Le vent, ennemi numéro 1


Par Dominique Lambert-Lefranc.



Journal N°78 -
L’hiver apporte au cheval et au cavalier son lot d’inconfort. Alors que le cheval supporte très bien le froid sec, le vent lui est très pénible et peut même un vrai danger pour sa santé et sa sécurité. Le vent, un élément à gérer avec attention.

Nous avons pris l’habitude d’entendre parler dans les bulletins météorologiques de température « réelle » ou « ressentie ». En effet, une température de 10 degrés peut –être « ressentie » 5 ou 6°, pour peu que le vent ou l’humidité s’y mette.
Nous avons les chevaux sensibles à l’humidité, mais le vent est lui aussi un ennemi de leur confort et de leur santé.

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Si le cheval n’est pas sensible au froid sec, le vent et l’humidité sont ses ennemis. © seread - Fotolia.com

En toute saison, le vent refroidit. Parfois, il est précieux à ce titre : en été et par forte chaleur, les chevaux vivant dans un pré vallonné recherchent la partie haute du pré, où la brise souffle et éloigne les insectes (qui eux non plus n’aiment pas le vent !)

En revanche, le vent est ennemi redoutable l’hiver. Instinctivement, le cheval se place croupe au vent pour protéger sa tête du froid (avez-vous remarqué comme un simple bonnet vous aide à ne pas vous refroidir ?) En troupeau, les chevaux s’organisent avec leurs congénères en se plaçant tête bêche pour s’abriter mutuellement du vent. Aucun de ces comportements ne s’observe par froid sec, même si la température est très basse et la neige abondante. Le vent, lui, a un effet délétère.

En attelage, le vent est un ennemi, qui augmente la résistance aux efforts de traction, et risque d’effrayer le cheval

Il est donc indispensable qu’un cheval qui vit dehors (ou qui y passe beaucoup de temps) soit protégé. La présence d’une haie vive reste un bon atout. Une couverture d’extérieur type new Zealand réalise également un bon coupe-vent, en même temps qu’elle garde la chaleur.
Mais l’essentiel est que le cheval dispose d’un abri de prairie très bien conçu qui le protège réellement des vents dominants, notamment les redoutables bourrasques du nord ou de l’est.

Le vent, fauteur de trouble

Le vent rend tous les animaux nerveux. Il peut faire peur au cheval, directement ou indirectement (le parapluie qui se retourne sous les yeux du cheval est un exemple caricatural, mais classique !) et l’on note une augmentation des chutes en club lors des journées de vente fort. C’est pourquoi il est recommandé que les manèges soient équipés de vitres. Les feuilles de plastique parfois installées pour couper le vent dans les espaces ouverts des manèges s’avèrent souvent contre-productives, elles peuvent frémir bruyamment et effrayer les chevaux.

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L’abri « naturel amélioré » peut constitue une bonne solution. En savoir plus ici. © DR

Que ce soit dans un manège ou à l’extérieur, les rafales peuvent provoquer des bruits soudains et mal identifiés par le cheval, qui peut faire des écarts des démarrages.
Il est bien sûr déraisonnable de sortir en forêt par grand vent, mais le cheval au pré est lui aussi tenté de se réfugier sous les arbres, où il peut être victime d’une chute de branche. Il est donc sage en cas de grand vent de rentrer le cheval à l’écurie ou de l’enfermer dans son abri si celui-ci comporte un système de fermeture sécurisé.

Le vent est également l’ennemi du cheval attelé, à cause de la résistance qu’il oppose aux efforts de traction, qui se trouvent ainsi augmentés à poids égal de la voiture et à terrain égal. Le vent est également un facteur d’agitation pour le cheval, et l’on sait qu’en attelage, tout ce qui surprend ou effraye le cheval peut être très lourd de conséquences…