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Les origines du cheval Camargue : énigmes et réalités

Par Amélie Tsaag Valren
Avec la collaboration de Véra Eisenmann, paléontologue.



N°34 Juillet - Août 2012
5 Commentaire(s)
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Parmi les races équines françaises, le Camargue a tellement d'ascendances revendiquées qu’il est difficile de savoir où se situe la vérité.

En effet, les origines des races animales constituent un sujet “parent pauvre” de la recherche. L’on a prêté au cheval Camargue des ascendants variés : le cheval arabe, barbe, mongol, germanique, celte, Tarpan, Przewalski et même le cheval de Solutré !

Amélie Tsaag-Valren, notre spécialiste des origines des races équines, bouscule ici quelques idées recues qui ont la vie dure, avec l’aide de la paléontologue Vera Eisenmann.

Il est fréquent d'entendre raconté que le Camargue est un descendant direct des temps préhistoriques. Les caractéristiques « primitives » de la race (grosse tête, encolure plutôt courte, fanons...) relevées par de nombreux spécialistes, attestent selon eux de son ancienneté. S'il est mentionné dès l'Antiquité, si l'on parle de « nuit des temps » ou de « cheval parmi les plus anciens du monde », la question de son origine reste à ce jour un grand mystère, aucun chercheur n'ayant pu sérieusement s'y pencher, faute de matériel à étudier. Restent une pléiade de théories, ici listées et analysées. Parmi elles se cache, sans doute, la véritable origine du blanc cheval venu de la mer...

Le cheval Camargue
Le cheval Camargue : une image qui fait classiquement rêver, mais aussi une énigme zootechnique… Photo par Jean-Louis Vandevivère, licence C.C 2.0, source FlickR

Le Camargue, un survivant direct des temps préhistoriques, un animal “pur” que l'homme n'a pas influencé ? A l'origine de cette filiation revendiquée se trouve le fameux “cheval de Solutré”, découvert en 1874 sur le site du même nom et étudié par le professeur Toussaint.

«La théorie germanique se base notamment sur la présence d’une sixième vertèbre lombaire, rapprochant le Camargue des Tarpans et autres Przewalski...»

Le dépôt d'ossement de Solutré recèle en vérité au moins deux sous-espèces de chevaux (Equus caballus gallicus et Equus caballus arcelini) aux restes datés de différentes époques – une découverte du professeur J.L. Guadelli (1996).

Le casse-tête préhistorique et l'impossible migration

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5 commentaire(s) »

gnourf :
Le 13/07/2012 à 11h36

J'avais lu quelque part (ce qui va suivre est donc à prendre avec beaucoup de pincettes) que l'existence et la persistance de la robe grise chez certaines races étaient dues à l'influence de l'homme. A l'état naturel, les chevaux gris auraient tendance à être tenu à l'écart du troupeau, donc moins disposés à transmettre leur gène gris. Ce serait l'homme, pour des critères esthétiques, qui aurait favorisé la survie et la reproduction des robes grises.

Si cette théorie n'est pas fausse, on pourrait en déduire qu'au cours de l'histoire de la race camarguaise, l'homme y a joué un rôle important pour favoriser la robe grise. Cela contredirait alors le mythe de la race "pure non influencée par l'homme". Mais cela ne nous dit rien sur quand, ni comment (avant de rejoindre le Delta du Rhône, après l'implantation géographique...)

valren :
Le 13/07/2012 à 15h14

Bonjour gnourf,

Ce que tu as lu est à mon humble avis très juste : les trois premières robes du cheval sauvage européen (attestées par une étude génétique citée dans l'article du cheval noir) sont le noir, le bai et l'alezan, la sélection naturelle éliminant les robes claires (les chevaux sont alors beaucoup plus visibles pour leurs prédateurs).

La robe grise provient d'Afrique d'après une autre étude, puisque le gène est dominant et qu'elle plaît pour l'apparat, elle peut se répandre très vite par l'élevage sélectif. Inversement, elle tend à disparaître chez les populations de chevaux à l'état sauvage.

Les mustangs sont un bon exemple, puisque d'origine Barbe ils portaient fréquemment la robe grise à leur arrivée sur le continent américain, mais les mustangs actuels ont généralement les crins noirs.


laetitia :
Le 18/07/2012 à 11h17

Vous avez toutes deux raison à propos du rôle de l'homme dans la sélection des robes grises dans certaines races : j'ai écrit d'ailleurs dans l'article sur les robes chez le cheval ibérique (CS N° 22) que les moines Chartreux de Jerez ont volontairement sélectionné les robes grises, cette sélection étant rendue d'autant plus facile qu'il s'agit d'un gène dominant.
Cette sélection du gris est aujourd'hui inversée, en tous cas dans les races ibériques, où les chevaux bais ou noirs sont plus cotés.

Merci de votre participation qui alimente notre connaissance à tous.

Laetitia Bataille

http://www.cheval-savoir.com/646-robes-chez-cheval-iberique

yann :
Le 25/08/2012 à 22h16

Il y a sans doute une solution efficace et rapide en faisant une recherche sommaire sur l'ADN mitochondrial du Camarguais.
Il s'agit d'un moyen connu depuis une dizaine d'années pour retrouver via les lignées maternelles les origines de peuplement des zones géographiques. Cela a été fait pour l'homme et certaine races équines, comme le pur sang anglais, le Lipizzan, le pur sang arabe d'origine polonaise, (enfin élevé en Pologne). L'arabe a déjà fait l'objet de recherches importantes sur les lignées maternelles implantées aux USA par exemples et de nombreuses séquences ADNmt (zone de contrôle) sont répertoriées.

Sauf erreur il y aurait au moins la possibilité par comparaison de voir si le camarguais a une communauté génétique mitochondriale, même partielle avec une lignée maternelle arabe et dans quelle fourchette de temps s'est réalisé le peuplement.

valren :
Le 26/08/2012 à 14h17

Bonjour Yann, c'est une excellente idée et si de telles recherches sont menées (cela pourrait constituer un excellent sujet pour un étudiant en génétique), je ne manquerais pas d'en parler.

Article publié le 07-07-2012

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