Les deux François



Journal N°82 -
Pas un mois, pas une semaine presque, sans qu’un article de journal, une émission, un livre, ne soit consacré à la défense animale. Des personnalités de plus en plus nombreuses associent désormais leur nom à ce combat qui, à notre époque, peut sembler secondaire…

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Pas un mois, pas une semaine presque, sans qu’un article de journal, une émission, un livre, ne soit consacré à la défense animale. Des personnalités de plus en plus nombreuses associent désormais leur nom à ce combat qui, à notre époque, peut sembler secondaire…

Le combat est-il nouveau ?
Certes non. Dans le passé, il y eut des prises de conscience : la SPA fut crée en 1850, et cinq ans plus tard, la loi Grammont fut votée par un député qui s’émouvait notamment de voir des chevaux de fiacre tomber d’épuisement entre les brancards…

Le vingtième siècle, avec ses guerres insensées, ne se soucie guère du sort des animaux – on en parle peu…

Et puis, un réveil, collectif, dans les années 2000. Des livres comme celui de Jonathan Safran Foer « Faut-il manger les animaux » ? posent des questions jusque là incongrues ou sans objet. Des aspects politiques et culturels interviennent (abattage rituel avec ou sans étourdissement ?) des scandales éclatent (celui du transport des chevaux de boucherie, entre autres). L’animal acquiert en France le statut d’être vivant et sensible…

De plus en plus souvent, des journalistes, des écrivains, des personnalités, s’engagent en faveur de la cause animale. Jusqu’à Gad El Maleh, qui dans un sketch, en voulant avoir l’air de ne pas y toucher, nous donne le plus bouleversant plaidoyer pour la cause animale : « Ils m’ont défoncé la gueule » répète un poisson rejeté à l’eau avec une douloureuse plaie de hameçon. La séquence est difficilement soutenable...

Et voici qu’une voix inattendue s’élève : celle du Pape ! Eh oui, le Saint Père, dans une récente encyclique, nous parle de défense animale ! Il cite un autre François, né au XIIème siècle, qui « se sentait appelé à prendre soin de tout être existant. » (Laudato si, 11). Saint François d’Assise semble aujourd’hui d’une confondante modernité…

A notre époque, devant les misères et les menaces, la cause animale n’est-elle pas un luxe ? Certains le pensent et le disent. Mais la protection animale, c’est peut-être avant tout une question d’éthique, un problème entre l’homme et lui-même. Gandhi disait « On mesure le degré de civilisation d’un peuple à la manière dont il traite ses animaux ». Et le Saint Père écrit encore : « Tout acharnement envers quelque créature que ce soit est contraire à la dignité humaine ». (Laudato si 92).

La protection animale est peut-être le dernier rempart de protection de l’homme contre lui-même. Les deux François sont de cet avis…

Photo de couverture : © callipso88 – Fotolia.com