui le point de vue d’un cavalier familier à nos lecteurs, Jean-Yves Le Guillou, qui nous parle de sa conception de la légèreté, pierre de touche de l’équitation de tradition française, et des moyens qu'il préconise pour l'atteindre.

La légèreté : définition, moyens de l’atteindre

par Jean-Yves Le Guillou*

Légèreté, équitation de légèreté, Il faut être léger, ayez une main légère… Tout le monde emploie -galvaude, même- ces mots et ces expressions. Or la légèreté, non définie et sans indication des moyens de l’atteindre, c’est un vœu pieux. Et on constate même que dans la pratique, c’est un mythe.
Voici une définition, personnelle, de la légèreté, d’une légèreté obtenue avec les procédés équestres que je préconise. Donc individualiste… comme l’est, comme doit l’être, l’équitation française lorsqu’elle n’est pas soumise à des dictats administratifs.

Jean-Yves Le Guillou
Jean-Yves Le Guillou, est en constante recherche. Ici, au travail à pied avec deux longes.
© Coll. J.-Y.Le Guillou

La légèreté est l’équilibre général parfait du cheval d’école, de saut, ou d’extérieur, réceptif aux moindres indications de son cavalier.
Le cheval léger est, de façon impérative, un cheval dont la base de l’encolure a été musclée, ce qui fait qu’il se soutient de lui-même et qu’il n’a besoin d’aucun appui sur la main.
Le cavalier obtient la légèreté en musclant cette base de l’encolure et en refusant l’appui, le cheval étant manié au poids du cuir.
La légèreté ne peut donc concerner que le couple cheval/cavalier.

«L’équitation de légèreté recherche l’élévation de l’encolure, mais pas son relèvement forcé»

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5 commentaire(s) »

marechalviviane :
Le 24/05/2012 à 17h28

Votre exposé se lit facilement, au 2nd abord il mérite quelques réflexions:
J’ai toujours un peu peur que dès que l’on touche aux moyens théoriques nécessaires pour aborder la légèreté en équitation, le contenu artistique risque quelquefois d’en être compromis…
En quelques mots l’art ne se laisse pas si facilement enrêner dans de petits compartiments…
Il me semble que l’Ecole Ancienne comme les Bauchéristes ont fait de la légèreté une finalité ce qui implique sans conteste une recherche constante de la légèreté soignant à chaque instant des détails aidant à parvenir à cette perméabilité aux aides tout en maintenant le soucis de l’équilibre, de la souplesse et de l’impulsion du cheval .
Je suis parfaitement d’accords avec vous concernant la fausse légèreté car enfin il me semble qu’ il est certes plus facile de savoir ce que l’on ne veux pas en équitation que d’obtenir ce que l’on veux ainsi dans cette ordre permettez-moi d’ajouter mon petit grain de sel en la matière des flexions de mâchoires il me semble que dans le cas de ma jument que je monte en licol sans embouchures ( car n’ayant jamais eu de soins dentaires jusqu’à l’âge de huit ans et demie quand elle est venue à moi pour écarter toute douleur et de ce fait résistances j’y était bien obligée… ) elle parvient tout de même à m’accorder cette mobilité de la mâchoire dont vous parlez quelquefois sans que je n’ai recours à 36 manœuvres, sans électrolyse de cuivre ou aurigan , ni badinages des rênes…
Et cette mobilité de mâchoire peut survenir tout spontanément dans notre nouvelle phase de travail “au pas très ralenti” ou bien au moment où je déplace mon poids (non pas dans les étriers que je n’ai pas non plus) légèrement en l’arrière ou encore à d’autres moments plus insaisissables comme si ma jument voulait me signifier par voie de contentement que j’ai bien fait …
J’espère ne pas trop contourner le moyens, ni galvauder et même rester “dans le juste” bien que mes moyens ne semble pas tout aussi “orthodoxe”?


educaval :
Le 24/05/2012 à 19h49

La légèreté concerne LE cheval et LE cavalier. Si celle du cavalier doit être en permanence présente(légèreté= action la plus juste possible avec l'intensité minimum requise au moment X, accompagnée d'une descente des aides, de toutes les aides, dès que le cheval comprend), celle du cheval va évoluer au fur et à mesure de la gymnastique que lui propose le cavalier.La première légèreté résultera de l'acceptation du poids du cavalier; viendra ensuite la légèreté aux aides "primaires".. et cette légèreté s'affinera au fur et à mesure que le cheval saura manier de mieux en mieux ses équilibres nécessaires au mouvement demandé. Yves KATZ, BEES2

marechalviviane :
Le 25/05/2012 à 15h24

Oui la légèreté est une affaire entre le cavalier et le cheval qui pourraient même trouver quelques avantages quelquefois quand une nouvelle difficulté se présente de l’aide d’un ami écuyer qui puisse juger de l’extérieur et appliquer quelques remarques ou observations faites à bon escient tout comme le peintre appliquerait quelques touches de pinceaux sur un tableau qui doit faire beau…

Lorsque vous demandez à votre cheval un pli dans une certaine allure chaque action de rêne ou de jambe doit être la plus précise possible, le cheval apprécie votre justesse en y répondant sinon il revient au cavalier de comprendre d’où vient sa réticence…
“ Il faut décomposer!” comme j’entend résonner les mots propres de Christian Carde et oui ma jument me le rappelle assez souvent aussi!

Les reflexes du cheval seront d’autant plus équilibrés que ceux du cavalier seront plus décomposés et lents...Cela est une affaire de patience et de tact qui découle d'une réalité mécanique et logique!

marechalviviane :
Le 26/05/2012 à 18h54

Je ne sais pas si j’ai la finesse pour décrire la légèreté ni le tact pour transmettre ces émotions qui découlent d’un certain savoir sur ce sujet de la légèreté mais voilà qu’il fait beau et commence même à faire chaud, je reviens d’une ballade avec ma jument et rêve déjà d’être à tout ces endroits où se pratique la légèreté chez vous par ex. ou ailleurs comme chez Louis Valenca si ce n’est que pour voir faire les lusitaniens, ne serait-ce qu'un instant car comme aurait dit le Maitre Nuno Oliveira ( et qui d’autres pouvait mieux faire parti de ce "patrimoine immatériel de l'Humanité"? ) à propos de la légèreté et de la personnalité de cette race :
“…C’est une équitation…les règles sont toujours écrits égales pour ces chevaux, les règles sont écrits en poésie ! ”

marechalviviane :
Le 26/05/2012 à 22h00

Et zut! il ne fait plus beau du tout, il pleut et du coup ça tonne dans le ciel qui est devenu exécrablement gris… ainsi je ne pourrai pas retourner voir ma petite lusitanienne et m’ennuie déjà alors pour en revenir à notre sublime poétique mécanique équestre j'aurai une question à poser:
Il me semble parfois que dans les flexions latéraux sur les cercles par exemple quand j’hésite ou me trompe quant au poids de mes 2 assiettes par rapport à la direction de son chevalement elle est si sensible au poids de mon corps que dans une certaine mesure si je ne me corrige pas il lui arrive de ne pas pardonner la faute et de s’arrêter …
Qui pourrait me dire “séquestrement” si un maitre écuyer peut percevoir ce genre d’erreur auprès de son élève?

Article publié le 15-05-2012

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