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Alimentation : attention aux excès !

Par Peggy Pansart et Anaïs Brussaferi, de l’Observatoire Animaderm.


N°33 Juin 2012
11 Commentaire(s)
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Cette année, le printemps a été très humide dans la plupart des régions de France, et le début de l’été s’annonce tout aussi pluvieux.
Les problèmes saisonniers liés à la pousse d’une herbe très abondante et très riche, peuvent donc réapparaître les maladies de surcharge, et notamment les démangeaisons et irritations cutanées. La corrélation entre l’alimentation du cheval et ces pathologies semble d’année en année plus qu’évidente.

Si les allergies respiratoires et digestives sont un des nouveaux maux de l’homme, il semble en être tout autant chez les chevaux… Pour les hommes, une mauvaise hygiène alimentaire, en particulier, a été identifiée comme une cause de ces troubles. Et pour les chevaux ?

Aux petits soins pour eux, sommes-nous vraiment dans le juste quant à leur alimentation ? Sommes-nous sûrs de respecter vraiment leurs besoins réels ou agissons nous par anthropomorphisme ?

Alimentation cheval
Des études scientifiques ont mis en corrélation le rôle des surcharges alimentaires dans le développement des maladies dermatologiques. © L.Bataille

La corrélation entre l’alimentation du cheval et ces différents pathologies semble d’année en année plus étroite et évidente. Plusieurs études chiffrées sont en cours dans le monde notamment chez Animaderm. Les premiers résultats récoltés démontrent de manière flagrante ce lien.

«Le cheval libre mange ce qu’il trouve en fonction de son lieu de vie
Et ce qu’il trouve dépend de ce qui pousse, c’est-à-dire des saisons»

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11 commentaire(s) »

naomierio :
Le 06/07/2012 à 23h19

Merci pour cet article très intéressent ... Il m'a permis de comprendre le problème que j'ai dans mon écurie , mes chevaux sont en surpoids au printemps tout simplement parce que j'augmente la ration de foin par grand froid l'hiver pour qu'ils aient moins froid . Les schémas du cycle de nourriture des chevaux dans la nature le montre bien, en hiver, ils jeûnent et on devrait faire un peu comme eux nous aussi.

educaval :
Le 07/07/2012 à 13h18

Article intéressant et enrichissant.. Il est tout de même important de noter que les fait avancés concernent un cheval LIBRE. Nombre de chevaux actuellement vivent dans des paddocks qui n'ont pas la qualité de prairies naturelles(surpâturages,envahissement de mauvaise herbes............). De la même manière,le foin n'a pas la valeur d'une herbe fraîche.........Il est donc important d'avoir "l'oeil expert". C'est lui qui vous permettra de surveiller l'état de votre cheval et d'adapter sa ration à son modèle, à son travail, à la saison, à sa capacité d'assimiler la ration qu'on lui distribue.....A ce titre, la méthode d'estimation de l'état corporel du cheval que propose Cheval savoir est quelque chose à appliquer et à suivre........Yves KATZ, BEES2.

happymeal :
Le 12/07/2012 à 13h58

Je rejoins Yves Katz dans son commentaire ci-dessus. L'estimation de l'état corporel d'un cheval est une de ces connaissances que tout cavalier devrait avoir. Il me semble qu'elle a d'ailleurs été intégrée au nouveau programme des Galops. Du point de vue du pédicure-pologue équin que je suis, cette estimation de l'état corporel est aussi un outil précieux. Tout propriétaire de chevaux non ferré devrait maitriser cette méthode simple. Elle est décrite dans un article disponible gratuitement en téléchargement sur www.podologie-equine.com

laredac :
Le 13/07/2012 à 12h27

Chers lecteurs

Estimer l'état corporel du cheval est effectivement intéressant, voire indispensable dans certains cas. Nous vous signalons que Cheval Savoir a publié à ce sujet un important article didactique et pratique, assorti d'un module de calcul en vidéo...

http://www.cheval-savoir.com/49-etat-corporel-cheval-gros-maigre

D'ailleurs vous trouverez aussi cette vidéo en page d'accueil (à côté du "zapping articles équestres").

Bien cordialement

La Rédaction

gnourf :
Le 18/07/2012 à 11h14

Bonjour,

J'ai trouvé l'article très intéressant, mais il me laisse tout de même dubitative au niveau de l'analyse.

Il est évident que la domestication du cheval a complètement perturbé son rythme alimentaire et énergétique par rapport à un cheval libre et que sa vie sédentaire et dépendante de l'Homme l'empêche de bénéficier de mécanismes régulateurs que développerait le cheval libre. Mais je suppose qu'on peut faire la même analyse sur la population humaine, où dans notre société moderne, nous ne manquons pas de nourriture au cours de l'année. Et pourtant, aucun nutritionniste ne préconise de revenir à un cycle saisonnier d'alimentation (faire du gras l'été pour le perdre l'hiver).
Je conclurais à ce sujet (pour les Hommes et les chevaux) que l'abondance de nourriture doit toujours appeler beaucoup de vigilance et il faut se rappeler que nous nous nourrissons pour couvrir nos dépenses énergétiques et non l'inverse.

Ensuite, je ne suis pas d'accord avec l'analyse entre sur-nutrition et dermites. Dire que 2/3 des chevaux souffrant de dermites sont trop nourris ne veut absolument pas dire que 2/3 des chevaux trop nourris ont des dermites et qu'alors trop nourrir favoriserait les dermites. C'est tout bête, mais en toute rigueur, nous ne pouvons rien tirer de la statistique de 2/3 des chevaux souffrant de dermites sont trop nourris, sauf si on cherchait à démonter un lien comme quoi les dermites influeraient sur l'appétit et/ou sur le besoin énergétique.
Pour poursuivre l'étude, il faudrait mesurer au sein d'une population de chevaux trop nourris tous ceux qui souffrent de problèmes divers.

Cela dit, ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain, je ne conteste absolument pas que trop nourrir (dans le sens général d'un apport énergétique supérieur au besoin, mais sans présumer d'un surpoids) soit néfaste d'une manière ou d'une autre. Le cas d'école en ce domaine est quand même la fourbure!

Juste pour poursuivre ce sujet intéressant, je suis très intéressée par une analyse entre les aliments industriels complets et classés par gamme pour s'adapter au mieux aux différents besoins d'un côté, et de l'autre côté une alimentation plus cuisinée (où on ferait soi-même ses mélanges de céréales et où on suivrait finement l'apport nutritionnel de chaque élément).
Je repense notamment à un ami cavalier qui s'était longtemps embêté à faire ses mélanges soi-même pour assurer le bon apport nutritionnel à ses chevaux, jusqu'à ce qu'il découvre que les aliments industriels étaient non seulement très bien tolérés par ses chevaux, mais qu'en plus, ils ne présentaient plus de symptômes qu'on pouvait associer à des carences.

Merci,

Gnourf

haize :
Le 19/07/2012 à 19h19

Bonjour

comme beaucoup, j'ai trouvé cet article très intéressant. mais je ne suis pas d'accord avec le raisonnement de Gnourf sur la validité statistique de la relation entre dermite et sur-alimentation.
lorsque l'on dit que 99% des chats isabelles (tricolore) sont des femelles et que cette robe est liée au sexe (le gène responsable étant localisé sur le chromosomme X), est-ce faux sous prétexte que 99% des chattes ne sont pas isabelles? tout dépend de la prévalence du phénomène dans la population, et, s'il est vrai qu'il serait intéressant d'étudier cette pévalence dans la population de chevaux en surpoids ou alimentés de façon trop riche par rapport aux chevaux nourris de façon équilibrés, le raisonnement suivi plus haut est faux. ce qui est dit dans l'article, c'est que ce facteur contribuerait à l'apparition de dermites. il constituerait un terrain favorable (ou facteur de risque), parmi d'autres. Enfin, pour faire le lien avec l'homme, il faut savoir que le nombre d'allergie alimentaires et de désordres métaboliques sont en hausse aussi chez la population humaine..

gnourf :
Le 20/07/2012 à 10h02

Cher Haize,

Je comprends votre raisonnement, mais maintiens tout de même le mien et ses conclusions. J'apporte quelques compléments, pour essayer de lier le tout.

Je partage tout à fait votre exemple sur les chats isabelles. Dire que 99% des chats isabelles sont des femelles, signifie qu'on a recensé la population de chats isabelles, que parmi cette population, nous avons noté le sexe, et qu'on a alors constaté que 99% de la population de chats isabelles étaient des femelles. On en déduit intuitivement 'robe isabelle' implique/influence 'femelle'.

Il paraît évident qu'on ne peut pas en conclure le recensement inverse ('femelle' implique 'robe isabelle') : on recenserait toute la population de chats femelles dont on noterait la robe et il paraît évident qu'on constaterait que parmi la population de chats femelles, la robe isabelle ne représente que 5% (chiffre au hasard, mais bien loin des 99%).
Statistiquement, on voit bien que ce n'est pas parce qu'on a démontré un lien/une implication dans un sens ('isabelle' implique 'femelle') que la réciproque est automatiquement vraie.

Dans l'article, tel que c'est présenté, on aurait recensé la population de chevaux souffrant de dermite et on aurait noté leur embonpoint. De là on constaterait que 2/3 de la population des chevaux souffrant de dermite ont de l'embonpoint.
On vient de démontrer (analyse statistique pure) que 'dermite' implique un lien avec/ a une influence sur 'embonpoint' (et dans ce sens seulement).

Toujours dans l'analyse statistique pure, nous ne pouvons rien dire sur la réciproque inverse ('embonpoint' influence 'dermite') à partir de cette observation. Si ça se trouve, elle existe (et intuitivement, nous sommes tous d'accord là-dessus, mais intuition n'est pas analyse statistique), mais elle pourrait aussi ne pas exister. A ce stade de l'analyse statistique, on ne peut rien en déduire mathématiquement.

Mon premier commentaire portait seulement sur ce point d'interprétation. Fondamentalement, je suis convaincue que le surpoids a des effets néfastes autres que le simple excédent de poids (donc pourquoi pas des dermites).

Mais pour le démontrer statistiquement, il faut recenser la population de chevaux en surpoids et noter leurs problèmes. Et si on constate qu'une portion significative (30%? 50%? 66%?) des chevaux en surpoids ont des problèmes de peau, alors bingo! nous avons notre argument statistique comme quoi 'surpoids' influence 'dermite'.

Cordialement,

Gnourf

haize :
Le 21/07/2012 à 01h18

Cher Gnouf

nous sommes d'accord qu'une étude portant sur la prévalence de la dermite au sein de la population de chevaux en surpoids (en comparaison avec le reste de la population) apporterait des éléments intéressant pour établir l'importance du lien existant entre sur-alimentation et dermite. Mais ne permettra toujours pas d'établir le sens de la relation, quelque soit le pourcentage obtenu
cependant, je ne suis toujours pas d'accord sur votre raisonnement lorsque vous dites:
"On vient de démontrer (analyse statistique pure) que 'dermite' implique un lien avec/ a une influence sur 'embonpoint' (et dans ce sens seulement)."
Tout d'abord parce qu'il est impossible de parler de statistique (pure ou non) à la seule vue des données présentées, car nous n'avons à disposition aucun élément concernant les effectifs et la structuration de la population ou de l'échantillonnage. Il aurait fallu connaitre la proportion de chevaux en surpoids dans la population générale et la comparer statistiquement à celle des chevaux ayant un surpoids parmi ceux ayant une dermite, et voir si cette dernière s'écarte significativement de la valeur de la population générale.. autrement dit, si 66% des chevaux sont sur-alimentés, la proportion trouvée dans l'échantillon de chevaux présentant une dermite ne reflèterait qu'une caractéristique de la population générale.. ne connaissant pas les détails de l'analyse menée, je ne peux statuer sur la validité statistique des résultats présentées dans cet article de vulgarisation... admettons qu'ils le sont.

par ailleurs, il est impossible d'orienter le lien de cause à effet entre sur-alimentation et dermite. si je suis votre raisonnement (la dermite influence l'embonpoint), et si je fais le parallèle avec le cancer des poumons et le tabagisme:
90% des personnes développant un cancer des poumons sont des fumeurs, (le pourcentage de fumeur développant un cancer des poumons étant bien moindre et on ne connait pas le chiffre réel)
si je suis votre raisonnement, cela reviendrait à dire que le cancer des poumons favoriserait le tabagisme, et non pas l'inverse...

il est néanmoins évident que les éléments présentés dans cette étude devront être confrontés à ceux provenant d'études supplémentaires, portant sur d'autres échantillonnages, comme pour toute étude scientifique, pour que le lien soit validé ou non..
l'étude des facteurs à l'origine des dermites et des mécanismes mis en jeu n'en est qu'à son début.. nous n'en avons pas fini d'apprendre.

haize :
Le 21/07/2012 à 08h49

donc voilà, ce qui me semble d'un point de vue statistique strict. Ensuite, concernant le lien de cause à effet, il me semblerait plus logique que l'embonpoint influe sur la dermite plutôt que l'inverse, étant donné qu'un cheval atteint de dermite tend à manger moins et à augmenter ses dépenses liées au stress et aux activités de grattage. l'effet inverse me semble beaucoup moins probable d'un point de vue physiologique et métabolique. cela ne serait pas impossible, mais moins vraisemblable.



gnourf :
Le 23/07/2012 à 09h16

Cher Haize,

Je pense que nous convergeons fortement, je me range tout à fait à vos arguments et analyses.
Vous avez raison, sans connaître le protocole expérimental, nous ne pouvons faire une vraie analyse statistique. Mon propos initial était qu'a fortiori, nous ne pouvons encore moins inverser l'éventuelle corrélation.

Cela m'amène à souligner un autre point dans ces analyses : corrélation ne signifie pas automatiquement causalité.

Cela dit, il nous paraît tous vraisemblable que l'alimentation (et le surpoids) ait une influence sur la peau. Vaste sujet!

:
Le 25/09/2015 à 17h37

Wouaouh !
Ca donne chez Cheval Savoir ! Mais ça abouti à du positif !

J'ai suivi les conseils d'Happymeal, en allant lire le texte de Xavier Meal, sur les grilles d'évaluation de l'état corporel d'un cheval dans "podologie-equine.com".
Il y a là un véritable outil pratique et concret. D'autant plus que le texte de base est suivi de conseils et d'observations pratiques très utiles.
J'ai un jument qui souffre chroniquement de problèmes dermatologiques et je n'en trouvais pas la cause. Il se trouve que c'est depuis qu'elle a pris du poids et je n'avais pas fait la relation. Corrélation ou causalité....j'ai une réponse à explorer !
Merci CS !
YR.

Article publié le 05-07-2012

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