Renforçons !



Journal N°69 -
« Ne tuez pas le chien ! » C’est le titre d’un livre qui a connu aux Etats Unis un grand succès. Comprenez : pour éduquer votre animal, il y a d’autres moyens que la crise de nerfs. L’auteur, Karen Pryor, a eu autant de réussite dans l’éducation de ses enfants que dans celle des dauphins (c’est son métier, pour les dauphins).

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« Ne tuez pas le chien ! » C’est le titre d’un livre qui a connu aux Etats Unis un grand succès. Comprenez : pour éduquer votre animal, il y a d’autres moyens que la crise de nerfs. L’auteur, Karen Pryor, a eu autant de réussite dans l’éducation de ses enfants que dans celle des dauphins (c’est son métier, pour les dauphins).
Et de quoi est-il question ? De renforcement, positif et négatif. Rien de bien neuf, ai-je pensé, concepts archi connus et rebattus, c’est la vieille équation carotte/bâton revue et adaptée par les éthologues de tout poil…

Eh bien non. Au fil des pages (j’ai dévoré le livre) j’ai vu que l’approche de Karen Pryor allait beaucoup plus loin que ce que l’on pense généralement à ce sujet.

L’auteur passe très rapidement sur le renforcement négatif, dont le « rendement», comme chacun sait, est faible. Elle se focalise sur le renforcement positif. Lequel n’est pas réservé aux animaux, et se révèle redoutablement efficace vis à vis de votre patron, de votre conjoint, de votre belle-mère ou de votre ado bougon. Et aussi vis à vis de vous-même. Karen Pryor cite l’exemple d’un joueur de squash amateur qui, au lieu de se focaliser sur ses erreurs, avait pris le parti de se féliciter de ses balles réussies. Ledit joueur de squash avoue même s’être « senti très bête » se félicitant à haute voix, surtout lorsqu’il s’est surpris à se donner une tape bienveillante sur l’épaule devant une balle particulièrement percutante. Très vite son jeu s’est étonnamment amélioré au point de battre des adversaires habituellement plus forts.

En plus, ce joueur prend plus de plaisir dans son sport, ne reste pas sur une impression de colère ou de déception « car il sait », explique Karen Pryor, « qu’il y a ratés mais aussi de belles réussites ». Scénario bien-pensant, naïf et idéalisé à l’américaine ? Peu importe. Le message est resté très actuel.

« Que la force soit avec toi » est la version moderne de « Aide toi, le Ciel t’aidera » - une maxime pourtant classique, mais bien peu appliquée en France où notre éducation (du moins celle des personnes de ma génération) consistait plutôt à nous dire de ne pas « faire le malin », ne pas nous vanter, ne pas parler de nous. C’est tout juste si nous existions. Alors de là à nous taper sur l’épaule en nous disant « Bravo »,  quel abîme !

Certes, l’équitation s’est débarrassée – lentement -, de son carcan militaire, où une nécessaire modestie allait de pair avec souffrances physiques et brimades. De nos jours, la préparation mentale fait partie de l’entraînement de tous les sportifs de haut niveau. Reste que pour les cavaliers amateurs, si souvent isolés face à leur cheval personnel ou tout aussi isolés au sein d’une reprise standardisée, un peu d’estime de soi ne ferait pas de mal. Y croire, croire en soi, croire en sa bonne étoile. Croire à sa réussite.

Et si c’était un thème à explorer pour cette nouvelle année ?
De tout cœur, la rédaction de Cheval Savoir vous adresse tous ses vœux pour 2016. Une belle relation avec votre cheval, avec vos proches, avec le sport, et avec vous-même…

Photo de couverture : © Azaliya (Elya Vatel) – Fotolia.com

Titre original Don’t shoot the dog! 
The new art of teachnig and training
Karen Pryor
Bantam Books, Ed.