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CSIO 5* Rome : Marc Dilasser troisième !

Marc Dilasser s'offre le luxe d'être troisième à Rome dans le Grand Prix très sélectif de dimanche, entre deux monstres sacrés, Beerbaum et Ahlmann.
Bravo !

La veille déjà, Marc Dilasser s'était classé cinquième dans une grosse épreuve avec Qamaieu de Montsec.

Pour l'épreuve majeure, traditionnellement attendue, du dimanche, le Grand Prix à 1,60 m avec barrage, il crée la surprise en montant sur le podium aux côtés de deux ténors : Ludger Beerbaum, qui, en selle sur Gotha, s'offre la victoire. Le maître allemand est suivi d'un autre maître allemand, Christian Ahlmann, qui avec Taloubet Z, son cheval de tête actuellement, est second.

Marc Dilasser
Un très beau portrait de Marc Dilasser, saisi par l'objectif de Nelly Valère. © Nelly Valère

Déchaînant une énorme joie tricolore, Marc Dilasser se classe troisième avec son cheval Obiwan de Piliere (cela ne vous rappelle rien, Obi-Wan Kenobi, le personnage improbable de "La Guerre des Etoiles" ?) sur cette piste de la Plazza di Siena entourée de pins parasols, qui vit concourir tant de très grands cavaliers italiens, de Graciano Mancinelli aux célèbres frères Piero et Raimondo d'Inzeo !
Les étoiles, aujourd'hui, sont allemandes et c'est à leurs côtés qu'a triomphé l'outsider Marc Dilasser, battant une autre star allemande, Marco Kutscher avec Pallouver d'Halong.

Résultats Grand Prix CSIO de Rome

  1. BEERBAUM Ludger, GOTHA FRH (ALL)
  2. AHLMANN Christian, TALOUBET Z (ALL)
  3. DILASSER Marc, OBIWAN DE PILIERE (FRA)  
  4. KUTSCHER Marco, OBOLENSKY (ALL)
  5. SPRUNGER Janika, PALLOUBET D´HALONG (SUI)

Interview

Joëlle Mestrallet, naisseur de Obiwan de Pilière

Né au Haras de la Morsanglière en Normandie, Obiwan de Pilière, le cheval que montait Marc Dilasser, est étalon Selle Français âgé de 10 ans, fils de Diamant de Sémilly. Sa mère, Askania, est une jument Mecklembourgeoise facteur de Selle Français.
Joëlle Mestrallet, naisseur de Obiwan de Pilière, a laissé éclater sa joie au micro de Cheval Savoir.

Cheval Savoir : Quel a été votre ressenti au cours de l'épreuve ?

Joëlle Mestrallet : Moi , j’avais le sentiment qu’il allait assurer le sans-faute, parce que les autres avaient couru tellement vite, qu’il ne chercherait pas à jouer le barrage. Ce qui a été extraordinaire, c’est que lorsque le chrono s’est affiché à la fin du barrage, et qu’il s’est affiché 1er, il est resté bouche bée, et moi j’ai poussé un grand cri, parce qu’en fait, le cheval a une telle amplitude qu’on ne se rend pas compte de la vitesse par rapport aux autres.
En fait, il avait joué le barrage à fond, et le cheval tournait très court, il décollait très fort, et évidemment il y avait encore Beerbaum avec Gotha, et Ahlman à passer après lui, mais même Kutscher n’a pas été plus vite ! Alors quand il s’est vu sur le podium, à côté de Beermaum et d’Ahlmann, il était comme dans un rêve… Ah, ce sont de grands moments, extraordinaires !

C.S. C'est un aboutissement, non ?

J.M. Oui, d’autant qu’on sent ces moments arriver...on fait des 4 points, on voit que le cheval progresse, qu’il se stabilise, qu’il devient régulier…alors le jour où la performance est là ! Une première performance comme ça, ça n’arrive qu’une fois : c’est tout simplement génial.

C.S. C'est la suite d'une belle histoire...

J.M. Mais là, aussi, on mesure à quel point c’est long ! C’est une histoire qui dure depuis 1999 quand j’ai acheté la jument Mistinguett, qui a été montée par Patrice Delaveau, puis après sa blessure, par Marco (Marc Dilasser, ndlr). Quand Obiwan a été en âge de sauter, Marco l’a tout de suite aimé, et voilà où on en est. Ce cheval, je l’ai fait naître, il a dix ans… c’était un grand cheval dégingandé, pétri de force, pétri d’émotions… c’est long, très long.
Son frère de 3 ans est extraordinaire : on le verra l’année prochaine sur les parcours… Quant à Marco qui est mon cavalier et qui habite à 5 minutes de chez moi, il a été vraiment le meilleur français à Rome où il a également monté Quamaïeu, un grand cheval du même style qu’Obiwan. C’est extraordinaire pour un éleveur de vivre des moments comme cela. Mais par contre, impossible de trouver une bouteille de champagne pour fêter cela : tout le monde déménage en fin de concours ! Cela s’est fini avec une pizza !

Propos recueillis par Nelly Valère.
4 commentaire(s) »

eleonore :
Le 11/06/2012 à 11h16

Quel plaisir de voir une éleveuse dire sa joie! le gain, c'est nécessaire, mais la joie, ça comble et ça rassure quant au devenir de ce sport exigent! dans ce milieu où les cavaliers et les éleveurs sont balottés au gré de propriétaires argentés, c'est le respect dû aux chevaux, à ceux qui en prennent soin et savent attendre sans bousculer ni attenter à leur intégrité physique et morale, c'est à ceux-là qu'il faut dire merci pour eux et pour le sport!

nellyvalere :
Le 11/06/2012 à 11h30

Je suis contente qu'Eléonore partage et souligne le plaisir que j'ai moi-même éprouvé en recueillant les propos de Joëlle Mestrallet. Quellle sincérité, et quelle joie communicative! Je trouve qu'un témoignage de cette joie du naisseur et éleveur apporte un éclairage heureux sur ce sport qui focalise surtout sur les cavaliers et parfois les chevaux, ( quand on a pris soin de ne pas "exploiter" leur talent purement et simplement).
Encore bravo à l'équipe!

eleonore :
Le 11/06/2012 à 12h48

Et merci aussi à CS de relayer sa joie! "Cheval-Savoir,ce que vous ne lirez pas ailleurs"...c'est votre devise, non? alors bravo. on en veut encore!

jardin :
Le 11/06/2012 à 14h56

La prochaine fois ,amenez votre bouteille de champagne dans la malle de pansage :)

Article publié le 02-06-2012

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