Motivation, quand tu nous tiens…



Journal N°65 -
Pourquoi les cavaliers gagnent-ils si souvent dans les concours qui se déroulent dans leur pays ? Le public, lors d’un barrage de CSO, ne ménage pourtant pas ses encouragements aux autres cavaliers. Mais le fait est là : que de victoires de grands cavaliers devant « leur » public ! Sans doute y a-t-il un petit quelque chose en plus qui fait gagner un centième de seconde…

\"Laetitia

Pourquoi les cavaliers gagnent-ils si souvent dans les concours qui se déroulent dans leur pays ? Le public, lors d’un barrage de CSO, ne ménage pourtant pas ses encouragements aux autres cavaliers. Mais le fait est là : que de victoires de grands cavaliers devant « leur » public ! Sans doute y a-t-il un petit quelque chose en plus qui fait gagner un centième de seconde…
Cela s’appelle la motivation. Celle ci peut être évidente, mais emprunter aussi des chemins insolites. Un professeur de musique, sachant que la « dictée musicale » est la bête noire de tous les élèves, avait un jour présenté habilement les choses en disant : « Si vous travaillez bien pendant ce trimestre, à fin de l’année, vous aurez le droit de faire une dictée musicale ». Et voilà l’objet de hantise transformé en projet, là bête noire muée en récompense !

Les moyens employés pour obtenir quelque chose de quelqu’un – être humain, chien ou cheval – se sont longtemps résumés à une équation simple qui selon les époques s’appelle « carotte et bâton », « dressage par coercition ou par persuasion » « renforcement positif ou négatif »… Qu’importe la terminologie : il s’agit toujours de réagir en fonction de ce qui se passe, puis de corriger le tir avec la récompense ou la punition. C’est tout l’inverse de ce qu’a fait l’astucieux professeur de musique qui a su anticiper, et actionner un bien plus puissant levier : la motivation. L’envie de réussir, bien sûr, mais surtout la curiosité de découvrir quelque chose de nouveau, de mystérieux, et de vaguement interdit puisque seul un bon comportement en permettra l’accès. Voilà la dictée regardée avec d’autres yeux…

Certes, on ne peut pas avec un cheval expliquer verbalement ce genre de « deal ». Mais le changement d’habitudes, la détente que procure la période estivale (avec ou sans « vacances » proprement dites) permettent de pratiquer davantage l’équitation de pleine nature, d’emmener le cheval brouter dans un carré d’herbe et d’y trouver le temps d’un dialogue cheval-cavalier… le temps étant ce qui manque le plus pour gravir dans ce long escalier qui mène le cavalier et son cheval vers la compréhension et peut-être la complicité…

Mais pour qu’un cheval soit « motivé » encore fait-il que l’équitation n’entraîne ni gène physique, ni contrainte morale (mais oui, c’est possible !) ni évidemment douleur (ce qui hélas est loin d’être toujours le cas !) « Le cheval devrait travailler comme s’il n’avait pas de cavalier sur le dos », dit joliment le grand cavalier de complet Jean Luc Force.

Ce dernier participe, avec d’autres cavaliers et hommes de cheval de prestige, à la conférence qui aura lieu le 18 septembre prochain, lors des « Rencontres de La Cense », et sera consacrée… au bien-être du cheval. Le choix de ce thème réaffirme l’engagement du haras de La Cense dans ce combat devenu incontournable. Cheval Savoir est partenaire de ces Rencontres (nous aurons l’occasion d’en reparler) et nous avons dès à présent interviewé certains des intervenant « vedette » qui, dans le cadre de notre rubrique « Leur avis sur… » nous livrent leur ressenti sur cette problématique essentielle et plus actuelle que jamais.

Photo de couverture : © anakondasp – Fotolia.com