Les cavaletti sont-ils utiles pour faire engager les postérieurs ?


Réponse de Pierre Beaupère, cavalier professionnel et Professeur de dressage



Journal N°65 -
A la suite de l’article de Pierre du mois dernier, consacré au cheval qui accepte mal la main et ne « pousse » pas assez derrière, une lectrice a posé une question dans l’espace « commentaires » au bas de cet article. Question d’intérêt général à laquelle Pierre répond dans le cadre de cette rubrique.

Question

Est-ce qu\'un travail sur cavaletti pourrait améliorer l\'engagement des postérieurs ?
Question de Amik, posée dans l’Espace commentaires de CS

Réponse de Pierre Beaupère

En soi les cavaletti ne vont pas vraiment travailler en tant que tel l\'engagement postérieurs. A mon sens, ce qui amène cet engagement est surtout le fait que le cheval ait réellement envie d\'avancer et qu\'il se \"pousse de derrière\".

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Les cavaletti sont faciles à mettre œuvre avec une barre d’obstacle montée sur des croisillons, ou posées sur des bottes de paille. Photo Wikipédia.

Par contre, la contraction de l\'ensemble du corps ou de certaines parties peut limiter la mobilité des postérieurs et donc leur engagement. De la même manière, un manque de flexibilité des articulations (pouvant lui aussi être dû à des contractions) peut rendre l\'engagement des postérieurs difficile pour le cheval.

Dès lors, à mes yeux, le travail sur des cavaletti, même s\'il ne va pas forcément provoquer l\'engagement, peut le favoriser en amenant le cheval à, par lui-même, faire un effort supplémentaire et mobiliser son corps dans son ensemble ainsi que ses articulations. Il sera alors intéressant d\'alterner des cavaletti assez hauts et rapprochés avec des cavaletti plus bas mais plus espacés.
Si c\'est la contraction qui empêche l\'engagement, il faudra beaucoup mobiliser le cheval sur deux pistes.
Si c\'est un manque de mouvement en avant, le grand trot sera extrêmement bénéfique.

Attention enfin : une mauvaise position de la cage thoracique (ce qu\'on appelle généralement le garrot descendu) peut de la même manière limiter très fortement la possibilité pour le cheval d\'engager ses postérieurs.

On comprend donc que plusieurs facteurs peuvent influencer celui-ci et surtout, qu\'à mes yeux, on ne travaille pas à proprement parler l\'engagement des postérieurs. Celui-ci est le résultat d\'un cheval en équilibre, mobile et décontracté. Et on revient encore une fois à ces trois notions primordiales : rythme, équilibre et décontraction. Tous les exercices qui peuvent améliorer ces trois points (dont les cavaletti font partie) sont bénéfiques !